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Interdiction de circulation des motos dans la commune de Gombe : Cette mesure n’est pas suivie d’effets
La mesure portant interdiction de circulation des motos et de rassemblement des badauds dans la commune de Gombe, prise le week-end dernier et qui devait entrer en application avant-hier mardi, n’est pas entièrement respectée. Le premier jour, les éléments de la police ont été aperçus en grand nombre, surtout au centre- ville, pour arrêter les motards récalcitrants et arracher leurs engins. Le deuxième jour, le mouvement s’est concentré sur le boulevard du 30 juin, dans sa jonction avec l’avenue des Huileries. Au troisième jour, la circulation des motos est redevenue normale. Quant à la mesure concernant l’interdiction de l’attroupement des badauds, elle n’a jamais connu un début d’exécution.
Cet incivisme de certains Congolais doit être condamné avec la dernière énergie. Car, si les citoyens d’un pays ne savent pas respecter leurs autorités, ils font voir aux observateurs, surtout extérieurs, que nous vivons comme dans une jungle. C’est pourquoi, il importe que les autorités chargées de l’ordre public fassent appliquer les lois de la république avec beaucoup de rigueur selon le précepte romain ‘ lex dura sed lex’ c’est-à-dire la loi est dure mais c’est la loi.
Il est regrettable de constater que la dernière mesure dont nous parlons ici n’est pas la première à être sabotée par les Congolais indisciplinés. Il en existe beaucoup d’autres. Sans être exhaustifs, nous citerons notamment celle sur les pollutions sonores, l’interdiction aux chauffeurs des camions remorques de circuler avant 22 heures, l’interdiction aux convoyeurs des taxi-bus communément appelés ‘receveurs’ de s’agripper sur les portières de leurs véhicules, l’interdiction de vente sur les artères publiques, le respect strict du code de la route et des tarifs de transport par les chauffeurs des taxi et taxi-bus et que sais-je encore.
Cette attitude désinvolte de certains de nos concitoyens est due, il faut le reconnaître, au manque de suivi dans l’exécution desdites mesures, et surtout à la complaisance de ceux qui ont la responsabilité de les faire respecter. L’homme en général a toujours tendance d’aller à l’encontre de la loi, même vis-à-vis de son créateur. C’est pourquoi, il a été mis en place des structures de surveillance pour réprimer ceux qui posent des actes répréhensibles. Malheureusement en RDC certains compatriotes se comportent comme s’ils étaient au-dessus de la loi. La conséquence est l’imbroglio que nous vivons dans presque tous les secteurs de la vie nationale. Comme les hors-la-loi ne sont pas sanctionnés sévèrement, cette impunité fait dire aux autres que nos autorités sont toujours comme ça ; elles prennent des décisions qui ne sont pas exécutées.
A ce propos, la responsabilité incombe à tous. Les citoyens lambda doivent avoir une conscience et une discipline personnelle pour se censurer lui-même avant toute action. Il ne faut pas que les services de l’ordre soient derrière les gens pour qu’ils respectent les lois du pays. Les détenteurs des débits de boisson et les pasteurs des églises, par exemple, ne doivent pas continuer à enfreindre la loi interdisant les pollutions sonores tant que la pollution n’intervient pas pour leur rappeler cette réglementation. Faut-il que l’Etat ferme par autorité ces lieux pour que leurs propriétaires se mettent enfin en ordre ?
La même question peut être posée aux chauffeurs et à leurs convoyeurs. Faut-il que les éléments de la police nationale de circulation routière (PCR) se mettent à leurs trousses pour qu’ils se conduisent correctement sur la voie publique ? Aujourd’hui par exemple, ils fixent les tarifs selon leur gré. Pour un même trajet, les prix varient selon les heures, et cela au vu et au su des autorités incapables de réagir vigoureusement.
S’il faut parler de la responsabilité de ces dernières, il sied de reconnaître que leur grande faiblesse est de ne pas identifier les causes profondes des maux qu’elles veulent éradiquer. Elles prennent des mesures sans savoir si elles ont les moyens de les faire exécuter. Si les instructions qu’elles édictent ne sont pas respectées, elles se discréditent aux yeux de l’opinion et perdent ainsi leur valeur. Dans le dossier qui nous concerne actuellement, elles ont intérêt à renforcer le contrôle dans la commune de Gombe en déployant beaucoup de policiers partout pour remettre les motards sur la droite ligne et traquer tous ces fumeurs de chanvre qui s’affichent au grand jour sans la moindre crainte de l’autorité. Muke MUKE