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Minerais critiques : à Kinshasa, experts et décideurs planchent sur la sécurité des ressources stratégiques du Bassin du Congo
À l'heure où les minerais critiques s'imposent comme le carburant de la révolution technologique mondiale, experts civils et militaires se réunissent à Kinshasa dans un atelier pour examiner les liens complexes entre ressources stratégiques, conflits et sécurité dans le Bassin du Congo. Pendant trois jours, cet atelier conjoint entend jeter les bases d'une gestion plus transparente et coordonnée de ces richesses, afin d'éviter qu'elles ne continuent d'alimenter tensions et rivalités dans la région.
Au cœur des échanges : la nécessité de bâtir des mécanismes de coordination autour des minerais critiques, dans une dynamique de transparence, de redevabilité et de coopération régionale apaisée. L'objectif affiché est double : prévenir l'exploitation illicite de ces ressources et promouvoir des partenariats internationaux plus équitables.
Ouvrant les travaux, le Vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale a souligné la portée stratégique de ces discussions. Selon lui, les conclusions de cet atelier devront contribuer à une gestion "intelligente et efficace" des minerais critiques présents dans le Bassin du Congo.
"Réfléchir sur les minerais critiques et les ressources sécuritaires dans le Bassin du Congo est une contribution substantielle à l'intelligence nécessaire à leur exploitation", a-t-il déclaré, rappelant que l'exploitation illicite des ressources naturelles demeure l'une des causes profondes des guerres qui déstabilisent l'Est de la République démocratique du Congo.
Le ministre a également mis en avant la dimension géopolitique de ces ressources dans les efforts de stabilisation régionale. L'exploitation des minerais stratégiques congolais, dans le cadre de l'accord conclu à Washington, pourrait selon lui constituer un levier majeur pour la pacification de la région des Grands Lacs.
"Notre pays est résolu à avancer et met tout en œuvre pour s'assurer que ces ressources profitent réellement au bien-être national et se reflètent dans le vécu quotidien du Congolais", a-t-il insisté.
De son côté, le Directeur général du Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense, le général-major Augustin Mamba, a replacé le débat dans un contexte global marqué par la transformation technologique. Selon lui, l'essor du numérique et de l'intelligence artificielle redéfinit profondément la valeur stratégique de certaines ressources naturelles.
"Le XXIème siècle est une ère où la technologie a atteint un niveau jamais égalé. Cette évolution a rendu certaines ressources incontournables, stratégiques, vitales ou critiques", a-t-il expliqué.
Même lecture du côté du Centre d'études stratégiques de l'Afrique, partenaire de cette initiative. Sa directrice, Amanda Dory, a insisté sur l'impact potentiel des décisions prises aujourd'hui autour des ressources du Bassin du Congo.
Selon elle, les choix stratégiques opérés dans cette région pourraient transformer la vie de millions de personnes, bien au-delà des frontières de l'Afrique centrale. Elle a ainsi encouragé les experts réunis à Kinshasa à nourrir de grandes ambitions quant aux résultats de ce travail collectif.
Au-delà des discours, cet atelier s'inscrit dans un débat crucial : celui de la gouvernance des minerais critiques, désormais au cœur des rivalités économiques et technologiques mondiales. Pour la RDC, qui détient une part significative de ces ressources, l'enjeu est clair : transformer une richesse longtemps source de conflits en moteur de stabilité et de développement durable.
Jérémie ASOKO