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Scientifiques et universitaires examinent les accords RDC-Chine et RDC-USA
Les accords de coopération RDC-Chine et RDC-Etats-Unis ont fait l'objet d'une réflexion approfondie, dans une lecture croisée, des scientifiques et autres universitaires, le jeudi 27 novembre, à Kinshasa. Une journée était consacrée à ces assises scientifiques, organisée par l'Université Kongo, en collaboration avec la fondation Konrad Adenauer Stiftung (Kas) et l'Institut pour la démocratie et le leadership politique (IDLP) sous le thème : " Les accords de coopération RDC-Chine et RDC-USA : quelle lecture croisée pour le développement national ? "
Pour les organisateurs de cette réflexion, il est impérieux de faire comprendre à la nation les motivations politiques, économiques et géostratégiques qui motivent ces accords. L'objectif étant d'identifier les gains, les pertes ainsi que les compromis implicites pour la RDC ; analyser les zones d'ombre, les risques et les principales problématiques ; et enfin examiner les implications de ces accords sur la paix, la gouvernance des ressources et le développement des infrastructures.
Depuis près de deux décennies, la République démocratique du Congo a signé des accords stratégiques majeurs dans le secteur des mines avec la Chine et, sous peu, elle est en voie de les conclure également avec les Etats-Unis d'Amérique.
Des scientifiques se sont donnés à cet exercice de portée nationale indéniable qui a rassemblé acteurs politiques, chercheurs, membres de la société civile, universitaires, experts, acteurs institutionnels ainsi que des structures techniques de l'Etat dont l'Incubateur du génie scientifique congolais (IGSC) placé sous le ministère de l'Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations. Une réflexion qui a été ponctuée par des thématiques développées par des scientifiques spécialistes dans ces domaines, et soutenue par des débats bien nourris.
" INFRASTRUCTURES CONTRE RESSOURCES "
Le Pr Félicien Kabamba, dans "Revisiter l'histoire pour éclairer le présent " a plongé l'assistance dans la révisitation de la Convention du 05 novembre 1906 : un modèle historique d'accords infrastructures contre ressources naturelles de 1906 entre l'Etat indépendant du Congo (EIC) et la Compagnie du chemin de fer du Bas-Congo au Katanga (BCK), montrant comment l'État, appuyé par le capital privé, avait structuré le développement minier et infrastructurel du Congo. Dans cette plongée dans l'histoire, il a mis en lumière le désengagement de l'État au début des années 2000, sous l'influence du FMI et de la Banque mondiale, qui a affaibli sa capacité à financer son propre développement. Pour l'intervenant, les accords "infrastructures contre ressources" doivent s'inspirer des pratiques efficaces du passé pour maximiser les bénéfices nationaux.
Le Pr Gode Mpoyi Kadima, sous la thématique "Infrastructures contre minerais et partenariats sécuritaires et politiques :le cas du contrat RDC-Chine et du deal RDC-USA ", a procédé à une comparaison des modèles "infrastructures contre minerais" et des partenariats politico-sécuritaires, rappelant le caractère de pivot stratégique mondial de la RDC à ce jour. Il a également relevé les limites du contrat sino-congolais en soulignant les retards, les déséquilibres et les avantages souvent théoriques.
UNE STRATEGIE HYBRIDE MELANT RIGUEUR ECONOMIQUE ET GOUVERNANCE POLITIQUE
Aussi a-t-il recommandé une stratégie hybride, mêlant rigueur économique et gouvernance politique, afin de renforcer l'efficacité des partenariats internationaux. "Gouvernance, transparence et clauses cachées : que sait-on réellement des accords ?" tel est le thème abordé par le Pr Michel Bisa Kibul, de l'Université de Kinshasa et secrétaire scientifique de l'Observatoire de la gouvernance (OG).
Celui-ci a insisté sur la continuité historique de la domination géoéconomique pesant sur la RDC depuis l'époque de l'EIC. Dans un contexte de " guerre froide minérale ", il a déploré l'opacité des contrats et l'absence de souveraineté énergétique et minière.
Ainsi, a-t-il invité à une reconstruction de l'État, à une affirmation de la puissance publique et à une transformation des ressources géologiques en leviers de puissance nationale.
Le Pr Germain Kuna Maba, recteur de l'Université Kongo (UK) a planché sur " Lecture sociopolitique des accords : perceptions publiques, gouvernance et légitimité ". Il a fait une lecture sociopolitique des accords. Il a rappelé que les crises successives ont souvent conduit à des accords précipités et déséquilibrés. Ainsi a-t-il recommandé à une transparence totale, à la valorisation de l'expertise nationale, à l'implication des communautés locales, à une diplomatie véritablement souveraine. Il estime que ces accords, tels qu'ils sont négociés aujourd'hui, renforcent la dépendance plutôt que le développement de la RDC.
IL EST TEMPS DE REFLECHIR SUR TOUS CES ACCORDS
Le Professeur Daniel Makiese Mwana Wanzambi (Unikin), qui a parlé de "Comment rendre les partenariats internationaux profitables pour le développement durable de la RDC ? ", a considéré que les partenariats internationaux comme des outils diplomatiques peuvent soutenir le développement durable du pays s'ils sont pensés stratégiquement. Il a appelé, par conséquent, à saisir ces opportunités pour bâtir une puissance nationale autonome, tout en évitant l'endettement et l'improvisation contractuelle.
Auparavant, le Représentant résident de la Fondant Konrad Adenauer Stiftung (Kas), Timo Roujean, dans son mot, a relevé la multiplicité d'accords de coopération que la RDC ne cesse de signer avec ses partenaires. Tout en s'interrogeant sur la part ou les dividendes que des Congolais tirent de tous ces accords.
Et "Le Congo a toujours ce que les autres cherchent : cobalt, cuivre, coltan, étain ; bref minerais critiques…, estime le numéro un de la Fondation Konrad Adenauer. D'où son appel aux participants à la journée de réflexion : il est temps de réfléchir sur tous ces accords.
Cette journée de réflexion a eu l'ambition d'analyser sereinement, de réfléchir profondément tous ces accords pour penser ses alliances internationales et construire des partenariats réellement générateurs de développement durable. Les Congolais méritent mieux, car fils d'un pays disposant de ressources, de l'intelligence et des alliances nécessaires pour se positionner comme une puissance structurante
Kléber KUNGU