Dernière minute
Société
La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
La Belgique, par son vice-Premier ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a condamné, hier mercredi 21 octobre sans détour, le choix de l’ancien président de la République Joseph Kabila…
Étranger
La RDC veut conquérir davantage de parts du marché chinois grâce à une meilleure organisation de ses filières agricoles. L’Anapex a mis en place une Task Force dédiée prioritairement au piment,…
Nation
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi , est arrivé ce jeudi 22 octobre à Luanda, capitale angolaise, pour prendre part à l’ouverture de la quatrième édition de la…
Le temps est comme… suspendu
Question à choix multiple à propos du silence ambiant. S’agit-il d’un silence radio, d’un ange qui passe ou du calme qui précède la tempête? A tout ce que le pays compte d’illuminés de répondre. Pour l’heure, un constat suite au précédent, le temps est comme suspendu. Le pays se situe comme dans l’entre deux. Comme à l’heure des choix. Mieux à l’heure du choix. Et ce, sur tous les fronts.
Sur le plan politique, les termes du dilemme cornélien à la lisière du marathon électoral -dont la ligne d’arrivée est fixée à fin 2023- sont archi connus. Passage en force ou conciliation ? Inclusion ou exclusion? Bras de fer ou paix des braves ? Le Pays attend. En silence. Mais, quel type de silence ? Nul n’en connait les ressorts. Là est tout le problème.
Toujours est-il qu’un coup d’œil dans le rétroviseur renseigne que l’histoire zaïro-congolaise a coutume de bégayer. Une formule soft pour ne pas employer le poncif « thucydidien » plus vieux que l’ère post-Jésus Christ selon lequel l’histoire est un perpétuel recommencement.
Alors, va-t-elle ou risque-t-elle -c’est selon- de se répéter ? Y aurait-il des signes de temps? Ces fameux signes avant-coureurs ?
Encore faudrait-il que les acteurs directement concernés -parce qu’aux responsabilités- sentent les choses venir. Ce qui n’est pas évident surtout lorsque de son piédestal ou de son perchoir on doit regarder en bas. Ou encore lorsque sous les ors et lambris des palais de la République ou des bureaux douillets de Gombe, on est occupé à s’installer et à installer. Reste alors aux historiens de fouiller dans le passé pour savoir à quoi pourrait ressembler cette répétition de l’histoire.
Le temps est aussi comme suspendu sur le front du couvre-feu dans l’Ituri et le Nord-Kivu . Par définition régime d’exception, le couvre-feu s’installe dans… la durée. Pour la bonne cause.
Reste que ce temps long ne va pas sans charrier des couacs qui interrogent non pas la légitimité de l’exercice, mais son efficacité. Que faire ? Ecrire sur le fronton de Bunia et de Beni: « circulez, taisez-vous il n’y a rien à voir » ou ouvrir une fenêtre d’aggiornamento sans pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Là aussi, l’heure des choix ou du choix semble avoir sonné.
Manger d’abord et philosopher ensuite (Primo manducare, deinde philosophare), renseigne une locution latine. Dans Kinshasa où tout le monde vend à tout le monde, le sort des surgelés- repas de base pour l’écrasante majorité des Kinois- est incertain. A l’origine de ce flottement, la mesure gouvernementale de baisse des produits surgelés. Cette décision teintée de bon sentiment sent l’économie dirigée ou dirigiste à mille lieues. Avec la conséquence inéluctable que cet ukase -en tout cas perçu comme tel par les opérateurs économiques- heurte la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande. Et bonjour la pénurie ! Et donc la hausse des prix.
Ainsi le remède s’avérera pire que le mal. Là aussi, le pays est à l’heure des choix. José NAWEJ