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Tanganyika : A qui profite la cabale contre le bureau de l’Assemblée provinciale ?
* Entretemps, des sources proches du dossier accusent un haut fonctionnaire du cabinet du Chef de l’Etat.
Gros nuage sur le ciel du Tanganyika. L’élection du nouveau gouverneur, le 6 mai dernier à la tête de cette province issue de démembrement de l’ex-Katanga, n’aura pas suffit pour y ramener la paix. Bien au contraire. Après la première crise consécutive à l’éviction en mai 2021, de Zoé Kabila du gouvernorat, le Tanganyika fait face à un nouveau tumulte. Cette fois-ci, au sein même de l’Assemblée nationale où s’affrontent deux camps.
Secret de polichinelle. La situation politique au Tanganyika demeure essentiellement dominée par un climat malsain au sein de l’Assemblée provinciale. Me Daniel Aselo, Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, sécurité, décentration et Affaires coutumières, en a fait part dans sa communication lors de la réunion du Conseil des ministres du vendredi 8 juillet courant.
Selon des sources, tout serait parti de l’élection de gouverneur et vice-gouverneur du 6 mai dernier. Au Tanganyika, l’Union sacrée pour la nation avait officiellement investi 2 candidats, pour succéder à Zoé Kabila. A l’issue du vote, l’un des prétendants avait obtenu 10 voix dont celles des cinq membres du bureau. Par contre, Mme Julie Ngungwa Mayuma, élue gouverneure, a glané 14 voix. Ce, grâce au vote positif de quatre députés USN qui, contre toute attente, avaient changé de camp politique, pour se rallier aux dix députés FCC sur les 25 qui composent l’organe délibérant. Dans ces conditions, la victoire devenait certaine pour l’actuelle gouv.
A en croire des sources à Kalémie, chef-lieu de la province du Tanganyika, les cinq membres du bureau de l’Assemblée provinciale, après publication des résultats du vote, avaient présenté leurs félicitations à la victorieuse. Ce, en plus du fait d’aller l’accueillir à l’aéroport, après son investiture par ordonnance présidentielle, rendue publique le 9 juin dernier.
Cependant, le lundi 20 du même mois, jour de la remise et reprise au gouvernorat, les 14 députés provinciaux dont 10 du FCC, électeurs de la nouvelle gouverneure, initient et introduisent cinq pétitions contre les cinq membres du bureau. Pourtant, l’article 24 du Règlement intérieur de l’Organe délibérant du Tanganyika, interdit clairement toute initiative de déchéance collective des membres du perchoir, afin d’éviter un vide. De ce point de vue, il y a donc violation intentionnelle et manifeste des textes.
Comme si cela ne suffisait, le directeur de l’Administration visiblement instrumentalisé, selon des sources, convoque une séance plénière pour le 21 juin. Ici aussi, on tombe dans un nouveau cas de violation du Règlement intérieur qui ne reconnait pas du tout à un directeur de l’Administration, ni la qualité ni le pouvoir de convoquer une plénière en peine législature. Car, conformément à l’article 114 de la Constitution, un haut fonctionnaire de l’Administration publique rattaché à une institution parlementaire, ne peut convoquer la plénière qu’en début de législature. A l’Assemblée nationale et au Sénat, par exemple, cette plénière inaugurale est convoquée par le Secrétaire général de l’administration de chacune des deux chambres. Juste pour installer le bureau provisoire dirigé par le doyen d’âge assisté de deux moins âgés et de valider les pouvoirs. C’est seulement plus tard, que le bureau provisoire procédera à l’élection et l’installation du Bureau définitif devant élaborer et adopter le Règlement intérieur.
Dès lors que la disposition sus-évoquée de la constitution, s’applique mutatis mutandis aux Assemblées provinciales, on ne voit pas en quelle qualité un Directeur de l’Administration peut convoquer une plénière en pleine législature. S’y prendre, n’est ni plus ni plus moins, une violation de la Constitution. Face à ce manquement grave par rapport aux textes, le patron de l’Administration du Tanganyika est suspendu de ses fonctions, le même lundi 20 juin dans l’après-midi, par le Bureau de l’Assemblée provinciale qui ouvre une action disciplinaire à sa charge.
UN REGLEMENT DES COMPTES ?
Dans la chronologie des faits, une bagarre éclate le mardi 21 juin, entre les députés pétitionnaires et ceux de l’USN dans la salle de plénières. Dans ce capharnaüm, les 14 élus provinciaux décident de quitter l’hémicycle, pour se réunir en plénière ailleurs. Ce qui constitue un autre cas de violation des textes. Car, l’article 7 du Règlement intérieur de cet Organe délibérant stipule que » le siège de l’Assemblée provinciale ne peut être déplacé pour un autre endroit que sur décision du Bureau, en cas de situation exceptionnelle. »
Face à cette cacophonie, la population de Kalemie, sans le moindre appel à la mobilisation, effectue spontanément le déplacement pour le siège de l’Assemblée provinciale, en guise de soutien aux députés USN et les cinq membres du perchoir. Hélas. La situation se dégénère. Le 23 juin, une ambiance inhabituelle s’observe dans la salle de plénières entre les deux camps, désormais rivaux. Ce jour-là, les députés FCC, selon les sources, tenaient coûte que coûte à traiter les cinq pétitions contre les membres du bureau dirigé par Mme Virginie Nkulu. Aussitôt alerté, l’Inspecteur provincial de la Police arrive sur le lieu et demande aux deux groupes de libérer la salle, à la suite d’un télégramme du Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur qui exige la suspension des plénières et convoque à Kinshasa, pour consultations, le Bureau de l’Assemblée et le fameux bureau provisoire.
