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GREVE SANS PREAVIS DES ADMINISTRATIFS DE L'ASSEMBLEE NATIONALE HIER : Jean-Claude Tshilumbayi reçoit son premier baptême du feu
Pas facile d'être Jean-Claude Tshilumbayi, Président intérimaire de l'Assemblée nationale, pour faire face à la pression des cadres et agents de l'Administration publique, rattachée à cette chambre du Parlement rd congolais. Hier lundi 29 septembre, le hall du Palais du peuple, siège du Pouvoir législatif, a offert une ambiance inhabituelle à ses visiteurs. Pas de listes de présences. Tous les bureaux fermés. Les fonctionnaires, visiblement très en colère, ont embouché des sifflets pour revendiquer leurs droits. C'est donc cette saga qui a caractérisé la Chambre des représentants, aux heures supposées de travail.
Les administratifs, vent debout face au Bureau de leur institution, ont donc entamé une grève sans préavis, à l'appel de leur banc syndical. Ne voulant plus continuer d'être traités comme de simples employés n'ayant que des obligations, les fonctionnaires de l'Assemblée nationale ont choisi cette voie légitime pour manifester leur mécontentement. Pas une surprise. L'alerte avait déjà été lancée le vendredi 26 septembre, à l'issue de la rencontre avec Christophe Mboso, le plus âgé des députés nationaux et 2ème vice-Président de la Chambre basse du parlement.
" LA DIGNITE ET LES DROITS NE SE NEGOCIENT PAS"
Comme dit précédemment, une forte mobilisation des Cadres et agents de l'Assemblée nationale, a été observée le vendredi dernier au Palais du peuple. Occasion pour les syndicalistes de lancer un appel à la grève, au cas où le Bureau, provisoirement présidé par Jean-Claude Tshilumbayi, ne donnait pas une suite favorable à leurs désidératas.
"Trop, c'est trop. La dignité et les droits des Cadres et agents de l'Assemblée nationale ne se négocient pas. Restons unis et déterminés. Seule la lutte libère. Nous ne quémandons rien. Nous exigeons nos droits. Et, rien ne nous détournera de cet objectif", hurle un membre du syndicat, rencontré hier au pied de l'ascenseur qui mène au bureau très convoité du Président de la Chambre des élus au premier degré.
Exprimant leur gratitude à Christophe Mboso qui les as écoutés vendredi et qui leur prêté une oreille "attentive", les fonctionnaires de la Chambre basse du Parlement attendaient donc du 1er vice -Président Jean-Claude Tshilumbayi, "une posture digne de père de famille", selon leurs propres termes.
"Prenez la juste mesure de nos préoccupations et apportez-y des solutions concrètes dès lundi. Vous aurez notre soutien", écrit le banc syndical de l'Administration de l'Assemblée nationale, dans une mise au point vendredi. Dans un document qui circule sur le net depuis plus de 72 heures, les fonctionnaires de cette chambre parlementaire exigent l'augmentation au triple de leurs primes, qu'ils considèrent comme la conséquence logique de la révision à la hausse, de l'enveloppe allouée à l'Administration au même titre que celle des députés nationaux.
Par ailleurs, ils demandent avec insistance le paiement sans atermoiement, des frais d'assistance scolaire, ainsi que les frais liés à l'achat des habits pour la session ordinaire de mars dernier et celle de septembre en cours. Pas seulement. L'amélioration réelle du social des cadres et agents, notamment par l'accès aux soins de santé de qualité, figure également parmi les principales revendications du personnel administratif de l'Assemblée nationale.
A en juger par la manif d'hier, d'aucuns pensent que le speaker intérimaire de l'Assemblée nationale n'a pas, voulu rencontrer les délégués syndicaux. Car, après leur rencontre de vendredi dernier avec Christophe Mboso, ces derniers avaient préconisé un face-à-face, hier lundi 29 septembre, avec Jean-Claude Tshilumbayi en vue d'une issue concertée. Ce qui, visiblement, n'a pas été le cas. Ceci pourrait donc expliquer cela.
De l'avis de certains cadres de l'administration ayant requis l'anonymat, le Président intérimaire de leur institution aurait donc hérité une situation quelque peu complexe, essentiellement caractérisée par plusieurs litiges, quant aux droits du personnel administratif.
"Mais cela ne peut servir de prétexte pour ne pas respecter nos droits. On a procédé à un recrutement -presque aveugle - du personnel, oubliant que cela avait un prix à payer à court, moyen et long terme. Ce n'est pas là notre problème. Les politiques qui nous emploient ne peuvent donc se prévaloir de leur propre turpitude. A ce jour, il y a pléthore des effectifs. Des agents sans aucune affectation réelle mais pris en charge par les finances de notre Chambre. Le bureau n'a qu'à assumer. Ce qui nous importe, c'est le respect de nos droits", dit-il sur un ton ferme.
Tout bien considéré, plus d'un observateur pense que Jean-Claude Tshilumbayi, en sa qualité de Président intérimaire de l'Assemblée nationale, devrait se garder d'agir comme un OPJ à compétences générales. Autrement, il est des actes qu'il ne devrait pas poser pendant la période d'intérim, quand bien même que c'est le Président de la Chambre qui est l'ordonnateur des dépenses. Quoi qu'il en soit, d'aucuns considèrent la grève à l'Assemblée nationale comme un premier baptême du feu reçu par le successeur de Vital Kamerhe.
Grevisse KABREL