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Tshisekedi – Kagame : Un tête-à- tête des vérités pour la paix dans l’Est
* Question : le médiateur de l’UA réussira-t-il, cette fois-ci, à convaincre Kigali, parrain du M23 ?
Les Présidents Félix-Antoine Tshisekedi de la RD Congo et Paul Kagame du Rwanda seront ce mercredi 6 juin à Luanda face à leur collègue angolais Joâo Lourenço, désigné médiateur par l’Union africaine(UA) dans la crise qui oppose les deux pays. Depuis des mois, Kinshasa accuse Kigali de soutenir le groupe M23 qui a resurgi dans l’Est de la RD Congo. Ce que nie Kigali.
Selon une dépêche de la cellule de communication de son cabinet, le chef de l’Etat congolais, qui conduit la délégation de son pays, est arrivé en fin d’après-midi d’hier mardi 5 juillet à Lunda. Des sources concordantes renseignent que la délégation congolaise est composée, outre le ministre des Affaires étrangères, des responsables des Forces armées (FARDC), de l’Immigration et des services de renseignements. Mais, avant l’arrivée hier du président Félix Tshisekedi à Luanda, des équipes d’avance y ont déjà été dépêchées depuis plusieurs jours pour préparer le terrain.
Toujours selon la même source, le face-à-face de ce matin, entre Félix Antoine Tshisekedi et Paul Kagame est l’initiative du chef de l’Etat angolais, engagé dans la recherche de voies et moyens pour le retour d’une paix durable dans l’Est de la RD Congo. Cette rencontre, apprend-t-on, devrait d’abord commencer par un tête-à-tête entre les deux chefs de l’Etat, en présence de leur homologue hôte. Il s’en suivra une bilatérale élargie avec les délégations des deux parties.
LE DEVOIR DE CLARIFICATION
Sans aucune prétention de lire la pensée du président congolais, comme dans une boule de cristal, on peut toutefois, penser qu’il n’hésitera pas de demander à son homologue Paul Kagame, de clarifier les relations de Kigali avec le M23. Ce, en plus de lui demander de mettre fin de son soutien au Mouvement du 23 mars, auteur de nouvelles tueries et des milliers de déplacés internes dans l’Est du pays.
Pendant que Kigali continue à nier tout son soutien au M23, du côté congolais, on dit détenir toutes les preuves. « Il faut que cela cesse et que Kigali tienne u langage de vérité », déclare sur un ton incisif, un membre de la délégation congolaise à Luanda, joint hier par « Forum des As ».
On rappelle que deux jours avant ce mi-sommet, soit le lundi 5 juillet, Le président rwandais, a tenu des propos qui, de l’avis de nombreux analystes, ne donnent aucune chance de réussite à la rencontre de ce mercredi à Luanda. « Souhaiter le meilleur à la RDC et au Rwanda. Mais si ça n’arrive pas, je serai toujours prêt au pire », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse à Kigali.
Par ailleurs, Paul Kagame a, pour une énième fois, affirmé que les rebelles FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), combattaient aux côtés des soldats congolais. « Nous avons été touchés par des obus tirés depuis la RD Congo. Mais, nous avons besoin de la paix pour nos deux pays. Quant à la force est-africaine qui doit se déployer au Congo, Kinshasa veut que le Rwanda en soit exclu. Je n’ai aucun problème avec ça« , a déclaré le président rwandais lors de sa conférence de presse.
LE DEFI
Entre le dialogue des armes et l’arme du dialogue, le choix est clair. Nul sage ne saurait conseiller de privilégier la première option. Car on peut à la limite, connaître comment commence une guerre, mais personne ne sait avec certitude, comment elle se termine. D’où, l’intérêt pour des parties en conflit armé, de préconiser la voie diplomatique. Bref, le dialogue.
Cependant, la réussite d’une rencontre repose sur un pilier. A savoir : la franchise des parties. Ce qui, a priori, n’est toujours pas une évidence. Le cas de la RD Congo se veut un exemple d’école. Tant pour les étudiants en Relations internationales que pour des experts de ce secteur.
RETOUR A UNE PAIX DURABLE
Blanchis sous le harnais, nombre d’analystes sont d’avis que la situation sécuritaire en RD Congo aura épuisé tout le lexique diplomatique. Car, depuis plus deux décennies, la problématique du retour d’une paix durable dans l’ex-Zaïre, demeure une question d’actualité perpétuelle et constante. Que des rencontres ! Mais aux résultats nuls. Pour ne pas dire biaisés. A peine que ces différents sommets (bi-tripartites) peuvent apporter une accalmie. Jamais, le retour d’une paix durable.
Blanchis sous le harnais, nombre d’observateurs conviennent à l’unanimité que l’équation rd congolaise aura donc été riche en sommets. Mais très pauvres en résultats. Ce n’est pas la première fois que le pays est agressé par des armées étrangères. Précisément, des forces de défense bien identifiées des pays voisins.
En ce qui concerne, par exemple, la nouvelle guerre actuelle dans l’Est de la RD Congo, le Président Félix Tshisekedi n’y est jamais allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer l’appui de l’armée rwandaise aux rebelles du M23.
Lorsque l’on procède au recoupement des témoignages de plusieurs acteurs dans la partie du territoire congolais en conflit, particulièrement la province du Nord-Kivu dans l’Est du pays, parler de l’appui du Rwanda à la nébuleuse M23, sonne comme un simple euphémisme. D’aucuns auraient donc voulu que l’on dise clairement que c’est le Rwanda qui attaque la RD Congo. Car, il faut appeler le chat par son nom. « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur de l’humanité », jugeait Albert Camus.
UN MALADE AGONISSANT
Si la situation en RD Congo doit être comparée avec celle d’un malade agonisant dont le diagnostic a été posé, on peut, dès lors, inférer que l’on ne devrait plus tâtonner de thérapie. L’agresseur du pays étant connu, il ne reste plus qu’à lui demander de retirer ses troupes sans poser de conditions. C’est le sens à donner au mini-sommet de ce mercredi entre Tshisekedi et Kagame, dans la capitale angolaise.
Joao Lourenco, réussira-t-il cette fois-ci, à convaincre Kigali, parrain clairement identifié du M23 ? Toute la question semble donc être là. Subsidiairement, que peuvent légitimement attendre les Congolais de cette rencontre de Luanda, voulue un tête-à-tête de vérité ?
Toutefois, l’histoire retiendra qu’en trois ans de pouvoir, Félix Tshisekedi aura rencontré plus de dix fois, son homologue du Rwanda Paul Kagame. On citerait à titre d’illustration, sans tenir compte de leur succession chronologique, les rencontres du 17 mai 2021 à Paris, du 26 juin 2021 à Gisenyi, du 28 juin de la même année à Goma. Sans oublier la toute première rencontre entre les deux chefs d’Etat à Luanda, le 21 août 2020, à laquelle avait également été associé le président ougandais, Kaguta Yoweri Museveni.
Avec leur homologue angolais, Joao Lourenço, Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Yoweri Museveni avaient, à l’occasion de cette rencontre, signé un mémorandum d’entente sur la sécurité et la coopération dans la sous-région des Grands -Lacs. Mais y croyaient -ils sincèrement? Grevisse KABREL