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Kinshasa : 27 agents de la Cour des comptes en atelier de renforcement des capacités
* Pour le 1er Président, M. Munganga, le greffe est un maillot essentiel de la justice financière
27 agents (greffiers et du personnel administratif et technique) de la Cour des comptes sont en atelier de renforcement des capacités du 7 au 11 septembre 2026 à Kinshasa. L'objectif final est de disposer d'un greffe moderne, professionnel, organisé et performant, au service d'une justice financière plus efficace.
Cette formation s'inscrit dans le cadre du programme ARISE et de l'Accord de coopération 2026-2028, de l'initiative de développement de l'INTOSAI, le CREFIAF, la NORAD et la Cour des comptes de France. Il contribue à la mise en œuvre de l'Accord de coopération 2026-2028, conclu dans le cadre de l'Initiative régionale africaine pour le renforcement de l'efficacité des institutions supérieures de contrôle (ARIS).
Au terme de cette formation, la Cour des comptes va élaborer le Manuel des procédures du greffe.
En ouvrant cet atelier, le Premier Président de la Cour des comptes, Munganga Ngwaka Jimmy, a insisté sur la place stratégique du greffe dans le fonctionnement d'une juridiction financière.
Il estime que le greffe ne doit pas être considéré comme un simple service administratif chargé de conserver les dossiers. Il constitue, a-t-il poursuivi, " un véritable maillon de la chaîne juridictionnelle, intervenant notamment dans la réception, l'enregistrement, la conservation et la circulation sécurisée des actes et dossiers, le suivi des procédures et des délais, l'authentification des actes juridictionnels ainsi que la préservation de la mémoire institutionnelle".
Le premier Président a encore insisté sur le fait que la qualité du travail du greffe a une incidence directe sur la régularité, la célérité et la sécurité juridique des procédures devant la Cour.
"Le renforcement des compétences des greffiers apparaît dès lors comme un investissement stratégique pour améliorer l'efficacité, la crédibilité et le professionnalisme de l'Institution", a-t-il poursuivi.
UNE NOUVELLE ETAPE DANS LA PROFFESIONALISATION DES GREFFIERS
M. Munganga a précisé que cet atelier constitue une nouvelle étape dans le programme de professionnalisation des greffiers de la Cour des comptes. " Il intervient après une première formation consacrée aux connaissances générales du métier ainsi qu'un stage d'immersion effectué à la Cour des comptes du Sénégal", a-t-il ajouté.
Cependant, il a indiqué que la participation d'un expert de la Cour des comptes de France doit permettre aux participants de mieux appréhender les spécificités du greffe financier et de bénéficier de pratiques professionnelles éprouvées.
Toutefois, le premier Président a souligné que l'objectif n'est pas de reproduire mécaniquement un modèle étranger. Les expériences partagées devront être confrontées au cadre juridique, à l'organisation et aux réalités de la RDC, afin d'identifier les solutions les plus pertinentes et directement applicables.
UNE FORMATION EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLE POUR TOUTE LA COUR
Par ailleurs, le premier Président a pris l'engagement ferme d'organiser très prochainement une formation en intelligence artificielle au bénéfice de l'ensemble des magistrats ainsi que du personnel administratif et technique de la Cour, parmi lesquels les greffiers.
Cette initiative s'inscrit dans la volonté de moderniser l'Institution et de favoriser une utilisation responsable des nouvelles technologies.
D'après Jimmy Munganga, l'intelligence artificielle peut contribuer à améliorer l'efficacité du travail, notamment dans la recherche et l'analyse de l'information, l'exploitation des données, la préparation et la gestion des documents ainsi que l'accomplissement de certaines tâches répétitives.
Pour les greffiers, elle pourrait notamment faciliter la gestion et le classement des dossiers, le suivi des procédures et des délais, la recherche documentaire et la traçabilité des actes. Cette modernisation devra cependant s'effectuer dans le strict respect de la confidentialité, de la protection des données et du secret professionnel, a-t-il fait remarquer.
" L'intelligence artificielle ne saurait se substituer aux responsabilités professionnelles du greffier en matière d'authentification, de contrôle et de sécurité des informations", a-t-il mentionné.
ÉLABORER UN MANUEL DES PROCEDURES DU GREFFE
L'atelier de renforcement des capacités sera suivi d'une autre étape importante : l'élaboration du Manuel des procédures du greffe de la Cour des comptes.
" Ce Manuel devra constituer un référentiel pratique destiné à clarifier les différentes étapes de traitement des dossiers, harmoniser les pratiques entre les chambres et les services, préciser les responsabilités, renforcer la traçabilité et la sécurité des actes, améliorer le suivi des délais et assurer une meilleure conservation des archives", a-t-il expliqué.
Il devra également contribuer à réduire les risques d'erreurs, de retards, de pertes d'informations et de divergences dans le traitement des procédures, tout en facilitant l'intégration et la formation des nouveaux agents.
Le Premier Président a ensuite rappelé que la performance d'une juridiction financière ne dépend pas seulement de ses textes et de ses structures, mais également de la compétence de son personnel, de la clarté de ses procédures et de la discipline professionnelle.
Il a appelé les greffiers et l'ensemble du personnel de la Cour à faire de la confidentialité, de la neutralité, de la disponibilité, de la probité, de la rigueur et de la loyauté institutionnelle les principes constants de leur action.
Il a également insisté sur la nécessité d'assurer une protection stricte des informations traitées par le greffe, compte tenu de leur caractère potentiellement sensible, et de faire du respect du secret professionnel une exigence permanente.
Par cet atelier, la Cour des comptes entend poursuivre la professionnalisation de ses ressources humaines et renforcer les conditions d'un fonctionnement plus efficace de ses services juridictionnels et administratifs, a conclu M. Munganga Jimmy.
Mathy MUSAU