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Des organisations de défense et de promotion des droits de la femme désormais au travail
En RDC, l’amélioration du cadre légal en matière électorale pour la femme et son accompagnement sont indispensables. De nombreuses femmes et filles trouvent un motif de non participation aux élections, suite au cadre juridique peu incitatif à l’égard de la gente féminine et au manque d’accompagnement en termes de coaching.
C’est pourquoi, en prévision des élections de 2023 des organisations oeuvrant dans la défense et la promotion des droits des femmes et jeunes filles en RDC, s’activent dans les plaidoyers en vue de l’amélioration de ce cadre légal et dans les coaching des femmes candidates potentielles. Cela, pour accroître le taux de femmes aux postes électifs et nominatifs en RDC.
C’est le cas du mouvement «Rien sans les femmes» (RSLF) qui fait de la participation politique des femmes son cheval de bataille. Fifie Baka responsable du mouvement «Rien Sans les femmes » RSLF, qui est une plateforme qui milite pour la participation politique de la femme, fait savoir que pendant que la proposition de la loi électorale était en examen au niveau du Parlement, sa structure avait travaillé sur « l’analyse genre » de la loi électorale, élaboré des propositions des réformes favorables aux femmes pouraccroître leur nombre dans les organes délibérants. Elle affirme aussi que RSLF mène des plaidoyers pour la révision de l’article 13 de la loi électorale afin de rendre contraignant l’alignement des femmes sur les listes électorales de tous les partis politiques conformément à l’article 14 de la constitution.
A entendre Fifie Baka, sa structure organise des ateliers et réunions avec les députés, l’organe électoral ainsi que les responsables de partis et regroupements politiques, afin de renforcer leurs capacités. Ce, pour l’appropriation des textes juridiques qui garantissent la promotion des droits des femmes, le coaching des femmes politiques pour être compétitives. A ce sujet, a-t-elle poursuivi, avec l’appui de certains partenaires, quelques plates-formes dont le CAFCO et RSLF se sont retrouvés en retraite à Zongo avec quelques élus nationaux pour harmoniser leurs vues concernant la participation politique de la femme.
Dans les plaidoyers pour la cause de la femme et fille congolaise, le RSLF n’est pas seul à mener la lutte pour la cause des femmes en RDC. L’organisation internationale Journalists for Human Rights JDH/JHR-RDC avec ses partenaires des organisations de la Société civile congolaise, mène aussi le même combat.
La députée nationale, Jeannette Kavira Mapera, élue du territoire de Lubero au Nord-Kivu n’a pas hésité de partager son expérience sur la participation politique congolaise, elle qui est à son deuxième mandat mais en sa troisième participation aux élections : « J’ai été élue en 2006 et en 2011, je n’avais pas été proclamée malgré mes points considérables obtenus. En 2018 j’ai été proclamée élue députée nationale dans la même circonscription électorale». « En 2006, les élections étaient très compliquées surtout que c’était la première fois que nous y participions mais en suivant les réalités sur terrain j’avais constaté d’abord qu’il n’y avait pas suffisamment des femmes qui voulaient se positionner aux élections. Notre culture africaine veut à ce que la femme reste auprès de son mari, de sa famille et elle ne doit pas dépenser l’argent du foyer pour faire les élections soit pour tant d’autres réalités. En plus, pour nous qui sommes élue de l’intérieur, se présenter aux élections nationales ça signifie que tu vas quitter le terroir pour venir siéger à Kinshasa. Pour le commun des gens du village, c’est inconcevable que la femme puisse venir à Kinshasa et laisser son mari et les enfants. Et moi je crois que j’avais brisé cette culture. J’avais décidé de me présenter en ayant les coachings de mes aînées dans mon parti politique », a-t-elle relaté.
A cette époque, a-t-elle indiqué, elle était membre de la Convention des fédéralistes démocrates chrétiens (COFEDEC), de feu Venant Tshipasa qui ne cessait de l’encourager de se présenter. D’après elle, « j’avais des atouts, et j’avais de connaissances avec les jeunes et les femmes ».
En quoi le coaching a été bénéfique pour elle ?
