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REÇU HIER A LA FONDATION FRIEDRICH EBERT STIFTUNG A KINSHASA : L’ambassadeur de Norvège présente aux Congolais le roman »Matin et Soir » de Jon Fosse
En poste à Kinshasa depuis fin août 2023, l’ambassadeur Molster Odd du royaume de Norvège était au cœur du Salon débat littéraire organisé hier jeudi 1er février au siège de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung à Kinshasa. L’hôte du jour est venu présenter à l’assistance le roman »Matin et Soir » de l’écrivain norvégien Jon Fosse, Prix Nobel de la littérature en 2023.
Le choix de cet auteur prolifique pour éclairer la lanterne des passionnés de la lecture en ce premier jeudi du mois n’a pas été anodin. Selon l’ambassadeur Molster Odd qui a choisi et l’auteur et l’ouvrage pour l’exposé, Jon Fosse a l’avantage d’être universel, quoique la plupart de ses œuvres soient écrites en néo-norvégien ou »nynorsk ». Une langue minoritaire en Norvège, pratiquée par seulement 10% de la population dans un pays de plus de 5 millions d’habitants.
Prolifique, polysémique, John Fosse est décrit comme »un écrivain touche-à-tout, d’un accès peu facile pour le grand public ». L’une de ses particularités est notamment d’écrire sans ou avec très peu de ponctuation. Grande figure de la littérature scandinave, il slalome entre le roman, la poésie, le théâtre, les nouvelles… et les essais, alignant dans son carquois une vingtaine d’ouvrages édités.
Une transition entre la vie et la vie
Dans »Matin et Soir », Jon Fosse relate l’histoire d’une vie sectionnée en deux journées : la première partie raconte la naissance de Johannes, le personnage principal de l’histoire ; et la deuxième partie, sa mort, à 80 ans, après une longue période de solitude. Décortiquant ce récit, l’ambassadeur Molster Odd estime que l’auteur s’attèle à présenter aux lecteurs le premier jour de la vie ici-bas et le premier jour de la vie dans l’au-delà.
Autrement dit, le récit s’appesantit sur le mystère de la naissance qui intervient le matin d’une vie dans le monde présent, et la complexité de la mort qui arrive au soir de l’existence terrestre, au crépuscule du jour. Molster Odd réalise à cet effet qu’au réveil de Johannes le lendemain matin, il a fini par s’apercevoir qu’une partie de lui – son corps – restait couchée, alors qu’il venait de se réveiller, mais… dans un autre univers.
La plume d’un croyant
Outre la dialectique de la vie et de la mort, l’hôte de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung a scruté la perception de la religion dans la plume de Jon Fosse. Si l’auteur, né dans une famille protestante, se retrouve aujourd’hui catholique après sa rencontre avec le Pape Benoît XVI qui lui a permis de sortir de l’athéisme, il éveille l’attention de l’humanité sur l’existence d’une vie après la mort. Par sa plume, il tente de plus en plus de s’évader d’un monde matérialiste où la solitude bat son plein.
Croyant, Jon Fosse met en scène dans son récit trois personnages accros à la pêche qui s’apparentent aux trois apôtres qui sont longtemps restés autour de Jésus dans son étroite intimité (Transfiguration, Gethsémani…). Tous pêcheurs, Peter (Pierre), Johannes (Jean) et Pettersen (Jacques) sont bien actifs dans l’autre vie au crépuscule de leur vie terrestre, constate l’ambassadeur Molster Odd, s’étonnant toutefois que le traducteur n’ait pas pu adapter ces prénoms norvégiens en français.
Au terme de deux heures d’exposé, les participants au salon débat littéraire ont été visiblement satisfaits d’avoir pris part à la promenade littéraire avec l’ambassadeur de Norvège en RDC, suspendus à la plume de Jon Fosse. Ils ont activement participé au débat avec ce diplomate qui se tropicalise en RDC après avoir représenté son pays aux Etats-Unis, au Japon, à Madrid… et en France. Yves KALIKAT