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Le Nigéria prend ses distances avec le polisario
Le mois d’août 2024 a marqué un tournant significatif dans la diplomatie nigériane concernant le Sahara marocain, avec la visite de plusieurs ministres nigérians à Dakhla. Cet événement symbolise un changement radical dans la position du Nigeria, qui s’éloigne progressivement de la milice du polisario et de son allié traditionnel, l’Algérie, pour renforcer ses relations bilatérales avec le Maroc.
Ce réalignement stratégique est motivé, selon le secrétaire général du Centre marocain de recherche pour la globalisation « NejMaroc », Yassine El Yattioui, par plusieurs facteurs, notamment “des projets économiques majeurs comme le gazoduc Nigeria-Maroc et la nécessité croissante pour le Nigeria de garantir sa sécurité alimentaire à travers un partenariat agricole diversifié avec le Maroc”.
Historiquement, souligne El Yattioui à Hespress Fr, « le Nigeria a été un soutien notable de la cause du polisario. Cependant, ces dernières années, les dynamiques géopolitiques ont évolué, poussant le Nigeria à réévaluer ses alliances et priorités stratégiques. La visite en août 2024 des ministres nigérians à Dakhla s’inscrit dans ce cadre de transformation diplomatique. Parmi les ministres présents, il y avait notamment le ministre des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, et le ministre des Ressources pétrolières, Timipre Sylva, ainsi que des représentants du secteur agricole nigérian”.
L’un des moteurs principaux de ce rapprochement, affirme l’analyste, est le projet de gazoduc Nigeria-Maroc. “Lancé en 2016, ce projet ambitieux vise à construire un gazoduc de 5.660 kilomètres qui reliera le Nigeria au Maroc en passant par plusieurs pays ouest-africains”. Ce gazoduc n’est pas seulement un projet énergétique, mais aussi un levier pour l’intégration économique régionale. “Il a le potentiel de fournir du gaz naturel à des millions de personnes en Afrique de l’Ouest et du Nord, tout en renforçant la sécurité énergétique des pays traversés. En août 2024, les discussions entre les ministres nigérians et marocains ont mis en avant l’importance de ce projet pour les deux nations. La concrétisation de ce projet pourrait révolutionner l’économie régionale, en diversifiant les sources de revenus du Nigeria et en consolidant la position du Maroc comme un hub énergétique régional”, indique le SG de NejMaroc.
Un autre axe majeur de cette coopération renforcée est l’agriculture. “Le Nigeria, avec une population de plus de 220 millions d’habitants en 2024, fait face à des défis considérables en matière de sécurité alimentaire. La démographie exponentielle du pays exige une augmentation significative de la production agricole pour nourrir sa population croissante. Le Maroc, reconnu pour un leader de la production se présente comme un partenaire idéal pour aider le Nigeria à atteindre ses objectifs de souveraineté alimentaire”, fait observer l’analyste.
Et d’ajouter que les réalités géopolitiques et économiques actuelles ont conduit le Nigeria à adopter une approche plus pragmatique. La nécessité de diversifier ses partenaires économiques et de sécuriser des projets stratégiques comme le gazoduc Nigeria-Maroc pousse le Nigeria à revoir sa position.
En se rapprochant du Maroc, “le Nigeria envoie un signal fort à la communauté internationale et à ses partenaires africains”, dit El Yattioui.
La visite des ministres nigérians à Dakhla et les accords signés avec le Maroc témoignent de l’engagement du Nigeria à favoriser une solution pragmatique et bénéfique pour ses intérêts nationaux, conclut l’analyste.