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CHANGEMENT DE LA CONSTITUTION, 3ÈME MANDAT : Le dialogue national inclusif renvoyé aux calendes grecques ?
Depuis un bon bout de temps, l'espace politique congolais est dominé par le débat autour d'un éventuel changement de la constitution et d'un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Concernant le dialogue national inclusif qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive, c'est le silence radio. Beaucoup de rendez-vous sur le retour de la paix en RDC ont été amorcés, de Luanda à Washington en passant par Doha.
Malheureusement, aucun résultat probant n'a été enregistré sur terrain. Même l'accord de partenariat économique entre la RDC et les Etats-Unis, dont on croyait qu'il produirait des effets sur le plan sécuritaire, est resté sans résultat palpable.
La mission confiée au duo CENCO -ECC et à l'église de réveil est restée lettre morte. D'aucuns se demandent aujourd'hui si la collaboration entre ces deux grands groupes de confessions religieuses est encore possible dès lors que certaines têtes d'affiche de l'église de réveil du Congo (ERC) ont affiché clairement leur position pro pouvoir en s'alignant derrière l'option de changement de la constitution.
Comment des personnes qui ont pris officiellement parti pour un camp peuvent-elles jouer le rôle de médiateur ? D'ailleurs, tout au début de l'initiative de la CENCO et l'ECC les églises de réveil s'étaient dressées contre la position des catholiques et des protestants.
Après avoir fait beaucoup de bruits et même tenu des propos malveillants contre les catholiques et les protestants, ils ont fini par adhérer à l'idée du Pacte social pour la paix et le vivre ensemble dans la région des grands lacs. C'est alors qu'ils ont été conviés à s'associer à la CENCO et l'ECC pour préparer une feuille de route devant aboutir à l'organisation proprement dite de ce grand forum voulu et attendu par la majorité de Congolais et leurs partenaires.
LE PRÉSIDENT JOAO LOURENÇO DE NOUVEAU À LA MANŒUVRE ?
C'est dans ce contexte d'impasse et beaucoup pensent que le dialogue est renvoyé aux calendes grecques que nous apprenons que des émissaires du président Félix Tshisekedi se seraient rendus à Luanda où ils auraient rencontré le président angolais, pour lui transmettre un message du chef d'État congolais.
Du coup, les analystes de la politique rd congolaise sont entrés en scène pour voir dans ce contact la reprise des consultations amorcées il y a quelques mois entre le leader angolais et les différentes parties prenantes au conflit qui déchire la partie septentrionale de la RDC.
Si cette information s'avérait fondée, il y a de quoi à se réjouir étant donné que le statu quo observé au front, profite plus aux occupants qu'aux Congolais qui tiennent à la réunification de leur pays.
À ce propos, il sied de rappeler que les coins tels que Rutshuru, Bunagana, Goma et Bukavu échappent à l'autorité du gouvernement central, et ce au grand dam de tous les patriotes.
Reste à savoir si cette fois le président Joao Lourenço, médiateur attitré désigné par l'Union africaine (Ua) s'en sortira là où il n' a pas su réconcilier les deux parties en conflit, la RDC et le Rwanda.
Toutefois, il importe de souligner que sur le plan diplomatique la donne a beaucoup changé.
Aujourd'hui, le Rwanda est désigné par les USA comme le soutien avéré des rebelles de l'AFC -M23, qui combattent les forces loyalistes. Le fait que la plus grande puissance mondiale ait pris publiquement cause et fait pour la RDC, constitue un grand avantage pour le pouvoir en place. Tshisekedi peut donc se sentir à l'aise face au dictateur rwandais sur le plan international.
Cependant, les Congolais ne doivent pas croiser les bras et attendre que leur sort soit réglé par d'autres. La meilleure solution est celle qui est conçue et mise en œuvre par les propres citoyens d'un pays. C'est pourquoi, la majorité de Congolais s'attache à la tenue du dialogue inclusif pour que les politiciens lavent leurs linges sales en famille, et redonnent la joie à leurs compatriotes de l'Est qui ont tant souffert depuis des années des affres de la guerre.
Muke MUKE