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Procès de la « tentative de coup d’État » : 51 prévenus étrangers et congolais identifiés, l’affaire renvoyée au 14 juin prochain
Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe a tenu sa première audience publique le vendredi 7 juin pour identifier les présumés assaillants de la « tentative de coup d’État » qui s’est produite le 19 mai à Kinshasa. Au total, 51 prévenus ont comparu devant les juges, dont trois ressortissants Américains, un Belge, un Britannique et un Canadien. Ces derniers ont, tour à tour, décliné leur identité (nationalité, profession et origine notamment).
Parmi les prévenus identifiés, Marcel Malanga, citoyen américain, fils de Christian Malanga, est considéré comme le cerveau et a été tué lors l’intervention de services de sécurité au Palais de la nation. Marcel Malanga est accusé d’avoir été l’un des coordonnateurs des opérations. À ce côté, deux de ces compatriotes, à savoir : Zalman Polun Benjamin et Taylor Thompson. Ils sont également poursuivis pour avoir piloté des drones lors de l’attaque dans la résidence de Vital Kamerhe. Le ministère public les désigne comme des figures clés du putsch manqué.
Un Belge, Jean-Jacques Wondo, expert militaire et ancien conseiller à l’ANR, ainsi qu’un Canadien naturalisé, sont également parmi les prévenus. Ils sont accusés d’association de malfaiteurs et d’autres griefs.
Outre ces ressortissants étrangers, les prévenus comprennent des Congolais de Kinshasa et du Kongo-Central. Avant leur arrestation, ils exerçaient diverses professions parmi lesquelles maçon, enseignant, agriculteur, artiste plasticien, chauffeurs de taxi-moto et employés de maison.
Avant d’amorcer la prochaine étape, celle-ci avait pour but de s’assurer que les 51 individus comparaissaient bien en possession de leur décision de renvoi devant la juridiction militaire et de leur citation à comparaître. Après cela, le Tribunal s’est déclaré valablement saisi pour juger l’affaire concernant toutes les personnes renvoyées devant lui. Cependant, deux prévenus, dont Christian Malanga et Aboubakar, ont été élagués de l’extrait de rôle à la suite de la production de certificats de décès à l’audience.
L’audience compliquée par le manque d’interprètes
La présence des accusés de nationalités étrangères a rendu complexe la tenue de l’audience. En effet, les trois Américains parmi les prévenus ne parlant ni lingala ni français, le Tribunal militaire n’avait pas prévu de service d’interprétariat.
Dans un premier temps, cette juridiction a fait recours à son interprète habituel. Ce dernier a brillé par son incapacité à expliquer les mots correctement aux prévenus et au tribunal. Sur recommandation des juges, le tribunal a finalement cédé sa place à un journaliste de la télévision publique congolaise, qui a dû assurer la traduction lors de l’audience. Malgré ces difficultés, le juge a informé les prévenus des chefs d’accusation qui pèsent contre eux et souligné la gravité de ces charges.
Des actes constitutifs de plusieurs infractions
Le tribunal a révélé que ces assaillants avaient détourné un minibus communément appelé « Esprit de vie » pour l’utiliser comme moyen de transport lors de l’opération. Ils ont également volé des armes dans un poste de police à Binza Delvaux, tué un civil pour lui prendre son véhicule et abattu deux policiers dans la résidence de Vital Kamerhe, l’actuel président de l’Assemblée nationale.
Des bombes et des armes de guerre ont été utilisées lors de l’attaque, et les prévenus ont proclamé au Palais de la Nation la prise du pouvoir en hissant le drapeau de l’ex-Zaïre tout en descendant celui de la RDC.
Selon le juge, ces actes commis sont constitutifs de plusieurs infractions passibles de la peine de mort, de la servitude pénale principale et de 20 ans de prison. Les chefs d’accusation à charge contre eux sont notamment le terrorisme, l’attentat, la tentative d’assassinat, la détention illégale d’armes et munitions de guerre, l’association de malfaiteurs et le meurtre.
Les avocats demandent du temps pour préparer leur défense
Lors de la clôture de la première audience, le tribunal militaire a dû arbitrer entre les requêtes des différentes parties concernant la date de la prochaine étape. Le ministère public a demandé un report rapide de seulement 24 heures, affirmant vouloir « en découdre avec les avocats de la défense« .
Les avocats des parties civiles se sont, quant à eux, prononcés pour un renvoi de 3 semaines, évoquant la nécessité de célérité en matière pénale. De leur côté, les avocats de la défense ont plaidé pour un mois supplémentaire, arguant du fait qu’ils n’avaient pas encore eu accès aux dossiers des accusés. Me Bondo a souligné l’importance de préparer sereinement la défense de clients encourant la peine de mort.
Après délibération, le président du tribunal a tranché en fixant la date du 14 juin. Les avocats pourront consulter les dossiers dès le 8 juin. Lors de cette prochaine audience, le tribunal examinera notamment la validité des dépositions recueillies pendant l’enquête.
Christian-Timothée MAMPUYA