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Nord-Ubangi : la province bloquée par manque de gouvernement !
Le Nord-Ubangi, l’une de cinq provinces issues du démembrement de l’ex-grand Équateur, connaît une léthargie, due principalement au manque de gouvernement provincial, six mois après les élections générales du 23 décembre 2023. Tous les scrutins se sont déroulés dans le calme à Gbadolite, chef-lieu de la province, et dans les territoires de Bosobolo, Businga et Mobayi-Mbongo, hormis le territoire de Yakoma où des fraudes de diverses natures, violences et autres faits répréhensibles ont contraint la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à annuler les élections.
Cette situation ne permet pas l’organisation du vote du gouverneur, encore moins celui de son vice. Elle freine, en outre, les sénatoriales tant que les quatre élus provinciaux, qui seront issus du territoire de Yakoma ne seront pas connus.
À ce propos, le calendrier de la CENI prévoit les élections pour le 12 juillet 2024. Mais rien n’indique que cette date sera respectée d’autant qu’à près d’un mois de cette échéance, la centrale électorale semble ne pas être prête dans les préparatifs.
En ce moment, la province est dirigée par des ministres qui, comme au niveau national, expédient des affaires courantes. Leurs pouvoirs sont limités à des actes ordinaires. Ils ne peuvent pas engager la province s’il y a de grandes décisions à prendre. C’est ce qui justifie la léthargie actuelle à cause du manque de leadership en termes de gouvernance provinciale.
La seule institution légitime aujourd’hui est l’assemblée provinciale dont le bureau définitif a déjà été régulièrement mis en place. Sa composition se présente comme suit :
-Président : Achille Kwangbo Guda
-Vice-Président: Charles Donza Ngoy
-Rapporteure: Anastasie Ngbako Mbilisi
-Rapporteur Adjoint : André Ganga Vonga Akelo
-Questeur : Junior Wasasa Koyagialo Ahonziala.
Malheureusement, cette chambre législative n’a pas d’interlocuteur valable pour traiter les dossiers importants de la province.
Sur le plan économique, il sied de souligner que la province du Nord-Ubangi dispose d’importants atouts, notamment la centrale hydroélectrique de Mobayi-Mbongo, l’ancien aéroport international de Gbadolite, des infrastructures de base en place depuis la 2ème République.
Sont inclus également la nationale n°24 reliant Gbadolite à Businga, un important port situé au bord de la rivière Mongala. Sa population évaluée à plus ou moins 2 millions cinq cents mille (2.500.000) habitants constituent des ressources humaines susceptibles de transformer cette entité politico-administrative.
Pour mettre fin à cette triste situation où on a l’impression que le pays roule à double vitesse, le gouvernement est invité à donner des moyens appropriés à la CENI pour lui permettre de respecter son calendrier pour les scrutins à venir.
Il importe de rappeler que cette province est celle de l’ancien chef de l’Etat Mobutu Sese Seko qui a dirigé le pays pendant 32 ans. Quelles que soient les faiblesses de sa gouvernance, nous retiendrons de lui les qualités d’un leader attaché aux valeurs de l’unité nationale.
Muke MUKE