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Avalanche d'incendies à Kinshasa : des mesures préventives s'imposent
Kinshasa fait face ces derniers jours à une recrudescence inquiétante d'incendies aux proportions alarmantes. Entre des maisons commerciales réduites en cendres, des édifices scolaires calcinés et des drames humains bouleversants dans une salle de fêtes, la récurrence de ces catastrophes interpelle la conscience citoyenne et exige une action rigoureuse des pouvoirs publics.
La liste des sinistres s'allonge de jour en jour, transformant le quotidien des Kinois en une pétarade d'inquiétudes. Hier lundi 9 septembre, un incendie violent a détruit une maison commerciale à la 11ème rue de Limete, au quartier industriel, à proximité de la rédaction du journal "Forum des As".
La boutique spécialisée dans la vente de produits d'Europe, communément appelée "Bilokos", a tout perdu : habits, chaussures et produits cosmétiques sont partis en fumée.
Seule la solidarité spontanée des riverains, lutant avec les moyens du bord, notamment des bouteilles d'eau destinées à la vente, a permis d'éviter le pire et d'empêcher les flammes de consumer les habitations voisines.
LE PETIT COLLÈGE SAINT-PIERRE EMBRASÉ
Dans la même journée d'hier, un autre sinistre d'envergure a frappé le complexe scolaire du Petit Collège Saint-Pierre dans la commune de Kinshasa.
Tout a commencé vers 13 heures, rapporte radiookapi.net, alors que les enseignants de l'EP 4, en réunion après avoir libéré les élèves, ont été alertés par des enfants qui traînaient encore dans la cour.
Plusieurs locaux administratifs, salles de classe, archives scolaires, mobilier et équipements pédagogiques ont été calcinés.
Si aucune perte en vie humaine ni blessé grave n'ont été enregistrés, des ordinateurs, des imprimantes, des livres ainsi que des cahiers d'élèves auraient été emportés par des badauds, venus assister à l'incendie.
LENTEURS DE SERVICES D'INTERVENTION
Comme à Limete, selon les premiers éléments, un court-circuit électrique, survenu après le rétablissement du courant, serait à l'origine du feu détecté dans cette école de la commune de Kinshasa, renseignent des sources concordantes.
Présent sur les lieux après avoir aperçu l'épaisse fumée depuis son bureau, le bourgmestre de la commune de Kinshasa, M. Bienvenu Mbalibi, s'est indigné face à la situation. Il a vertement déploré la lenteur des services de lutte contre les incendies, "arrivés plus d'une heure après le début du sinistre".
Mais, le drame le plus douloureux reste celui survenu dans la salle de fêtes Panacée, à Lingwala, où un incendie ravageur a coûté la vie à près d'une dizaine de personnes.
FERMETURES DES SALLES NON CONFORMES
Face à la répétition de ces drames mortels, le gouvernement central a décidé de taper du poing sur la table. Comme le relaye la radio Top Congo FM, le Vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, M. Jacquemain Shabani, a ordonné, par un message officiel daté du 5 septembre dernier, le contrôle systématique et la fermeture immédiate de toutes les salles de fêtes et espaces de loisirs ne répondant pas aux normes de sécurité.
Dans son télégramme officiel adressé aux services de sécurité - notamment la Police nationale congolaise (PNC), l'Agence nationale de renseignements (ANR), la Direction générale des migrations (DGM) et la Direction générale de protection civile (DGPC) -, le patron de l'Intérieur enjoint les autorités à agir sans délai pour inspecter l'ensemble des infrastructures accueillant du public.
Un rapport d'exécution exhaustif est attendu sur sa table dans un délai de 15 jours pour la ville-province de Kinshasa.
IMPÉRATIF D'UNE CULTURE PRÉVENTIVE
Si aucune perte en vie humaine n'a fort heureusement été déplorée lors de récents incidents de Limete et de l'école Saint-Pierre, les causes de ces fléaux appellent à une introspection profonde.
À la 11ème rue de Limete, des analystes et témoins pointent du doigt un court-circuit provoqué par des fils mal replacés après le passage des agents de salubrité.
Plus globalement, l'absence d'issues de secours, la vétusté des installations électriques et le manque d'extincteurs fonctionnels exposent en permanence les citoyens au danger.
Avec cette décision de fermer les établissements non conformes, l'Exécutif national entend imposer une rigueur stricte et assainir le secteur du divertissement et de l'événementiel.
Au-delà des sanctions, c'est toute une prise de conscience collective et un contrôle rigoureux des normes urbanistiques qui doivent s'imposer à Kinshasa pour que la sécurité de la population redevienne le maître-mot.
Yves KALIKAT