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Jean-Pierre Bemba : « Gare au discours sectaire ! »
*Pour nombre d’observateurs, la dialectique identitaire développée par « Igwe » n’est pas digne d’un leader d’envergure nationale.
Le leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba Gombo, est en tournée depuis le samedi 26 août dans le grand Équateur. Ce qui est une bonne chose, à l’aune des enjeux de 2023. Cependant, ce qui offusque plus d’un observateur sérieux est son discours. Discours qualifié de sectaire et de séparatiste » développé devant les Equatoriens, commentent nombre de ses détracteurs sur les réseaux sociaux.
S’adressant à la population du grand Équateur, celui qu’on appelle «Igwe» justifie par la nécessité de protéger les Equatoriens contre ce qu’il a qualifié «du pouvoir venu de l’Est de la RDC qui tenait à tout prix à les écarter de la vie publique».
Ce qui sous-entendu que les Swahiliphones voulaient exterminer les Lingalaphones.
Dans ce message audio de 7 minutes qui circule sur les réseaux sociaux, JP Bemba soutient que « les Equatoriens étaient considérés comme des sous-hommes portant le code 32, en référence à la durée du règne du président Mobutu et devaient être écartés de la vie publique par le pouvoir venu de l’Est (ndlr : le régime de 1997 de Laurent-Désiré Kabila).
Pour lui, «ce nouveau pouvoir voulait faire de l’Equateur une plantation de café, sacrifiant les populations de cette région au profit des Baswahili de l’Est».
DRESSER LES SWAHILIPHONES CONTRE LES BANGALAS
Pas donc besoin d’être un crack en analyse du langage pour déduire qu’il s’agit là, ni plus ni moins, que d’un discours sectaire qui a le triste mérite de monter un peuple contre un autre. Vu de plusieurs analystes, ce discours tenu à l’Equateur n’est pas digne d’un leader d’envergure nationale comme Jean-Pierre Bemba.
Cela n’échappe pas au président national du MLC qu’il est recommandé d’attaquer ses adversaires sur le plan des idées. Il ne doit donc pas ethniciser son discours. Comment vont réagir les militants et cadres du MLC qui seraient Katangais, Kivutiens à ce discours chargé clivant ? Se reconnaîtront-ils en lui avec ce discours ? Poser une question, c’est déjà y répondre, dit-on.
Jean-Pierre Bemba n’a pas besoin de ce genre de discours pour se faire accepter chez lui au grand Equateur. Pas du tout. Un pays mosaïque comme la RDC n’a pas besoin de ce genre de propos. Surtout pas en ce moment où l’unité et la cohésion nationale s’avèrent une nécessité.
NON AU SÉPARATISME
Dresser certains Congolais contre d’autres est contre-indiqué, voire suicidaire. Electoralement parlant, cela peut payer à court terme. Mais à long terme, non. Que Jean-Pierre Bemba choisisse de ratisser large pour Félix-Antoine Tshisekedi dans l’optique de 2023, relève de son droit le plus légitime. C’est sa liberté que de vendre l’actuel chef de l’État dans son fief. Mais que ces visées politiciennes ne le poussent à verser dans des déclarations qui mettent la cohésion nationale en danger, là commence le problème.
Loin d’être un constat, ces déclarations de Jean-Pierre Bemba ont suscité beaucoup des réactions sur les réseaux sociaux. Dans le camp de ses adversaires, on n’a pas tardé à les qualifier de «belliqueuses, négationnistes, divisionnistes, irresponsables et dangereuses» pour la cohésion nationale déjà en berne avec les affrontements inter-ethniques à Kwamouth, dans les Kivu, en Ituri et au Katanga, sans oublier les tensions politiques ici et là.
Sans aller par le dos de la cuillère, « Igwe« , est ouvertement accusé de vouloir opposer les Bangala aux Baswahili.
Certains ont carrément affirmé que ces propos entraient dans la qualification des discours de haine tels que définis par les Nations-Unies à savoir : «Tout type de communication, qu’il s’agisse d’expression orale ou écrite ou de comportement, constituant une atteinte ou utilisant un langage péjoratif ou discriminatoire à l’égard d’une personne ou d’un groupe en raison de son identité, de l’appartenance religieuse, de l’origine ethnique, de la nationalité, de la race, de la couleur de peau, de l’ascendance, du genre ou d’autres facteurs constitutifs de l’identité.»
A L’USN DE CONDAMNER CES GENRES DE DISCOURS
Selon les Nations Unies qui ont décrété par une résolution de 2021, le 18 juin comme Journée Internationale de lutte contre les discours de haine et adopté une stratégie mondiale contre ce phénomène, «le discours de haine est en augmentation dans le monde entier et peut inciter à la violence, saper la cohésion sociale et la tolérance, et causer des dommages psychologiques, émotionnels et physiques aux personnes touchées. Le discours de haine n’affecte pas seulement les individus et les groupes spécifiques ciblés, mais les sociétés dans leur ensemble».
Reste que l’Union Sacrée de la Nation, plate-forme créée après la réqualification de la majorité parlementaire de 2021, JP Bemba est membre, puisse le rappeler à l’ordre, car, à contrario, ce discours sectaire et séparatiste, peut s’avérer contre-productive dans la perspective de faire réélire le président Félix Tshisekedi en 2023. ODON N.