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Pays à vocation d’exportation : « La RDC n’exporte plus son énergie électrique vers les pays étrangers », affirme Teddy Lwamba
* Face à ce constat, le gouvernement entend réinvestir massivement dans le secteur hydroélectrique pour permettre au pays de redevenir autosuffisant ….
La République Démocratique du Congo, qui faisait autrefois figure de pourvoyeuse d’électricité pour ses voisins, ne parvient plus aujourd’hui à répondre à la demande et se retrouve même obligée d’importer de l’énergie.
C’est ce qu’a révélé récemment Teddy Lwamba, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité. Lors d’un briefing presse animé conjointement avec son collègue de la communication et des médias, Patrick Muyaya, il a expliqué que la RDC n’exportait désormais plus du tout d’électricité, contrairement aux années 1980 où elle alimentait notamment la Zambie et autres pays voisins via la ligne Inga-Shaba.
Selon le ministre, cette situation s’explique par une croissance exponentielle de la consommation intérieure ces dernières années, notamment due à la libéralisation du secteur minier en 1997. Les infrastructures de production d’énergie datant des années 1980 se sont alors révélées insuffisantes.
« Il est vrai que l’histoire de la production d’électricité en RDC s’est arrêtée en 1982. Depuis Inga 2, il n’y a plus eu de projets. Ce qui est intéressant, c’est qu’à l’époque, cette production d’électricité suffisait à répondre aux besoins. La Gecamine, à son apogée, pouvait consommer 500 mégawatts et le surplus était exporté via la ligne Inga-Shaba vers d’autres pays. Puis en 1997, avec la libéralisation du secteur minier, la donne a changé. La consommation et la demande en électricité ont explosé et nous avons réalisé que nous n’avions pas libéralisé le secteur de l’électricité en même temps que le secteur minier« , a révélé Teddy Lwamba.
« Nous avons été rapidement dépassés par les événements. En 2014, nous avons enfin libéralisé le secteur, mais malheureusement, il rencontre encore quelques difficultés. Aujourd’hui, nous n’exportons plus rien, nous importons... « , a-t-il ajouté.
Aujourd’hui, c’est le sens inverse qui s’est produit : la RDC doit importer de l’électricité de pays comme la Zambie, l’Éthiopie, le Congo-Brazzaville ou la République centrafricaine pour répondre à la demande. Cette dépendance énergétique représente un manque à gagner important pour son économie.
« La Zambie d’hier qui recevait l’électricité de chez nous et aujourd’hui celui qui injecte 250 mégawatts en RDC qui appuie le secteur minier. Et la génération de la richesse de ce 250 mégawatts génère 8 milliards sur notre PIB c’est-a-dire si nous n’avons pas ça l’économie va tousser, c’est à dire nous devons faire très vite pour que nous ayons la production interne pour prendre ce monopole-là « , explique-t-il.
Face à ce constat, le gouvernement congolais entend réinvestir massivement dans le secteur hydroélectrique pour permettre au pays de redevenir autosuffisant et même exportateur d’électricité à l’avenir. Neuf nouveaux sites de production devraient générer 2500 mégawatts supplémentaires d’ici quelques années. L’objectif est de doubler la production nationale d’électricité d’ici 5 ans.
« Nous sommes un pays à vocation d’exportation […] nous prenons notre responsabilité pour que nous puissions investir sensiblement dans ce secteur, c’est pour cela vous avez vu que j’ai parlé de 9 sites qui vont nous générer 2500 mégawatts qui vont résorber ce déficit« , conclut-t-il.
Didier KEBONGO