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L’UNILU recommande l’organisation des états généraux sur les risques naturels en RDC
Le département de Géologie de la faculté des Sciences de l’Université de Lubumbashi (UNILU) vient de produire une réflexion, assortie de quelques recommandations, sur l’éruption volcanique de Nyirangongo. Selon les scientifiques de ce département, l’élément déclencheur de la récente éruption du Nyiragongo serait une réalimentation de sa chambre magmatique superficielle située à environ 5 km de profondeur par des magmas frais provenant du manteau ou en transit dans une chambre magmatique profonde, produisant des perturbations physico-chimiques en son sein.
Dans un texte résumant cette réflexion, le chef du département de Géologie, à l’UNILU, le professeur François Lubala, recommande l’organisation, sans délai, des états généraux sur les risques naturels en RDC.
«Nous préconisons l’organisation dans un bref délai, sous le haut patronage du président de la République, des états généraux sur l’identification, la prévision et la prévention des risques naturels en RDC», a écrit ce scientifique.
Il pense que ces états généraux devraient conduire à la création d’une structure scientifique et technique nationale placée sous la tutelle de la Présidence de la République, avec des antennes opérationnelles dans les différentes provinces de la RDC.
Le département de Géologie de l’UNILU estime qu’avec ce qui s’est passé à Nyiragongo, il est temps de passer à la restructuration en profondeur, au niveau scientifique, technique, organisationnel et fonctionnel de l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG).
Le professeur François Lubala a, par ailleurs, insisté sur la nécessité, pour l’OVG, de travailler étroitement en collaboration avec les institutions universitaires dont l’UNILU et l’UNIKIN qui disposent d’une large expérience et savoir-faire dans le domaine volcanologique.
VIVEMENT LA RESTRUCTURATION DE L’OVG
Sur le plan institutionnel, le chef de département de Géologie de l’UNILU estime que l’OVG devrait bénéficier de la part du Gouvernement centrale des fonds d’investissement inscrits annuellement au budget de son ministère de tutelle, en l’occurrence le ministère de la Recherche scientifique et innovation technologique.
Le professeur Francois Lubala envisage in fine des synergies entre l’OVG et les services spécialisés d’autres ministères sectoriels dans le but de mettre au point des méthodes appropriées de protection civile contre les risques volcaniques.
Il soutient que l’importante activité sismique enregistrée actuellement dans la région de Goma et ses environs avec des séismes de magnitude proche de 5 et ses répliques subséquentes dont les épicentres devraient être relativement superficiels, serait à mettre en rapport avec la dynamique relevée au niveau de la chambre magmatique et au rééquilibrage isostatique de différents panneaux cristaux après l’émission de volumes importants de lave (pouvant être à première approximation évalués d’après la superficie couverte par les coulées à quelques dizaines de km3 ).
«Cette intense activité sismique devrait logiquement aller en s’atténuant au fur et à mesure qu’on tendra vers le point d’équilibre de l’ensemble du système global du Nyiragongo. En attendant de voir l’évolution spatio-temporelle du phénomène, les populations doivent continuer à observer toutes les mesures de précaution leur prodiguées par les autorités locales sur la base des observations scientifiques faites par des experts de l’OVG», a-t-il conseillé.
C’est la troisième fois que la ville de Goma connait une éruption volcanique. Les deux précédentes ont eu lieu respectivement en 1977 et en 2002. Le bilan provisoire actuel fait état de 31 morts.
Orly-Darel NGIAMBUKULU