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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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RDC : quand performance rime avec disette…
C’est la diète ou la dèche- ou les deux en même temps- dans les cabinets et administrations émargeant au budget de l’Etat ! Salaires, frais de fonctionnement… ne sont plus versés. Conséquence, l’intendance ne suit plus. Membres des cabinets et agents de l’Etat font grise mine. Et c’est peu de dire qu’ils n’ont pas bonne mine.
Sont-ce les effets secondaires de la version « fatshienne » de la politique de rigueur ou d’austérité ? Sont-ce les manifestations du régime minceur dicté par la réduction du train de vie de l’Etat tant clamée et proclamée ? Possible. Mais, on peut en douter.
Sinon, cette cure d’amaigrissement aurait pu ou dû commencer en amont par le dégraissement des mammouths que sont les institutions que tout le monde connait et la réduction du nombre de missions ou voyages … »touristiques« -c’est selon- à l’étranger… Rien de tel.
Plus fondamentalement, le Congolais lambda ne comprend pas le contraste entre la petite musique sur « les performances économiques financières sans précédent » et la sécheresse financière qui sévit dans le pays. Comment convaincre « Monsieur tout le monde » que le budget a quasiment triplé si son revenu n’en finit pas de s’éroder comme le bitume sur les routes de Kinshasa à la suite de fortes pluies de ce dernier temps ? Comment soutenir à longueur de discours officiel que les indicateurs du cadre macro-économique sont au vert alors que les clignotants sociaux sont au rouge ?
Un discours aux allures d’un disque rayé tant le Zaïrois redevenu Congolais entend cela depuis des lunes. Déjà, sous Kengo I au bon milieu des années 80, le Zaïre alors sous les fourches caudines du FMI avait été proclamé « meilleur élève » ! Avant que face à la grogne populaire, le Maréchal Mobutu ne ravisât avec cette phrase restée célèbre: « on ne mange pas la rigueur« .
La RDC a eu d’autres séquences où le taux de croissance à faire pâlir d’envie ne se traduit nullement par l’amélioration de l’ordinaire du plus grand nombre. Le panier ou plutôt de la ménagère ou encore l’assiette du Congolais d’en bas faisant foi.
En un mot comme en mille, vu du peuple la performance n’existe pas. Il n’y a que des preuves concrètes de performance. Voilà que par-dessus le marché en terre rd congolaise, performance rime avec disette ! Le summum de l’oxymore. De quoi faire se retourner dans leurs tombes des « gourous » de l’économie comme Adam Smith, David Ricardo et John Maynard Keynes. José NAWEJ