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L'insalubrité s'accroche à la ville de Kinshasa
Alors que l'hôtel de Ville de Kinshasa se démène comme un diable dans un bénitier pour redorer à la métropole rd congolaise sa belle image d'antan, la population ne semble rien comprendre. Pour preuve, les poubelles installées il y a quelques semaines, dans plusieurs endroits de principales artères, ne sont pas utilisées à bon escient. Une petite enquête minute effectuée principalement à la commune de Mont Ngafula révèle que les habitants de cette municipalité n'ont pas la culture de recourir à ces récipients.
À Matadi Kibala, Cité Mama Mobutu, Triangle de la Cité Verte, plus loin au Rond-point Ngaba et même à la place UPN où grouille un monde indéchiffrable, les passants se comportent comme si ces poubelles ne se situaient pas à leur portée. Beaucoup préfèrent jeter leurs sachets en plastique sur la voie publique au lieu de les jeter dans les récipients installés pour ce faire.
Objectivement parlant, cette situation déplorable est due essentiellement à deux niveaux de responsabilité. En amont, il y a l'hôtel de Ville qui, à travers son ministère provincial qui a l'environnement sous sa tutelle, aurait dû mener une campagne de sensibilisation tambour battant auprès de la population pour ce nouveau mode de comportement. Ayant fait confiance aux Kinois, oubliant que tous n'ont pas le même niveau d'études, l'Exécutif provincial a largué les poubelles sûr qu'elles seraient utilisées correctement. Malheureusement sur le terrain, les choses se passent autrement. L'hôtel de Ville a aussi perdu de vue d'associer les bourgmestres et même les chefs de quartier dans cette opération. Pour une population comme celle de Kinshasa connue pour son incivisme, il fallait s'attendre à une résistance au changement lui imposé. Des gens qui jettent allègrement des immondices dans les caniveaux, devant leurs habitations sans la moindre gêne et qui fréquentent les restaurants malewa au bord de la crasse, ne peuvent pas facilement adhérer à un nouveau mode de vie sans un martèlement.
Dans son adresse à la jeunesse le week-end dernier, le chef de l'État est revenu longuement sur la responsabilité des Congolais sur la détérioration de la situation de leur pays. La non utilisation des poubelles mises à leur disposition pour déverser les déchets est un cas de figure.
Faut-il recourir aux représailles ?
Quand bien même certains inciviques justifieraient leur comportement par le fait que ces poubelles ne sont pas évacuées une fois remplies, l'autorité ne doit pas les laisser faire. Il n'est pas autorisé aux citoyens de transgresser la loi parce que l'autorité a failli quelque part à sa mission. Il y a tout d'abord un problème de conscience et de morale qu'il faut respecter.
Le cas de poubelles n'est pas l'unique où l'on constate que les indisciplinés défient ostentatoirement l'autorité établie. Pour preuve, il y a peu l'hôtel de Ville avait adressé un ultimatum aux vendeurs pirates qui exposent leurs produits sur la voie publique d'évacuer les lieux. Jusqu'à ce jour, ils sont encore là, exerçant leur activité en toute quiétude. Tel est également le cas avec les détenteurs de débits de boisson qui jouent à tue- tête leur musique comme s'il n'existe aucune interdiction en la matière. Si les pasteurs qui nous apprennent le respect des commandements n'obéissent pas à la loi de l'État sur les perturbations sonores, leurs fidèles ne peuvent que marcher à leur suite.
C'est pourquoi, pour faire respecter la loi, l'autorité est contrainte d'user de la rigueur. Lex dura sed lex ( la loi est dure mais c'est la loi) dit un célèbre et vieil adage.
À Kinshasa, pour le cas de poubelles et d'autres instructions bafouées par les hors-la-loi, seule la répression peut les faire revenir à la règle. Bien sûr, il faudra éviter les dérapages de la part des forces de l'ordre.
Muke MUKE