Dernière minute
Société
"Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants". Cette phrase est le début du Psaume 1:1 dans la Bible. Ce verset décrit l'homme heureux (ou bienheureux) comme celui qui évite l'influence des impies, ne suit pas le chemin des pécheurs et ne s'associe pas aux moqueurs. Bref, il…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Rien ne laissait présager qu’un simple choix vestimentaire allait susciter un tel engouement. Pourtant, en l’espace de quelques heures, le motif du corsage en pagne porté par la Première ministre…
Étranger
La Suisse a affirmé, vendredi, qu’elle "considère l’initiative d’autonomie" présentée par le Maroc "comme base la plus sérieuse, crédible et pragmatique" pour la résolution du différend régional…
Nation
L'ARSP annonce la publication sur son site officiel (www.arsp.cd) des statistiques des marchés de sous-traitance réalisés au cours des exercices 2023, 2024 et 2025, avec pour objectif de démontrer…
La RDC toujours sans gouvernement plus de 500 jours après les élections
La population devient de plus en plus impatiente. L’attente de l’annonce du nouveau gouvernement a dépassé le paroxysme. Jamais, on a connu pareille situation depuis 2006, année du début de la vraie démocratisation du pays. Face à cette réalité, des voix s’élèvent pour réclamer un réel changement.
Des politiques avérés recommandent la révision de certaines dispositions constitutionnelles, sans toucher à celles qui sont intangibles. Notamment celles portant sur le nombre des mandats du président de la République. Aussi, la forme de l’Etat et le régime semi-présidentiel.
Sans faire du copier coller, comme cela a été le cas en 2006 avec l’actuelle loi fondamentale, les révisionnistes proposent d’adopter un modèle proche de celui de la France. Ils fondent leur argumentaire sur ce qui vient de se passer au Sénégal. Ce pays a calqué sa Constitution sur celle de l’Hexagone. Un modèle qui n’est pas compliqué comme celui de la RDC.
Les tiraillements que nous connaissons actuellement pour la formation du gouvernement sont liés justement à notre système politique, modelé sur celui de la Belgique.
En tout état de cause, il faut reconnaître que le vrai mal part de la loi sur la création et le fonctionnement des partis politiques. Comme de coutume, cette loi n’est pas respectée. La conséquence est le pullulement des partis politiques que nous enregistrons depuis la démocratisation du pays.
La plupart de ces formations politiques ne remplissent pas les critères exigés par la loi. Pas de sièges et de bureaux. Pas de représentation nationale dans la composition de leurs équipes dirigeantes. La plupart sont des partis politiques à caractère familial ou tribal.
500 partis en rdc !
Logiquement, ce n’est pas à eux qu’il faut donner tort. Le principal responsable de cette cacophonie est le Secrétariat général chargé des partis politiques qui fonctionne sous tutelle du ministère de l’Intérieur. Ici, aucun examen sérieux n’est fait dans l’examen des dossiers introduits par les demandeurs d’arrêtés. Dès lors que la somme fixée par la loi régissant la création et le fonctionnement des partis politiques est payée, le parti est agréé.
Dans une telle ambiance où l’argent est le roi, nous ne pouvons pas nous étonner de compter plus de 900 formations politiques. Chiffre gastronomique jamais atteint par un autre pays sur la planète terre. La RDC est réellement un pays atypique à cause des situations comme celle-là.
En outre, la conséquence du tohu-bohu observé actuellement ne concerne pas uniquement le blocage dans la formation du gouvernement, mais aussi le nombre des ministres qui y feront partie.
La toute première mouture qui circule dans les réseaux sociaux fait état de 45 ministres dont l’UDPS se taille la part du lion avec 10 membres. Une équipe éléphantesque qui va coûter très cher au trésor public.
Les citoyens lambda qui sont les premières victimes de cette médiocrité du zoo politique congolais se demandent si l’heure n’est pas venue de rompre définitivement avec cette pratique de partage du gâteau. Pourquoi des députés élus par la population pour défendre leurs intérêts à l’Assemblée nationale, tiennent-ils mordicus à déserter la chambre basse pour devenir des ministres ? Le mieux ne serait-il pas de ne jamais nommer un élu ministre? Quelle est cette logique-là qui veut qu’un parti politique qui a un député, doit être représenté au gouvernement?
Étant donné qu’il y a à boire et à manger dans notre système politique, il importe obligatoirement d’y apporter des modifications si nous voulons aller réellement vers l’émergence. À défaut, nous tournerons toujours en rond.
Or, il est dit que quiconque n’avance pas, recule. C’est le constat amer que nous pouvons établir pour notre pays.
Contrairement à ce que nous chantons dans notre hymne national, nous n’avons pas bâti un pays plus beau qu’avant l’indépendance. Ce ne sont pas les autres qui développeront la RDC, mais bel et bien nous-mêmes. Que nos politiciens prennent conscience de cette réalité, sinon la postérité les jugera de manière implacable. Muke MUKE