Dernière minute
Société
La décision est tombée comme un couperet. À Kinshasa, les autorités congolaises ont ordonné la fermeture immédiate de l'usine Revin SARL, implantée à Limete, après la découverte d'une substance pharmaceutique interdite dans une boisson largement consommée dans la capitale, apprend-on dans un…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Derrière les allures d’un simple communiqué de clarification, la récente sortie du Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, ressemble davantage à une opération…
Étranger
Montréal - Le Canada "reconnaît le plan d’autonomie" proposé par le Maroc "comme base pour une solution mutuellement acceptable" au différend régional autour du Sahara marocain.
Cette…
Nation
Le Japon a offert à la Fédération nationale des femmes protestantes du Congo (FNFPC) de l'Eglise du Christ au Congo) un bâtiment scolaire de plain-pied, deux ateliers, deux bureaux …
Mgr N'Shole demande à Jean-Pierre Bemba de "publier les preuves de ses allégations"
L'atmosphère politique s'est considérablement échauffée ces dernières heures après les propos tenus par le Vice-Premier ministre, ministre des Transports et Voies de Communication, Jean-Pierre Bemba, sur les ondes de Top Congo FM. L'ancien chef de guerre, aujourd'hui haut cadre du gouvernement, a accusé les évêques catholiques d'être de connivence avec certaines forces politiques et d'avoir empoché, chacun, un million de dollars dans le cadre du processus électoral. Des allégations jugées graves et sans fondement par le Secrétaire général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (Cenco), Mgr Donatien N'Shole, qui n'a pas tardé à réagir à travers un point de presse tenu hier à Kinshasa.
Dans une mise au point ferme et sans langue de bois, Mgr N'Shole a recadré, point par point, les affirmations de Jean-Pierre Bemba. " C'est avec beaucoup de sacrifices, en dépit d'énormes difficultés logistiques et financières, que nous avons mené nos activités", a rappelé le prélat, précisant que la Cenco reste ouverte à tout contrôle.
" Sans faux-fuyant, nous sommes prêts à recevoir l'Inspection Générale des Finances pour vérifier toute notre comptabilité ", a-t-il martelé.
Le Secrétaire général de la Cenco a également rappelé que dès le lancement du projet électoral, des mises en garde strictes avaient été adressées aux gestionnaires locaux : aucune malversation financière ne serait tolérée. "La Cenco ne couvrira personne ", a-t-il insisté.
A Jean-Pierre Bemba, de rendre public les preuves de ses allégations
Piqué au vif, Donatien N'Shole n'a pas hésité à défier publiquement le vice-Premier ministre. " Nous demandons à Jean-Pierre Bemba de rendre publiques les preuves de ses allégations sur ces prétendus millions de dollars remis à chaque diocèse ", a-t-il lancé, tout en l'invitant à produire également les éléments soutenant une supposée complicité entre la Cenco et des groupes étrangers évoqués dans son intervention.
Dans sa mise au point, le Secrétaire général de la Cenco a profité pour rappeler l'apport indéniable de l'Église catholique au développement du pays. " Qui dans ce pays ignore que l'Église, sans le moindre appui de l'État, dépense chaque année des milliards de francs congolais pour faire fonctionner écoles, hôpitaux, orphelinats et autres œuvres de bienfaisance ? ", a-t-il interrogé, soulignant la place incontournable de l'Église dans le tissu social congolais.
Appel à la paix et à l'unité nationale
Tout en saluant l'appel du ministre Bemba à la paix et à l'unité nationale, Mgr N'Shole a posé la question qui fâche : " Comment lui et ses alliés ont-ils accueilli les recommandations de la Cenco et des autres forces vives du pays concernant le respect des principes démocratiques et des droits de l'homme ? "
Fermement engagé dans la défense de la transparence électorale et de la cohésion nationale, Mgr N'Shole a rappelé que l'Église n'entend pas se taire face aux menaces ni aux tentatives de manipulation du processus démocratique.
Cet échange musclé entre un haut dignitaire du gouvernement et le Secrétaire général de la Cenco intervient dans un contexte politique tendu, où les accusations et contre-accusations se multiplient à l'approche des prochaines étapes électorales. Une escalade verbale qui en dit long sur la nervosité ambiante et les enjeux qui se jouent en coulisses.
Dans cette bataille de déclarations, la balle est désormais dans le camp de Jean-Pierre Bemba, sommé de produire ses preuves ou de retirer ses propos. Le pays, lui, retient son souffle.
Jérémie ASOKO