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Faux procès contre Modeste Bahati Lukwebo
*Tout en relayant le ras-le-bol des populations meurtries du Kivu face à l’impuissance des Casques bleus, le leader de l’AFDC avait pris soin de marteler à haute et intelligible voix que cette demande de retrait se fasse sans violence.
Gare à l’intox! Le président du Sénat n’a jamais appelé à la violence contre les locaux de la Monusco à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Il est hors de question de mettre cela dans le dos du speaker de la chambre haute du Parlement. La population de Goma qui vit l’inaction des troupes onusiennes tous les jours face aux atrocités dont elle est victime quotidiennement de la part des groupes armés, a agi de son propre gré.
C’est la conclusion que tout analyste sérieux peut tirer de cette affaire, en revisitant minutieusement le discours tenu par Bahati Lukwebo récemment dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Emu par les plaintes de la population locale, MBL avait certes encouragé le retrait des troupes Onusiennes, mais pas dans la violence. Le leader de l’AFDC et notable du Grand Kivu a, en écho au voeu unanime des populations locales, appelé au retrait de la Monusco tout en prenant soin de demander à ses compatriotes de ne pas les bousculer ou les brutaliser.
«Nous avons ici une grande force de plus de 20.000 hommes. Cependant, depuis 22 ans, nous n’avons pas eu la paix. Maintenant, nous devons nous mêmes nous assumer. Sans les bousculer, nous demandons qu’ils puissent partir. Pas de brutalité. Nous devons leur demander tranquillement de se retirer. Nous-mêmes allons assurer notre sécurité. Nous demandons sans délai que la Monusco puisse se retirer. Nous demandons aussi à la population de ne pas les bousculer. Ils ont fait ce qu’ils pouvaient faire. Malheureusement, nous ne pourrons plus rien à attendre d’eux. Qu’ils partent dans la paix. Nous-mêmes allons allons nous organiser», avait déclaré Modeste Bahati Lukwebo.
UNE MONUSCO ABONNÉE AU SERVICE MINIMUM
On voit donc qu’à aucun moment, le président du Sénat de la RDC n’a appelé à la violence contre les installations de la Monusco. Quant au fond, qui reprocherait au leader de l’AFDC, originaire de l’Est, de formaliser le ras le bol des kivutiens face à une Monusco abonnée au service minimum alors que le pays est manifestement agressé. Qui trouverait à y redire quand un homme d’Etat et patriote congolais -Bahati en est un- en appelle à une auto prise en charge concernant la souveraineté du pays. Ce, en invitant les jeunes à s’enrôler dans l’Armée nationale pour défendre la patrie.
Du reste, l’appel patriotique empreint de responsabilité du sénateur Bahati depuis son fief – l’ensemble du Kivu- a trouvé un écho favorable à travers tout le pays. Il n’est secret pour personne. C’est pratiquement l’ensemble de la population congolaise qui souhaite aujourd’hui le départ de la Monusco qui se caractérise par une inaction doublée d’un mutisme inquiétant face à la énième agression à laquelle la RDC fait actuellement face de la part de ses voisins, notamment le Rwanda qui se cache derrière les rebelles du M23.
«Nous avons demandé à ce que nous puissions nous assumer nous-mêmes, étant donné que nous pouvons plus compter sur les promesses de la communauté internationale», avait précisé le professeur Modeste Bahati Lukwebo. A travers la Monusco, la population congolaise pointe du doigt l’ensemble de la communauté internationale qui fait preuve de deux poids deux mesures au sujet du génocide perpétré sur le territoire national, par les voisins de la RDC, depuis plusieurs décennies.
SOLIDARITÉ INTERNATIONALE A GÉOMÉTRIE VARIABLE
Selon les chiffres des Nations-Unies, le coût humain dû à la guerre à l’Est de la RDC s’élève à 3,9 millions de personnes, rien qu’entre 1998 à 2004. Des chiffres qui donnent des frissons. Cela, sous le silence complice de la Communauté internationale. Lorsqu’on voit l’attention dont bénéficie l’Ukraine aujourd’hui, il y a de quoi crier à la solidarité internationale à géométrie variable.
Certes, la violence est condamnable et ne peut rien résoudre. Mais après avoir admis cette considération, il convient de reconnaître que les manifestations spontanées observées à Goma est l’expression du ras le bol d’une population abandonnée à elle-même face aux agressions récurrentes des groupes armés. Il n’ y a donc pas lieu de parler d’une quelconque manipulation.
UNE AUTO-PRISE EN CHARGE ?
Vu de certains analystes, au-delà des critiques, les attaques des installations de la Monusco hier par les habitants de Goma peuvent être interprétées comme un signal fort adressé à la communauté internationale. C’est dire, qu’à défaut de quitter carrément le territoire national congolais, parce qu’inutile, la Monusco a intérêt à requalifier son mandat, afin de permettre à ce que son impact sur la sécurité dans la partie Est de la RDC soit de plus visible.
On ne doit pas se voiler la face. Si rien n’est fait dans ce sens, il n’est pas exclu qu’on assiste, dans les jours à venir, à des attaques contre les installations onusiennes dans les autres coins de la partie Est de la RDC, voire du pays entier. Preuve que le peuple congolais a comme l’impression que la Monusco, mieux la nébuleuse communauté internationale de manière générale, joue le jeu des ennemis qui alimentent les groupes armés afin de profiter du chaos pour procéder au pillage massif des ressources naturelles du pays de Patrice Emery Lumumba.
La ville de Goma a connu une atmosphère particulière hier. En marge d’une manifestation interdite par le maire de la ville, la population locale s’est attaquée aux locaux de la Monusco, exigeant son départ du territoire national congolais. Dans un communiqué rendu public par la suite, le représentant spécial adjoint en charge des opérations et chef de mission par intérim, M. Khassim Diagne, a appelé à l’apaisement et à la retenue. Orly-Darel NGIAMBUKULU