Jeannette Kavira affirme avoir bénéficié du coaching avant de se faire élire, « Nous avons bénéficié de l’encadrement du PNUD et de l’Onu-femmes sur plusieurs thématiques dont, la méthodologie comment se vendre, comment ne pas se sous-estimer et comment ne pas faire passer son état de femme avant. Et j’ai retenu ça, quand vous voulez faire la pré-campagne ne dites pas que je suis une femme, donc je vais contacter les femmes ou les associations des femmes, non il faut juste vous dire que je suis candidate et quand je suis candidate j’aurai des voix qui vont provenir de toutes les couches de la société», a-t-elle fait remarquer.
En plus, Jeannette Kavira a expliqué que : «la pré-campagne est la plus longue, donc si vous serez candidate en 2023 c’est maintenant qu’il faut commencer la pré-campagne. Vous devez vous donner le temps, j’ai constaté que nous les femmes nous pensons que les choses doivent être faciles non, les choses ne sont pas faciles et ne le seront pas. Vous décidez, c’est une autre chose mais faire une campagne et une pré campagne ça demande que vous puissiez vous engager».
Puis, elle a poursuivi, des difficultés pour nous les femmes ce sont les attaques, les injures si vous n’êtes pas fortes vous pouvez abandonner en pleine campagne électorale. Les difficultés sont aussi juridiques car il n’y a pas une politique pour encourager la participation politique des femmes mais aussi financières mais pas pour tout le monde et nous ne devons pas brandir ça. Les petits moyens que nous avons, il faudra savoir le répartir. Même quand vous n’avez pas l’argent, cela ne doit pas être un frein pour vous, a conclu l’élue de Lubero.
Que fait le gouvernement ?
En accédant au pouvoir le 24 janvier 2019, l’actuel Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est engagé à promouvoir les droits des femmes à tous les niveaux. Cette promesse est en train de se matérialiser au fur et à mesure pour les postes nominatifs.
Concernant les postes électifs, les organisations de la Société civile et le gouvernement à travers le ministère du Genre travaillent ensemble pour accroître la participation politique des femmes et de la jeune fille. Cela par l’organisation des formations et coaching à l’attention de femmes candidates pour maximiser leurs chances afin d’être élues. Aussi, avec les responsables des partis politiques pour qu’ils alignent les femmes sur leurs listes à déposer à la CENI.
Axes stratégiques pour la participation politique de la femme
Le ministre du Genre à travers la Cellule d’Etudes pour la promotion de la femme et de la famille, a élaboré les axes stratégiques pour la participation politique de la femme en RDC. Ces axes comprennent trois points suivants : le renforcement des capacités ; le plaidoyer et la sensibilisation ; l’intégration de l’équité genre ainsi le suivi et évaluation.
D’après Jean Mbo, chef des missions à la cellule d’Études, il y a des sessions de renforcement des capacités des chefs des partis et regroupements politiques sur la prise en compte du genre dans leur gestion au quotidien ainsi que la prise en compte des femmes sur les listes électorales des candidats en ordre utile.
Aussi, des sessions de renforcement en coaching, médiation, observation électorale, des femmes, femmes autochtones, femmes vivant avec handicap, jeunes filles en processus électoral ; la vulgarisation des textes légaux relatifs au processus électoral; la redynamisation et le fonctionnement du cadre de concertation genre et élections; le renforcement de capacités des femmes candidates et aspirantes candidates, leaders communautaires sur la gestion des conflits électoraux.
S’agissant de plaidoyer et sensibilisation, M. Jean Mbo a fait savoir que pour une représentation accrue dans les institutions publiques-électives d’au moins 30% en 2023 des femmes et des personnes vulnérables, et 50% dans les échéances à venir. Il est prévu aussi une série de plaidoyers auprès de chefs traditionnels et leaders d’opinion en faveur de l’équité et égalité du genre ; une série de plaidoyers auprès des autorités du Conseil supérieur de la magistrature en vue de plaider pour la prise en compte des questions du genre et élections.
En RDC l’article 14 de la constitution, prône pour la participation équitable homme-femme dans des postes des gestions de la chose publique. Ce qui est loin d’être une réalité car actuellement dans le Gouvernement, les femmes représentent 27%. À des postes électifs, la modification en cours au parlement de la loi électorale incite à son article 13 les partis et regroupements politiques à aligner 50% des femmes pour être exemptés du paiement de la caution électorale. Mathy MUSAU