Alors que le bureau mis en cause, finissait de produire les ordres de mission pour répondre à l’invitation du VPM, les députés pétitionnaires et le Bureau d’âge font fi de cet appel du patron de la Territoriale et se réunissent, une fois de plus, dans un restaurant de Kalemie, pour élire et installer les 5 membres du nouveau Bureau. Tous, signataires de la pétition.
Qui pis est, cette réunion se tient sans le quorum de décision requis. A savoir, 17 députés sur les 25 qui composent l’Assemblée provinciale. C’est donc dans ces conditions qu’ils procèdent à la déchéance du bureau, avant d’organiser, le jour suivant soit le vendredi 1er juillet courant, l’élection d’un autre perchoir. Toujours, dans le même cafouillage.
Bien ahurissant aussi, est le fait pour la Gouverneure du Tanganyika, de publier le même vendredi, son arrêté portant nomination des membres de son équipe. Un Exécutif investi par 12 députés seulement sur les 25. Ici aussi, il y a défaut de quorum qui rend nulle ladite investiture dans la mesure où ni le quorum de siège ni le quorum de décision exigé n’a été respecté. Le mardi 5 juillet, pendant que les cinq membres du bureau ayant répondu à l’invitation du VPM, séjournent encore à Kinshasa, leurs « successeurs » élus et installés dans un resto, cassent les serrures pour occuper leurs bureaux !
Vu des analystes, la pétition contre les 5 a été instrumentalisée et teintée d’une bonne dose de règlement des comptes. A preuve, le nouveau Bureau (illégal ?) est exclusivement composé de ceux qui ont signé la pétition. D’autres, à l’instar du président du bureau d’âge, Koya Mawazo Kaya, ont été récompensés par des postes ministériels !
A QUI PROFITE LA CABALE ?
A en juger par la précipitation empreinte d’acharnement, avec laquelle les choses se sont succédé, plus d’un observateur y perçoit un complot ourdi contre le « G5 ». Mais à qui profiterait cette cabale de trop, contre les membres du bureau de l’organe délibérant d’une province qui porte encore à ce jour, les stigmates de la crise de mai 2021 ? En tout cas, pas à la population ni à la province.
Toutefois, des sources très proches du dossier, ayant préféré garder l’anonymat, citent un poids lourd du Cabinet du Président Félix Antoine Tshiekedi. A en croire les mêmes sources, ce dernier serait le parrain politique et en même temps proche-parent de l’actuelle gouverneure.
Selon certaines confidences faites le week-end à Forum des As, la gestion d’un gisement de lithium découvert à Manono, serait la principale motivation de ces pétitions contre les cinq membres du bureau dont tout le péché aura été de n’avoir pas voté pour Mme Julie Ngungwa, convertie en Tshisekediste dans la mouvance électorale à la tête des provinces. Pourtant, dans les rues de Kalemie et ainsi que dans plusieurs autres milieux du Tanganyika, la successeuse de Zoé Kabila battait pavillon « Courant du Futur », parti cher à Nazem Nazembe et membre du FCC.
Tout bien considéré, l’Etat de droit prôné par le Chef de l’Etat, rime avec le respect des textes légaux. Prendre des libertés avec les lois du pays, est aussi une façon d’aller en rébellion contre le Président de la République. Car, on ne peut pas à la fois, prétendre soutenir la vision du chef de l’Etat et en même temps, poser des actes en violation flangrante des textes.
Dès lors que le VMP de l’intérieur-lui-même, constate que le bureau d’âge convoqué à Kinshasa pour consultations, s’est illustré par une « attitude frisant le mépris et l’insubordination », d’aucuns estiment qu’il ne devrait pas se limiter à se plaindre. Bien plus, il doit sévir rigoureusement pour prévenir tous les autres qui seraient tentés de se comporter comme dans une sorte de pétaudière. Révolue donc, l’ère des hommes forts, peu importent leurs zones d’influence. La RD Congo a plutôt besoin des institutions fortes et stables pour son émergence.
Au regard des faits au coeur de la cacophonie ambiante dans le Tanganyika, le bon sens commande que les membres du Présidium se penchassent-en mode d’urgence, sur cette situation qui déstabilise, non seulement l’Assemblée provinciale mais aussi, toute la province du Tanganyika. Pas besoin d’avoir des verres ultra antisolaires, pour comprendre qu’en plus de l’enjeu Lithium découvert dans la province, ca sent à mille lieues de la vengeance. Car, des sources à Kinshasa renseignent que les députés provinciaux auteurs de la pétition contre les 5 membres du bureau, ne jurent que par la disparition de l’USN dans ce coin du pays.
On rappelle que le Tanganyika est l’une de rares provinces dont le gouverneur-jeune frère du Président honoraire, avait refusé d’adhérer à l’Union sacrée de la Nation, nouvelle majorité parlementaire créée par le Président Félix Tshisekedi, après liquidation en décembre 2020, de l’ancienne coalition FCC-CACH, au pouvoir pendant près de deux premières années du quinquennat en cours de Fatshi.
Cependant, c’est grâce au travail de mobilisation et de sensibilisation abattu par le bureau de l’Assemblée provinciale, que l’USN a réussi à prendre âme et corps dans cette partie du pays. Grevisse KABREL