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Suminwa II: Quand on prend les mêmes pour recommencer !
* Fatshi est-il redevable aux forces politiques ou à la nation?
L'actualité en RD Congo reste essentiellement dominée par le Gouvernement Suminwa II, rendu public à 1 heure du matin, du vendredi 08 août courant. Une équipe de 53 membres, composée de 6 vice-Premiers ministres, 12 ministres d'Etat, 24 ministres, 5 ministres délégués et 6 vice-ministres.
Toutes proportions gardées, le Gouvernement SUMINWA II compte 16 femmes et 37 hommes. Ce n'est peut-être là l'essentiel, quand on se fait l'écho des réactions, aussi bien dans les rues de Kinshasa que dans les différents forums sociaux.
Ce qu'il faille relever ici, est qu'à l'annonce de l'avènement d'un nouveau Gouvernement, faite par le président Félix-Tshisekedi lui-même, nombreux ont été des Congolais qui s'attendaient à un Exécutif véritablement rénové. Contexte politique oblige! Hélas.
PRENDRE LES MEMES POUR RECOMMENCER
Quiconque se serait amusé à faire l'anatomie du nouveau Gouvernement en RD Congo, aura remarqué que, parmi les 53 membres, seuls quelque 10 font leur entrée dont le Premier ministre honoraire Adolphe Muzito, nommé vice-Premier ministre, ministre du Budget.
Moralité, Suminwa II aura été une pâle copie de Suminwa I, dans la mesure où le plus grand nombre a été reconduit. Voilà qui réconforte la thèse de remue-ménage du gouvernement, soutenue par certains analystes.
Trivialement, le Président Félix Tshisekedi a donc réitéré sa confiance à près de 90% des membres de l'ancienne équipe gouvernementale. Mais, en prenant le soin de permuter certains. Cas d'Eve Bazaiba Masudi (MLC) qui quitte l'Environnement pour les Affaires sociales. Bref, on a pris les mêmes pour recommencer.
Cependant, dans les rues de Kinshasa et sur les réseaux sociaux, Suminwa II, appelé "Gouvernement d'ouverture", fait l'objet de nombreuses critiques. Les unes sur le format. Les autres, sur la qualité de certains membres.
S'agissant du format, nombre d'observateurs qualifient Suminwa II d'une équipe inutilement éléphantesque.
" Comment peut-on parler de la réduction du train de vie des institutions et, en même temps, avoir un gouvernement de plus de 50 membres? C'est antinomique. On ne doit pas seulement se limiter au nombre des ministres. Il faut également prendre en compte le fait qu'il y aura 53 cabinets, pour se faire une idée des charges du trésor, en termes de frais de fonctionnement par cabinet, des frais d'installation et autres primes mensuelles. Qui nous prendra au sérieux?", réagit, sous couvert de l'anonymat, un analyste politique joint au téléphone le weekend par Forum des As.
Plus ahurissant, on retrouve les mêmes figures, les mêmes personnes, lieutenants des mêmes partis politiques aux affaires, depuis le début du second mandat de Félix Tshisekedi. D'autres y sont depuis plus de sqix ans. Pour ne pas dire depuis l'accession de Fatshi à la Présidence en 2019.
Partant, des analystes indépendants se demandent si le Président de la République est plus redevable à ces forces politiques qu'à la nation. Dans un pays d'environ 112.832.473 habitants, selon les statistiques de 2025, il est inconcevable que ce soient les mêmes personnes aux affaires, comme si la nation était devenue leur bien privé. Pourtant, le pays compte d'importantes ressources humaines, mais malheureusement sacrifiées au nom des alliances politiques qui ne profitent qu'à leurs membres.
Il est vrai que le Gouvernement est l'émanation de la Majorité parlementaire. En d'autres termes, les partis politiques ayant plus de sièges à l'Assemblée nationale, sont d'office consultés pour présenter leurs candidats ministrables. Ici encore, le choix se fait dans le pouvoir discrétionnaire des chefs des partis ou des fameuses autorités morales des regroupements politiques. Ces derniers désignent qui ils veulent. Ils choisissent soit dans leurs familles biologiques, soit dans leurs pré-carrés intimes, souvent constitués des membres de familles élargies. Ceci justifierait donc cela.
REDUIRE LA TAILLE PAR FUSION
Toujours sur le plan de la forme, certains observateurs pensent qu'il y avait lieu de réduire sensiblement la taille du gouvernement, en fusionnant certains départements.
A titre d'illustration, les ministères du Numérique, des PTNTIC et de l'Economie numérique peuvent être regroupés en un seul. Sinon, on ne trouve pas, en termes de champ d'activités ou de compétences, les limites claires entre ces trois ministères, au point d'en faire des départements autonomes.
Il en est de même des ministères de Développement rural, de l'Agriculture, Pêche et Elevage qui pouvaient être réunis en un seul. Tout comme les ministères de l'Education nationale et de la Formation professionnelle. Rien, alors rien, ne justifie leur scission en deux.
Un autre cas, est celui du ministère Affaires sociales et celui du Genre, Famille et Enfant. Les deux pouvaient constituer un seul département. On pourrait ainsi aller d'exemples en exemples, pour démontrer qu'il est capable, pour la RD Congo, d'avoir un gouvernement de tout au plus 30 membres. Pourquoi, par exemple, faire de l'Aménagement du territoire et des Affaires foncières, deux ministères autonomes? Pourquoi aussi séparer le ministère de l'Entrepreneuriat de celui de l'Industrie? Ne gagnerait-on pas, en termes de format réduit du gouvernement, si les ministères des Affaires étrangères et celui de l'Intégration régionale avaient été mis ensemble?
UN REMANIEMENT DICTE PAR LE RENDEMENT?
Ici comme ailleurs, la pratique sociale demeure le seul critère de la vérité. En termes de gouvernance de la chose publique, chaque acteur est donc jugé à l'aune de ses actions. Donc, les résultats. Ainsi, tout celui qui ne concourt pas à l'atteinte des objectifs communs, doit être mis à l'écart et remplacé.
En ce qui concerne le Gouvernement, le remaniement est donc supposé se baser sur ce critère de rendement. Les bons restent. Tandis que les canards boiteux sont d'office extirpés de la canardière. Il semble que tout le problème est là.
Au nom de la Majorité parlementaire, la confiance du chef l'emporte sur la compétence. Les petits esprits, à bras raccourcis, parleraient de la haine ou de la jalousie contre ceux qui ont été nommés. Pourtant.
Quand on sait qu'à la fin de son mandat en 2028, Félix Tshisekedi sera le seul comptable de son second quinquennat devant la nation, plus d'un observateur estime que le choix des ministres doit reposer sur des critères cognitifs.
Lorsqu'un membre du gouvernement a été permuté, cela suppose qu'il n'a pas été performant à la tête de son premier département. Alors, pourquoi le maintenir? Pourquoi lui confier un autre ministère?
A tous égards, l'évaluation de l'action gouvernementale, sur base de l'apport de chaque ministre, devrait être un impératif. Car, les babillages sur les réseaux sociaux ne sont pas forcément la preuve de maîtrise d"un département.
Grevisse KABREL