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NOUVELLE POLITIQUE SALARIALE POUR LES FONCTIONNAIRES DE L'ÉTAT : Le gouvernement invité à mettre de l'ordre dans les recrutements
Le président Félix Antoine Tshisekedi est déterminé à réussir son pari de modernisation de l'administration publique congolaise. C'est pour cet objectif qu'il a lancé, le 24 avril 2025, les travaux d'élaboration de la nouvelle politique salariale des agents publics de l'État, à l'occasion des assises du Conseil national du travail (CNT), au Centre culturel et artistique des pays d'Afrique centrale, à Kinshasa.
Cependant, pour réussir ce pari, le gouvernement particulièrement le ministère de la Fonction publique, est invité à mettre de l'ordre dans les recrutements et l'attribution des numéros matricules aux nouveaux agents. Tout le désordre dans la Fonction publique tire ses origines de l'imbroglio créé par ce ministère. Pour preuve, à la veille des élections de 2023, un ministre à la tête de cet important département a sillonné tout le territoire national où il a "distribué "des numéros matricules comme des cacahuètes aux militants de partis politiques du Front commun pour le Congo (FCC), plate-forme présidentielle de l'époque.
Cet acte est en grande partie à la base de la bouillabaisse que le chef de l'État a stigmatisée dans son intervention dont nous avons fait allusion plus haut. La pléthore des effectifs que connaît aujourd'hui la Fonction publique a conduit à l'augmentation sensible de l'enveloppe due à la rémunération des agents et fonctionnaires de l'État. Comme conséquence, il y a notamment l'impaiement des nouvelles unités faute de moyens conséquents. C'est ce qui a fait dire au chef de l'État: " Nous devons mettre en place une politique salariale équitable et juste".
Cet imbroglio se caractérise également par la multiplicité des primes octroyées aux agents et cadres selon leurs ministères. À ce jour , l'on peut compter trois à quatre barèmes salariaux dans la seule administration publique. Encore que les primes octroyées à certains cadres et agents dépassent de loin leurs salaires de base. Ce qui est tout à fait anormal dans une administration digne de ce nom.
À ce propos, Félix Antoine Tshisekedi a dénoncé les disparités criantes entre ministères dans la répartition des primes et avantages. Il a noté que certains services disposent des ressources importantes tandis que d'autres, pourtant essentiels au développement national, demeurent relégués au second plan. Tel est le cas des ministères de l'Agriculture et du Développement rural dont les budgets ne représentent pas grand ?chose par rapport au budget national.
Exclure les syndicalistes du contrôle annoncé
Pire est le fait qu'outre la modicité des montants leur alloués, il se pose un problème très sérieux de décaissement effectif des fonds au profit de ces deux ministères dont la mission dans le développement du pays n'est pas à redire.
Pour mettre un terme à ce désordre indescriptible et réaffirmer la volonté politique du président de la République de moderniser l'administration publique de la RDC et redonner espoir à des milliers de fonctionnaires en quête de justice et de reconnaissance, le vice-premier ministre et ministre de la Fonction publique, JP Lihau, a annoncé l'organisation prochaine d'un contrôle général au mois de mai dans le but de lutter contre toutes les inégalités salariales dans l'administration publique et les dysfonctionnements structurels dans la rémunération des agents publics.
Ce contrôle sera le énième qu'organise le ministère de la Fonction publique depuis des années, mais jusque-là aucun changement n'a été constaté. La raison est simple : les syndicalistes qui sont en grande partie à la base des désordres déplorés sont ceux-là mêmes qui effectuent ces contrôles. Dans ce cas ,on ne peut rien en attendre de positif. C'est pourquoi, si le gouvernement veut arriver cette fois à un travail de haute qualité, il importe qu'il mette de côté cette catégorie d'agents.
À ce sujet, il est important de savoir que l'État paie beaucoup de personnes qui ne lui rendent aucun service. Si un contrôle rigoureux est effectué par des personnes attitrées et impartiales, elles découvriront beaucoup d'agents fictifs dans toute l'administration qui touchent indûment les salaires du trésor public. En plus, il existe également beaucoup d'autres qui se présentent au bureau presque tous les jours, mais qui ne travaillent pas parce qu'ayant été recrutés par complaisance. Au terme d'un travail de titan, il est sûr que les contrôleurs dégageront des montants substantiels qui permettront d'établir une nouvelle grille salariale à l'avantage de tous les agents publics. Un tel résultat est possible pourvu que ce contrôle qui est annoncé pour les prochains jours, soit effectué par des experts impartiaux.
Muke MUKE