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Revanche du sol sur le sous-sol : Que l’agriculture devienne la priorité des priorités
Dans la plupart de ses dernières interventions, le président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo ne cesse de déclarer que l’heure est venue pour que le sol congolais prenne sa revanche sur le sous-sol. Cela veut clairement dire que désormais l’agriculture doit devenir la priorité des priorités. C’est depuis des lustres que les différents gouvernements qui ont dirigé la RDC ont toujours fait cette déclaration, mais rien n’a été concrètement matérialisé. Cette profession de foi n’est restée qu’un vœu pieux.
Avec la détermination qu’affiche l’actuel leader de la RDC, nous osons croire que nous allons passer de la parole aux actes. Le premier signal fort de cet engagement va s’observer dans le vote du budget sous examen à l’Assemblée nationale. Nous allons voir la part réservée à l’agriculture dans le budget qui sera voté. Encore faut-il que les fonds prévus soient effectivement décaissés, parce qu’on constate généralement une indiscipline budgétaire qui engendre des dépassements à la base de la mauvaise gouvernance du pays. En cette matière, il faut instaurer une rigueur sans faille et un contrôle rigoureux des finances publiques.
À propos de la part du budget national allouée à l’agriculture, le Protocole de Maputo (Mozambique) recommande à tous les pays membres de l’Union africaine (UA) d’affecter plus ou moins 10% de leurs budgets à l’agriculture. Bien qu’elle ait adhéré librement à ce protocole, la RDC ne l’a jamais appliqué. Dans le fait, c’est moins de 5% du budget qui est décaissé au profit dudit ministère. Comme conséquence, la RDC continue à dépenser près d’un milliard de dollars américains pour l’importation des vivres, alors qu’elle dispose des millions de terres arables qui peuvent lui permettre de bien assurer la sécurité alimentaire de sa population, et même nourrir une bonne partie de l’Afrique. Ce n’est pas pour rien, rappelons-le, que Frantz Fanon a déclaré que l’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au Congo.
Malheureusement, les Congolais sont pris plus par la musique et la bière que par les réflexions concernant le développement de leur pays. La conséquence est que nous consommons à 90% ce que les autres produisent.
Outre la question de la production, il reste un autre grand défi à relever concernant l’évacuation des produits agricoles vers les centres de consommation. Le problème à ce niveau est lié au manque de routes de desserte agricole.
La situation est catastrophique dans ce domaine. Beaucoup de routes sont devenues inaccessibles, faute d’entretien, le cantonnage manuel ayant disparu de la culture congolaise. Pour une solution appropriée à cet écueil, il faut s’attaquer au fond du problème en cherchant à savoir combien le Fonds national d’entretien routier (FONER) met à la disposition de l’Office des voies de desserte agricole (OVDA) et comment cet établissement public dépense les fonds mis à sa disposition. Il en est de même de l’Office des routes (OR), de l’Office des voiries et drainage (OVD) et de l’Agence congolaise des grands travaux (AGCT),des sociétés financées par l’établissement à caractère financier ci-haut cité.
Si d’autres projets antérieurs notamment l’Objectif 80, le Programme national d’investissement agricole(PNIA), le Programme alimentaire minimum (PAM) et que sais-je encore, ont échoué, cette fois-ci la revanche du sol sur le sous-sol doit être réellement vécu pour le bonheur du peuple congolais.
Par ailleurs, il sied d’indiquer que l’agriculture constitue une bonne opportunité de création d’emplois vu le nombre de jeunes actifs à la recherche du travail rémunérateur. Avec une détermination tous azimuts, tout est possible. Muke MUKE