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Noël et Nouvel an : quand habits, poulets et autres suscitent de mauvais souvenirs de la vie !
C’est habituellement à la veille de fêtes, particulièrement de fin d’année que de mauvais souvenirs de la vie refont surface chez des parents, singulièrement ceux sans ressources. Ces souvenirs sont si vivaces qu’ils arrivent à enlever l’envie de vivre à ces personnes. Nous en avons rencontré trois femmes qui ont quatre traits communs : mères de trois enfants, sans maris, la trentaine, vivant dans des parcelles familiales.
Le dimanche 24 décembre, à un jour de Noël, l’une d’entre elles, Mme Berte. est venue rendre visite à son amie, Mme Fina. Elle lui rend régulièrement la visite, restant avec elle jusque tard la nuit Elle vit avec sa mère qui partage ses souffrances et l’égoïsme du père de ses gosses.
Depuis que nous avons connu Mme Berte., elle n’est pas arrivée à livrer un pan de sa vie intime. La fête aidant, nous avons pu pénétrer par effraction dans son intimité. Il a fallu qu’elle se mette à se confier à une autre femme, de même acabit qu’elle pour que nous puissions mieux connaître la lourde charge qu’elle traîne avec elle.
C’est à Mme May. qu’elle se confie, son aînée de quelques années. Une femme qui est logée à la même enseigne qu’elle. Le hasard nous a permis de suivre deux femmes qui se sont mises à se consoler mutuellement. Face au récit de Mme Berte, Mme May. n’est pas restée silencieuse. Elle a réagi en la consolant. Partageant les mêmes conditions de vie, les deux femmes se sont finalement mises à se consoler, se soutenant moralement.
UN GENITEUR IRRESPONSABLE
Dans son récit, Mme Berte se met à s’en prendre au géniteur de ses enfants dont il ne veut pas prendre en charge, lui laissant seule la scolarité, les soins médicaux, la restauration, l’habillement…C’est dans des termes plus durs qu’il traite cet homme irresponsable. Le calvaire de cette femme sans mari est d’autant plus dur que même ses propres frères, se plaint-elle, daignent ignorer qu’ils ont une sœur, même celui qui est chauffeur, souligne-t-elle. » Ils sont si égoïstes qu’ils n’osent pas partager avec moi même s’ils mangent « .
» Ya May, je te dis que je souffre avec mes enfants dont le papa irresponsable refuse de prendre en charge. Pour qu’ils mangent, il faut que je me débrouille aidée par ma mère. C’est un très mauvais papa « , se plaint Mme Berte. Et d’ajouter, se lamentant : » Tu sais, quand tu m’as vue là, assise dans cette position, mes pensées étaient ailleurs, pensant à mes enfants qui n’ont rien mangé, alors que moi, j’ai mangé. Mais j’ai fait en sorte que ya Fina ne le remarque pas. Je pense à mes enfants qui n’ont pas de papa pour s’occuper d’eux en leur achetant des habits et du poulet pour les fêtes de fin d’année comme d’autres enfants dont les parents s’occupent d’eux… «
» Ne t’en fais pas, la console Mme May. Dans ces souffrances, Dieu vous bénira, tes enfants et toi. «
ELLE VIT AVEC SES 3 ENFANTS DANS UN STUDIO DE 3M X 2 M
Celle qui essaie de mettre du baume au cœur blessé de Berte ne vit pas de beaux moments dans sa vie de mère de trois enfants dont elle tient d’un homme qui ne vit pas avec elle. Nous doutons même qu’elle ait cohabité avec le papa de ses enfants ! Pour montrer à sa congénère que sa situation est loin d’être pire que celle des autres, singulièrement la sienne, elle lui raconte également ses mauvaises conditions de vie. May. est une femme qui vivait avec sa mère et ses trois gosses, un garçon (actuellement en sixième des humanités) et deux filles. Elle a préféré quitter sa mère en raison de son comportement acariâtre. Actuellement, elle et ses enfants vivent dans un studio d’à peine 3 mètres sur 2 dans la parcelle familiale. Et pour avoir les frais de scolarité de ses enfants auprès de leur géniteur, elle doit batailler dur. Tout autant pour arracher de nouveaux habitants et du poulet pour cette fête ! Lorsqu’elle attrape des moyens financiers, elle fait vivre sa progéniture en se livrant aux petites activités commerciales qui ne rapportent pas grand-chose.
Mme Fina vit presque les mêmes difficultés. Mère de trois enfants, dont deux filles (l’ainée est diplômée d’Etat avant d’attraper une grossesse) et un garçon, cette femme vit dans une parcelle familiale, abandonnée par celui qui lui a donné cette charge. Aujourd’hui, cet homme vient de se taper une autre femme, pendant que Fina vit en concubinage avec un autre homme marié, chauffeur de son état. Sans doute que cette idylle n’est pas pour faire de beaux jours.
Les fêtes aussi célèbres que mondiales que sont Noël et le Nouvel an poussent généralement parents et enfants à ne pas rater leur célébration. Si bien que des enfants qui n’ont pas de parents capables de les satisfaire en leur achetant ce qu’il faut pour ces fêtes font le deuil de cet état des choses. Cette occasion nécessite des habits et chaussures neufs ainsi que du bon repas où tout pourrait manquer, excepté la viande que (poulet, bœuf, porc, selon les moyens, le poulet étant le mieux à la portée des bourses du Congolais lambda). Il est vrai que bien des familles congolaises mangent rarement de la viande durant l’année. On pourrait donc imaginer le deuil que ferait tout enfant privé de ces biens et le souci qu’ont les mamans sans maris dont les enfants sont privés des attributs de ces fêtes.
Les conditions de vie de ces trois femmes constituent un échantillon infime du grand nombre de femmes qui mènent une vie de calvaire dans cette capitale, en RDC en général. Kléber KUNGU