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Kasaï-Oriental : Les conducteurs de taxi-motos dénoncent la vente unilatérale de plaques
Une vive tension est perceptible dans le secteur du transport urbain dans la province du Kasaï-Oriental à Mbuji-Mayi, alors que les corporations de taxi-motos montent au créneau pour dénoncer la décision jugée "unilatérale et inopportune" du Gouverneur intérimaire relative à la vente de plaques minéralogiques et de jetons.
Dans une lettre ouverte adressée conjointement le samedi 23 août au Gouverneur a.i. de province et au Commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC), les représentants des associations de conducteurs de taxi-motos font part de leur profond désarroi face à ce qu'ils considèrent comme une mesure précipitée, imposée sans concertation, en pleine période de préparatifs de la rentrée scolaire.
"À peine la rentrée scolaire entamée, le Gouverneur intérimaire a initié unilatéralement la vente de plaques et jetons", peut-on lire dans cette missive. Les syndicats fustigent le fait qu'aucune réunion sérieuse n'a été convoquée avec les représentants du secteur pour discuter de la faisabilité ou de l'opportunité de cette opération, dans un contexte économique déjà difficile.
Pour les " wewa ", cette décision entraîne une double pression : d'une part, les coûts imprévus liés à l'achat de plaques et jetons ; d'autre part, la charge financière accrue liée à la rentrée scolaire de leurs enfants. L'absence de concertation est jugée d'autant plus grave qu'elle viole l'esprit de partenariat social entre autorités et travailleurs de l'informel.
TROIS PRINCIPALES REVENDICATIONS DES SYNDICATS
Dans leur lettre, les signataires énoncent trois recommandations majeures notamment: la suspension immédiate de l'opération de vente de plaques et jetons, estimant qu'il y a péril en la demeure si l'initiative se poursuit sans encadrement; la convocation d'une réunion urgente de toutes les associations œuvrant dans le secteur avant le 26 août, pour discuter du cadre de mise en œuvre de la mesure contestée; et enfin, le renvoi sine die des opérations de recouvrement jusqu'à ce qu'un consensus soit trouvé et que les pourparlers soient officiellement enclenchés.
La lettre se termine sur une mise en garde claire : "Sous réserve d'autres actions d'éclats et procédures à intervenir", ce qui laisse présager que les conducteurs pourraient recourir à des manifestations ou à des grèves si leurs revendications ne sont pas prises en compte dans les délais souhaités.
Cette contestation intervient dans un climat socio-économique tendu, où de nombreuses familles kasaïennes peinent à faire face aux exigences de la rentrée scolaire. L'initiative du Gouverneur a.i., bien que potentiellement légale dans son fondement administratif, est perçue par les concernés comme une mesure inopportune, voire provocatrice, susceptible de précariser davantage un secteur déjà fragilisé.
Alors que la province du Kasaï-Oriental tente de stabiliser ses finances publiques et de réguler les services de transport, les autorités provinciales sont appelées à faire preuve d'écoute et de responsabilité. Faute de quoi, cette tension pourrait rapidement dégénérer et impacter la paix sociale dans la ville de Mbuji-Mayi et ses environs.
Félix MULUMBA Kalemba