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Ministère de la Recherche scientifique: omission ou suppression?
Depuis la publication du gouvernement Suminwa II, des réactions de tous genres sont enregistrées de partout. Les unes aussi objectives que les autres. Cependant, une a échappé à l'analyse de beaucoup de politiciens qui se sont plus attardés sur le profil des nouveaux entrants au gouvernement et à la représentation géopolitique de ses membres. Il s'agit de l'absence d'un ministre en charge de la Recherche scientifique. Nous nous posons la question de savoir si c'est par omission que le nom du ministre n'a pas été cité ou c'est une option levée pour supprimer tout simplement ledit ministère.
Pour mémoire, c'est depuis le gouvernement post dialogue de Sun City, avec le schéma 1+4 que ce ministère a été détaché de celui de l'Enseignement supérieur et universitaire pour devenir autonome. Une option lumineuse au regard du rôle de la recherche scientifique dans un pays comme le nôtre confronté à plusieurs défis de développement.
Même si Suminwa II a connu une "légère réduction" du nombre de ministères, ce n'est pas la recherche scientifique qu'il fallait sacrifier. À la rigueur, il aurait été rationnel de le fusionner avec un autre ministère qui rime bien avec ce secteur, notamment l'enseignement supérieur et universitaire comme ce fut le cas dans un passé récent, l'agriculture ou même les mines. Mais, le supprimer tout simplement serait une maladresse aux conséquences incalculables.
Sur le plan pratique, il existe au sein dudit ministère un secrétariat général avec plusieurs directions, auquel il faut ajouter des centres de recherche notamment l'Institut national d'études et des recherches agronomiques (Inera), centre des recherches géologiques, centre national de télédétection,...
De qui vont dépendre entretemps tous ces services dont le personnel va continuer à être payé par le Trésor public? D'où, l'impérieuse nécessité de lever, au plus vite, une option dont la meilleure serait d'attacher cette branche d'activité à un ministère.
travaux d'Hercules du nouveau gouvernement
D'autres réactions sur l'équipe Suminwa II émanent des pessimistes qui trouvent qu'au regard de nombreux défis qui sont dressés sur son chemin, elle a peu de chances de répondre aux multiples attentes des Congolais. Il y a principalement la problématique de l'insécurité dans la partie septentrionale du pays avec l'AFC/M23 et la nébuleuse ADF.
Malgré les victoires engrangées sur le plan diplomatique avec la reconnaissance du Rwanda comme agresseur de la RDC et son soutien avéré à la coalition AFC/M23, l'objectif final n'est pas encore atteint, à savoir, le retrait des troupes étrangères du sol congolais. Le nouveau gouvernement pourra-t-il aller plus loin que le précédent?
Outre l'Est du pays, il y a les miliciens Mobondo dans le territoire de Kwamouth et une partie du Kwango, du Kwilu et aussi de Kinshasa. Bien qu'acculés par les FARDC, ces hors-la-loi continuent à semer mort et désolation. Quelle stratégie idoine va mettre en place la nouvelle équipe pour éradiquer ce phénomène?
Dans ce registre de l'insécurité, il sied d'inclure le banditisme urbain à Kinshasa connu sous le nom de Kuluna et dans d'autres grandes agglomérations du pays. Le bilan de cette délinquance juvénile est dramatique où l'on enregistre plusieurs pertes en vies humaines. Le ministère de l'Intérieur est appelé à changer de fusil d'épaule pour arriver à bout de ces inciviques qui mettent mal à l'aise les paisibles citoyens.
Le volet socio-économique: une épine dans le pied du gouvernement
Un autre grand défi qui attend Suminwa II est l'environnement social et économique dont les feux sont au rouge. Les prix des biens de consommation courante ne font qu'augmenter sur les marchés au point où les ménages ne savent où donner de la tête.
Le taux de chômage des jeunes actifs ne fait que croître étant donné qu'il n'existe pratiquement pas d'investissements pour favoriser la création d'emplois.
L'approvisionnement en eau potable et en énergie électrique constitue un casse-tête pour de nombreux ménages, au centre-ville que dans la périphérie.
L'état de nos routes est pitoyable tant dans les villes que dans les milieux ruraux.
Les embouteillages monstres qui rendent difficiles les conditions de vie dans la capitale constituent une contrainte à laquelle fera face Mme Judith Suminwa et son équipe. Il faut d'autres pistes de solution parce que celles mises en place par l'équipe précédente ont échoué.
À analyser profondément, les membres de l'actuel gouvernement sont appelés à se considérer comme des sacrifiés envoyés au front pour sauver la patrie. Il n'y a pas de raison pour eux de festoyer car la tâche immense qui les attend est semblable aux 12 travaux d'Hercules imposés à Hercules dans la mythologie grecque.
Muke MUKE