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Fermeture des églises non en règle : Constant Mutamba, va-t-il réussir le pari ?
Le tout nouveau ministre de la Justice, Constant Mutamba a débuté son mandat de façon tonitruante. Il a annoncé un train de mesures qui, une fois matérialisées, vont sans doute donner une impulsion au système judiciaire congolais. De la traque des détourneurs des deniers publics à la suppression du fameux F92 en passant par la fermeture des Eglises non en règle avec l’Etat, le Garde des sceaux congolais tient à montrer à l’opinion nationale qu’avec un peu de détermination, il y a moyen de mettre de l’ordre dans le pays.
Parmi les mesures annoncées, celle portant fermeture des Eglises non en règle avec le ministère de la Justice est la mesure qui nous paraît intéressante. C’est un défi compliqué à relever. Avant lui, beaucoup d’autres ministres, et même la police nationale se sont essayés sur cette voie mais sans succès. La principale difficulté est le fait que bon nombre de ces églises sont fréquentées par certains hauts responsables du pays qui, malheureusement, oublient que leurs pasteurs enfreignent la loi contre les nuisances sonores. Souvent ce sont eux qui s’ érigent en leurs défenseurs. Comme dans notre pays le trafic d’influence est pratiquement institutionnalisé, ces bonzes font pression sur le ministre de la Justice ou sur les autorités de la police pour empêcher la fermeture de leurs lieux de prière. Le ministre Mutamba a bien fait de commencer par sensibiliser les responsables des confessions religieuses qui coordonnent les Eglises qui pullulent au pays.
Normalement, les vrais hommes de Dieu devraient être les premiers à respecter les lois du pays à l’exemple de Jésus-Christ qui ne s’est pas opposé au paiement de l’impôt dû à l’empereur César. Malheureusement en RDC, chacun se comporte comme il veut et il entend.
Pour réussir ce pari et laisser ainsi son nom dans les annales de l’histoire de la justice en RD Congo, Constant Mutamba davrait s’abstenir de toute complaisance et demeurer ferme dans sa position. Lex dura sed lex, (la loi est dure, mais c’est la loi), comme disent les Romains.
Cependant, bien qu’il se soit réuni avec les responsables des confessions religieuses, il reste ces Eglises indépendantes qui sont des électrons libres qu’il faut absolument maîtriser. La plupart d’entre elles ont été créées de manière anarchique par des pasteurs auto proclamés qui n’ont suivi aucune formation théologique. Leurs premiers intérêts sont des gains pécuniaires tirés des offrandes de leurs fidèles mais qu’ils gèrent à leur guise. Aucune œuvre sociale n’est réalisée alors qu’avec ce que les fidèles apportent, il devrait y avoir quelques bonnes réalisations.
Lutte sans merci contre les inciviques et les indisciplinés
Pour revenir sur la question des nuisances sonores diurnes et nocturnes provoquées par certaines Eglises, le ministre devrait mener la lutte contre ce fléau en collaboration avec la Police nationale et les parquets. La loi réprimant ce délit existe bel et bien, mais elle souffre de la non-application. Pour le moment, il est question que le ministre active tous les services concernés par sa mise en œuvre efficace pour que les choses marchent correctement et que les récalcitrants soient sévèrement sanctionnés.
En outre, cette question des nuisances sonores ne concerne pas uniquement les Eglises, mais aussi les débits de boissons qui distillent la musique à tue-tête. Ces Eglises et ces débits de boissons se comportent comme s’ils étaient dans une jungle où règne un grand désordre. En plus, les veillées mortuaires dans des endroits non couverts doivent être réglementées pour ne pas perturber la quiétude des riverains.
Par ailleurs, il existe d’autres conduites répréhensibles auxquelles la population s’est habituée mais dont la justice doit se saisir. Il s’agit notamment de l’occupation anarchique des servitudes sur les voies publiques par les propriétaires des restaurants de fortune, les propriétaires des garages, les personnes qui ont construit au mépris de la législation foncière, la vente de la drogue, etc…
Pour que la population sente le vent de changement dans le pays, le secteur de la justice doit bouger. On doit constater que la récréation a effectivement pris fin. Les inciviques et autres indisciplinés doivent être traqués jusqu’à leurs derniers retranchements. Il est vrai que le combat contre les antivaleurs est difficile et compliqué, mais pour avoir suscité l’espoir au sein la population, le ministre Mutamba est appelé à réussir son pari. Et la population est derrière lui.
Muke MUKE