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Patrick Muyaya : "Nous ne céderons aucun centimètre de notre territoire"
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a livré hier mercredi soir un message d'une gravité rare sur la situation explosive qui secoue Uvira et plusieurs zones de l'Est de la RDC. Invité de l'émission Congolais Telema, il a tenu à " rétablir la vérité " face à une opinion déboussolée par l'escalade des violences, six jours seulement après la signature de l'accord de paix du 4 décembre.
D'entrée de jeu, Patrick Muyaya souligne l'inacceptable : les attaques rwandaises se poursuivent, malgré les engagements pris, compromettant un accord signé sous l'égide de Washington et présenté comme une base de sortie de crise.
" Ce qui se passe dans la partie Est de notre pays est inacceptable. Nous avons répondu aux sollicitations internationales. Nous avons fait notre part, mais le Rwanda continue d'agir en violation totale de l'accord ", proteste-t-il.
200 000 DEPLACES ET 83 BLESSES
Le porte-parole décrit une situation humanitaire alarmante. Plus de 200 000 personnes sont déjà déplacées dans l'axe Kamanyola-Uvira, sans compter les millions d'autres affectées par les conflits antérieurs. Les attaques, affirme-t-il, partent directement du territoire rwandais, notamment de Bugarama, et visent des cibles civiles : hôpitaux, centres de santé, habitations.
Les bombardements se sont intensifiés ces derniers jours. Des drones kamikazes " engins de la mort ", selon Muyaya, sont largués à l'aveuglette, provoquant des dizaines de morts et au moins 83 blessés recensés il y a 48 heures. Un chiffre appelé à grimper.
Parmi les victimes, de nombreux enfants et femmes. " Ils viennent avec l'objectif de tuer et d'ériger un système de gouvernance par le crime ", dénonce-t-il, pointant la stratégie du Rwanda et de son relais, le M23.
UN FRONT ELARGI
Loin de se limiter à Uvira, les offensives sont "généralisées ". Plusieurs zones du Nord-Kivuet du Sud-Kivu (Walungu, Shabunda, Masisi, Walikale, Lubero subissent des attaques simultanées. Pour Muyaya, la communication du gouvernement vise à déjouer la propagande rwandaise et à maintenir les Congolais mobilisés : " Nous ne devons pas tomber dans le piège du poison rwandais. La guerre se mène aussi dans l'information." Face au drame, le gouvernement affirme être en alerte permanente. Le président de la République, la Première ministre et les services concernés suivent la situation " minute par minute". Muyaya salue le courage des FARDC et des volontaires engagés dans la défense du pays, assurant que " la RDC ne cédera aucun centimètre de son territoire ".
ACCORD DE PAIX : KINSHASA RECLAME DESORMAIS DES SANCTIONS
L'accord du 4 décembre, signé à l'Institut Donald Trump à Washington, est aujourd'hui mis à mal par Kigali. La RDC dénonce une violation flagrante qui, selon Muyaya, constitue un affront direct au président américain et aux garants internationaux.
Le porte-parole du Gouvernement congolais se félicite toutefois du communiqué conjoint des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France, appelant le Rwanda à cesser ses activités militaires et à se retirer du territoire congolais. Mais il insiste : " Cela ne suffit pas. Nous exigeons des sanctions. On ne peut pas laisser prospérer l'impunité face à des massacres de femmes et d'enfants. "
La diplomatie congolaise travaille activement pour pousser Washington à utiliser tout son poids et " d'autres outils " afin de contraindre le Rwanda au respect de l'accord. Patrick Muyaya exhorte lui, les Congolais à l'unité et à la vigilance : " Ce n'est pas une guerre contre une personne ou un gouvernement. c'est une guerre contre notre peuple. Et nous sortirons vainqueurs. "
Un message ferme, empreint de gravité, qui sonne comme une alerte et un appel à la mobilisation générale face à une crise qui s'aggrave chaque jour à l'Est du pays.
Jérémie ASOKO