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Assassinat de Karine Buisset : les révélations de Colette Braeckman fragilisent la thèse du M23
* Selon la journaliste belge, les frappes des drones à Goma seraient, en fait, brandies pour justifier l’élimination de l’humanitaire française de l’Unicef qui collectionnait des témoignages sur les affres des forces d’occupation.
La mort de Karine Buisset, humanitaire française de l’UNICEF, tuée lors d’une explosion à Goma, continue de soulever de profondes interrogations. Alors que certaines versions ont rapidement tenté d’attribuer l’incident à une erreur de cible visant l’ancien président Joseph Kabila, de nouvelles révélations de la journaliste belge Colette Braeckman viennent ébranler cette hypothèse et jeter une lumière crue sur les dessous d’un drame encore entouré d’ombre.
Dans ses analyses, la journaliste affirme que, dans un quartier parmi les plus aisés de Goma, peu d’habitants croient à la thèse d’une frappe visant l’ancien chef de l’État. Certes, la maison voisine appartient à son épouse, mais plusieurs sources locales assurent que Joseph Kabila n’y séjourne jamais. Le lieu est jugé trop exposé et trop facilement identifiable pour qu’il puisse y résider.
Un autre élément renforce le doute : dans la même rue se trouverait également une résidence associée au président Félix Tshisekedi. Cette proximité rend l’hypothèse d’une cible précise encore plus fragile et alimente les interrogations sur les véritables circonstances de l’explosion.
Le pot aux roses
Mais au-delà de cette question de localisation, un détail beaucoup plus sensible attire aujourd’hui l’attention. Selon les révélations rapportées par Colette Braeckman, Karine Buisset travaillait, au moment de sa mort, sur un dossier particulièrement explosif. L’humanitaire préparait un rapport documentant des violences commises dans les zones sous contrôle du mouvement rebelle M23, avec l’appui présumé des forces armées rwandaises Rwanda Defence Force.
Ce rapport, encore en préparation, portait notamment sur les violences infligées aux femmes et aux jeunes filles dans les zones de conflit. Mais, selon ses collègues congolais, l’enquête allait bien au-delà des agressions déjà signalées autour des sites miniers.
Esclavage sexuel dévoilé
Les témoignages recueillis évoquent une réalité glaçante : des jeunes filles enlevées, retenues comme esclaves sexuelles, puis transférées d’un combattant à un autre. «Il ne s’agit pas seulement de viols ou d’agressions isolées», confie l’un de ses collaborateurs, cités dans ces révélations. «On parle d’un véritable système d’esclavage sexuel».
Ces accusations pointent également le comportement de certains officiers rebelles dont la discipline, autrefois réputée rigoureuse, se serait fortement relâchée ces derniers temps.
Dans ce contexte, la disparition de Karine Buisset prend une dimension particulièrement troublante. Pour plusieurs observateurs et analystes, la publication d’un tel rapport aurait pu provoquer un choc international en exposant des crimes graves commis contre les populations civiles.
Kinshasa laVé de soupçons
Ces révélations contribuent ainsi à battre en brèche certaines accusations portées dans la guerre de communication qui accompagne le conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo. Plusieurs analystes estiment d’ailleurs que la mort de l’humanitaire ne saurait être attribuée au gouvernement congolais, comme l’ont insinué certains récits.
Dans une région où la guerre se joue autant sur le terrain militaire que dans la bataille des récits, la disparition d’une humanitaire engagée sur des dossiers sensibles soulève une question lourde de sens : à qui profite vraiment ce crime?
Pour les habitants de l’Est congolais, qui vivent depuis des années au rythme des violences et des drames, la réponse dépasse le sort tragique d’une seule femme. Elle touche au cœur même de la vérité dans un conflit où les civils et, en particulier, les femmes continuent de payer le prix le plus lourd.
Jérémie ASOKO