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Communication de crise et diplomatie médiatique : Patrick Muyaya échange avec les élèves de l'ENA
Dans le cadre d'une conférence éminemment stratégique, le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, s'est adressé aux élèves de l'École nationale d'administration (ENA) hier mardi 1er avril. Cet échange, qui s'est tenu au siège de cette institution prestigieuse, portait sur le thème " Enjeux de la guerre dans l'Est de la RDC : Communication de crise et diplomatie médiatique ".
A l'ouverture de la séance, le directeur général de l'ENA, Cédric Tombola Muke, a rappelé le rôle fondamental de l'institution dans la formation de cadres supérieurs capables de répondre aux défis de la gouvernance moderne. "L'ENA participe activement à l'accumulation du capital humain, indispensable pour une nation forte ", a-t-il rappelé avant de souligner l'importance du recrutement, de la formation continue et de la recherche appliquée pour une administration transparente et performante.
Une guerre hybride aux multiples enjeux
Dès sa prise de parole, le ministre Patrick Muyaya a planté le décor en énumérant les principaux enjeux du conflit qui secoue l'Est de la RDC : expansion territoriale, pillage des ressources, survie politique et stratégies d'influence. Il a particulièrement pointé du doigt le rôle du Rwanda dans cette guerre hybride, à la fois sur militaire et médiatique. " Le Rwanda utilise une guerre économique et médiatique pour sa survie. Contrairement à l'Ouganda, qui a une approche plus économique, Kigali manipule l'opinion à travers une armée numérique bien orchestrée ", a expliqué le ministre.
Muyaya a dénoncé la stratégie de désinformation mise en place par le Rwanda, notamment, via la diffusion de discours de haine et l'instrumentalisation des réfugiés congolais. " Le poison rwandais est un mensonge minutieusement construit et propagé à travers des réseaux influents, visant à affaiblir notre nation ", a-t-il averti.
Le ministre a souligné que cette guerre hybride se traduit par des actions militaires combinées à des campagnes de propagande visant à manipuler l'opinion publique internationale. Aussi, a-t-il mis en exergue l'utilisation des plateformes numériques et des médias internationaux pour fausser les récits sur la crise en RDC et minimiser les responsabilités des agresseurs.
Des réponses multiples face à l'offensive médiatique
Face à cette menace, la RDC a adopté une stratégie multidimensionnelle, combinant les fronts militaire, diplomatique, médiatique, judiciaire et économique. Le ministre a insisté sur la nécessité pour les futurs cadres du pays de maîtriser l'art de la communication de crise et de s'engager activement dans la lutte contre la désinformation. Il a révélé qu'une cellule de crise avait été mise en place suite au discours du chef de l'État du 29 janvier 2025, afin de contrer les manipulations informationnelles orchestrées par les ennemis de la RDC.
Il a exhorté les jeunes administrateurs à se familiariser avec les nouveaux outils de veille stratégique et d'analyse des tendances médiatiques. " Aujourd'hui, la guerre de l'information est tout aussi cruciale que la guerre sur le terrain. Nous devons être en mesure d'anticiper et de déjouer les stratégies de nos adversaires", a-t-il insisté.
Un appel à l'engagement patriotique
L'échange avec les élèves de l'ENA a été l'occasion pour le ministre de rappeler leur rôle en tant que futurs hauts fonctionnaires. Marie Clémence Kangite, élève de la 9ème promotion " Mamadou Ndala ", a exprimé son enthousiasme : " Nous avons pris conscience de l'importance de la communication dans ce conflit et de notre responsabilité à défendre notre patrie sur tous les fronts ".
Le délégué de promotion, Joël Makelela, a pour sa part insisté sur la nécessité d'une communication adaptée aux exigences de l'État : " Nous devons porter le message des autorités et éviter les discours populistes. Nous avons un rôle crucial à jouer dans la construction d'un narratif national solide ".
Le gouvernement attend des élèves de l'ENA qu'ils s'impliquent activement dans la communication républicaine en devenant :
Des soldats de l'armée numérique congolaise ;
Des défenseurs de la vérité face à la désinformation;
Des acteurs engagés dans l'effort de guerre selon leurs compétences ;
Des vecteurs de l'unité nationale et du soutien aux forces de défense et de sécurité.
Cette rencontre a permis de renforcer la sensibilisation des cadres de demain face aux défis de la guerre hybride et du combat informationnel. Elle marque une étape supplémentaire dans la stratégie de communication du gouvernement, déterminé à rétablir la vérité et à protéger la souveraineté nationale.
Jérémie ASOKO