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PARQUET GENERAL PRES LA COUR D'APPEL, Kasaï : le secrétaire principal suspendu pour trois mois
* En cause, mauvaise gestion et violences présumées contre les avocats
Le secrétaire principal du parquet général près la Cour d'appel du Kasaï, Kamukenge Kabuese Romain, a été suspendu de ses fonctions pour une durée de trois mois, à titre préventif, à la suite d'accusations portant sur des irrégularités dans la gestion des frais de consignation et des violences présumées contre un avocat au Palais de justice de Tshikapa.
Cette décision administrative, rendue publique hier lundi 12 octobre, survient dans le cadre d'une procédure disciplinaire engagée par la hiérarchie du parquet général près la Cour de cassation. Elle est attribuée à Adeline Lubansi Lutuna, première secrétaire de cette juridiction.
Selon les éléments contenus dans le procès-verbal d'ouverture de l'action disciplinaire, plusieurs manquements sont reprochés au responsable suspendu. Il est notamment accusé d'avoir entretenu une gestion opaque des frais de consignation en conservant des fonds à son domicile plutôt que dans les locaux du parquet.
SOUPÇONS DE DÉTOURNEMENT
Cette pratique aurait suscité des soupçons de détournement, sans qu'une responsabilité pénale ait été établie à ce stade.
Outre ces accusations financières, Kamukenge Kabuese Romain est également mis en cause pour des propos injurieux et des violences physiques présumées contre un avocat dans l'enceinte du parquet général.
L'incident remonte au vendredi 9 octobre 2026, lorsque Me Christophe Bokele aurait été agressé alors qu'il exerçait ses fonctions professionnelles au Palais de justice de Tshikapa.
Cette affaire avait provoqué une vive réaction du barreau du Kasaï, dont les membres avaient décidé de suspendre leurs prestations au Palais de justice pour dénoncer les faits et réclamer l'ouverture d'une procédure judiciaire.
Le bâtonnier du Kasaï, Me Hubert Ngulandjoko, avait notamment exigé qu'une enquête soit menée et qu'une audience en flagrance soit organisée afin d'établir les responsabilités dans cette affaire.
Malgré la suspension administrative prononcée contre le responsable mis en cause, le barreau maintient ses revendications judiciaires. Pour ses représentants, une sanction disciplinaire ne saurait remplacer une procédure devant les juridictions compétentes.
LE SUSPENDU DISPOSE DE 20 JOURS POUR SE JUSTIFIER
Dans le cadre de l'action disciplinaire, Kamukenge Kabuese Romain dispose d'un délai de vingt jours pour présenter ses moyens de défense par écrit et répondre aux accusations formulées contre lui.
Ses explications devront être examinées par sa hiérarchie avant toute décision disciplinaire définitive.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions entre les avocats du barreau du Kasaï et certains responsables des services judiciaires de Tshikapa. Elle soulève également des interrogations sur la gestion des fonds consignés auprès des instances judiciaires et sur le respect des droits des professionnels de la justice.
En attendant les conclusions de la procédure disciplinaire et les éventuelles suites judiciaires, le responsable suspendu bénéficie de la présomption d'innocence concernant les faits qui lui sont reprochés.
Félix MULUMBA KALEMBA