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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Trop de marche tue la marche !
Trois marches en un seul jour ! Des processions dans tous les sens. Une véritable mêlée en perspective dans les rues de Kinshasa. Aux traditionnels embouteillages de véhicules vont se substituer des bouchons …humains.
Alors, bravo l’Hôtel de ville ? Vive la démocratie ? De bon augure pour la campagne électorale ? A priori et en apparence, oui. Voir les opposants et les partisans du pouvoir battre le pavé -ou ce qui en reste-peut, certes, paraître comme un signe de vitalité démocratique. En jargon kinois, il y a même matière à s’exclamer à la manière de chez nous : « mboka elengi » !
Mais, si l’avers de la médaille est reluisant, pas sûr que son revers le soit tout autant. En l’occurrence, ça sent même une opération destinée à la consommation extérieure. Un peu comme une devanture cache toute la misère de l’arrière-boutique.
Trivialement, pour des raisons de mobilité, on imagine mal tous les partisans des oppositions disséminés à travers la ville tentaculaire qu’est Kinshasa rejoindre tous le très lointain Rond-point Sakombi -Ngaliema- pour participer à la marche. Ceux qui viendront de la Tshangu vont-ils gagner le lieu du départ de la procession en…marchant, quand on sait que le transport en commun n’est pas toujours à la portée du commun des mortels kinois ? Pour sûr, il va falloir galérer pour atteindre l’itinéraire de la marche dont le but est de protester contre … la galère ambiante. Quadrature du cercle.
Plus fondamentalement, en autorisant les trois manifs dont deux marches, le Pouvoir rd congolais puise dans le vieux logiciel des années Mobutu, repris par le Régime Kabila fils, qui consistait à parasiter ou carrément « noyer » les marches de l’opposition par des processions parallèles ou concurrentes des formations inféodées au pouvoir. Comme quoi, on ne change pas les méthodes qui ont fait leurs preuves…
A l’arrivée, trop de marche tue la marche. Celle des oppositions, bien évidemment. Auteur de « trop d’impôt tue l’impôt« , l’économiste américain Arthur Laffer ne se retournerait pas dans sa tombe en apprenant que sa formule est mangée à la sauce congolaise.
Ironie du sort, alors leader de l’opposition, Félix-Antoine Tshisekedi fustigeait la pratique « de la kabilie » qui consistait à programmer une marche le même jour que l’opposition ! Décidément au Congo-Kinshasa, quand elle ne se répète pas, l’histoire bégaie. En tout cas, plus ça change, plus c’est la même chose. Ou presque.
Enfin, ironie du calendrier ou clin d’œil inconscient à l’architecte du parti-Etat. Les manifestations publiques croisées ont lieu ce samedi 20 mai 2023. Or, le MPR fut porté sur les fonts baptismaux le samedi 20 mai 1967. C’est la totale ! José NAWEJ