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"Câble mère jamais bayibela yango courant"
Câble mère jamais bayibela yango courant" Cette phrase combinant des mots français et lingala, veut dire : "On ne peut jamais voler du courant à partir du câble mère '. L'auteur anonymisé a utilisé le verbe "koyiba" avec son dérivé "koyibela" (voler) en lieu et place du verbe lingala comme "kobenda" ou "kozua", en français "soutirer" ou en français facile" prendre", "se servir".
L'homme qui a placé cette vérité technique sur la double poitrine arrière a été simplement honnête en utilisant le verbe "voler". En effet, il n'est un secret pour personne que les Congolais sont passés maîtres en raccordements pirates ou frauduleux lorsqu'il s'agit du courant électrique. La majorité des villes de la République démocratique du Congo électrifiées portent les traces de ces vols de courant.
Au-delà de cet aspect de vol, l'auteur a mis l'accent sur le "câble mère". Ces deux mots sont bien connus du langage du Congolais si bien qu'il lui est devenu très familier. Lors des pannes devenues monnaie courante dans le secteur électrique, particulièrement au sein de la Snel, ces deux mots intimement liés reviennent souvent comme l'une des principales causes d'une panne.
Dans le secteur de l'énergie, le terme "câble mère" (parfois désigné sous le vocable de câble principal, câble de puissance ou câble de liaison structurante) désigne le conducteur électrique de forte puissance qui transporte l'énergie depuis une source principale vers un point de distribution ou un sous-réseau. Ce qui marque la dangerosité du câble mère.
Le câble mère, comme l'indique son nom, joue un rôle de premier plan, autant sa fonction qui consiste à
transporter/distribuer du courant, en assurant l'acheminement de l'énergie à moyenne (MT) ou haute tension (HT) depuis les postes de transformation ou les lieux de production vers les transformateurs de quartier ou les sites industriels. Son importance est telle que même des musiciens congolais, en l'occurrence, Fabregas Le Métis Noir l'a immortalisé.
"Câble mère" est : une expression argotique (souvent utilisée dans la musique congolaise) pour désigner un lien fort, une source, ou quelqu'un d'indispensable.
Question : est-il techniquement possible de soutirer du courant électrique à partir d'un câble mère (ligne principale) ? Oui, cela est possible, mais, souligne-t-on, cela est extrêmement dangereux, illégal et strictement interdit, sauf pour des professionnels habilités intervenant sur le réseau.
Le voisinage court un grand danger car le soutirage peut surcharger le réseau, endommager les appareils électriques des voisins et mettre en danger les électriciens de maintenance.
D'où la précision contenue dans cet avertissement "Câble mère jamais bayibela yango courant". Comme quoi, que les spécialistes de raccordements frauduleux continuent leur sale besogne en soutirant du courant d'où ils veulent, mais pas du câble mère !
En résumé, c'est une expression de loyauté ou de défi, signifiant que l'on ne trahira pas ou ne prendra pas l'énergie de sa "source".
Kléber KUNGU