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RDC: le corridor de Lobito au centre des enjeux d’accès aux minerais critiques
Projet phare soutenu par les États-Unis et l’Union européenne, le corridor de Lobito s’impose comme un enjeu stratégique dans la course mondiale aux minerais critiques, au moment où les puissances occidentales cherchent à sécuriser leurs approvisionnements face à la domination chinoise.
Long d’environ 1.300 kilomètres, ce corridor ferroviaire doit relier le port angolais de Lobito aux zones minières enclavées de la République démocratique du Congo et de la Zambie, avec pour objectif d’accélérer l’exportation de cuivre et de cobalt, essentiels aux batteries et aux technologies de la transition énergétique .
Le projet a fait l’objet de plusieurs accords depuis 2023, associant notamment l’Angola, la RDC, la Zambie, l’Union européenne, les États-Unis et des institutions financières internationales, dans le cadre de la stratégie Global Gateway destinée à renforcer l’accès européen aux ressources stratégiques.
Pour les partenaires occidentaux, il s’agit de proposer une alternative aux routes d’approvisionnement dominées par la Chine, très présente dans le secteur minier congolais et dans les chaînes de transformation.
Mais ce projet d’infrastructure est aussi présenté comme un test de crédibilité pour les engagements affichés en matière de durabilité.
Dans un rapport publié en mars, les ONG Afrewatch et Fern estiment que le développement du corridor intervient dans une région déjà fortement dégradée par plus de vingt ans d’exploitation minière intensive, et qu’il risque d’accroître les pressions environnementales en facilitant l’augmentation des volumes exportés .
Au-delà de la modernisation ferroviaire, le corridor s’accompagne en effet de projets connexes dans les secteurs de l’énergie, des routes et de l’agriculture, susceptibles d’intensifier les dynamiques de transformation des territoires traversés.
Dans ce contexte, des organisations de la société civile appellent à des partenariats plus équilibrés, intégrant des exigences renforcées en matière de transparence, de gouvernance et de protection des communautés locales.
Pour elles, l’enjeu dépasse la seule question des infrastructures: il s’agit de savoir si ce projet peut incarner un modèle d’approvisionnement responsable, ou s’il reproduira les logiques extractives déjà à l’œuvre dans la région.
Actualité.cd