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* »Les Etats-Unis ne peuvent pas soutenir le Rwanda et fermer les yeux devant la réalité selon laquelle Kigali fomente la rébellion et la violence dans d’autres parties du continent « , écrit Robert Ménendez au Secrétaire d’Etat Antony J.Blinken.
Le gouvernement du Rwanda dans l’œil du cyclone? Les soutiens de Kagame en auraient-ils assez des agissements de leur protégé? C’est suffisamment rare pour être souligné. Dans une correspondance datée du 20 juillet, dont une copie est parvenue à Forum des As, Robert Ménendez, président de la Commission des Affaires Étrangères au Sénat des États-Unis, a adressé une correspondance inhabituelle à Antony J. Blinken, Secrétaire d’État américain, lui demandant d’entreprendre un examen complet de la politique américaine envers le Rwanda.
Dans sa lettre, Robert Ménendez s’inquiète du « mépris continuel du Gouvernement du Rwanda sur les droits de l’homme et la Démocratie, et la nécessité d’une politique américaine plus efficace contre celui-ci« .
Au nombre de faits qui sont reprochés à l’homme fort de Kigali, outre « ses efforts pour faire taire les journalistes, les activistes des droits humains, et la voix de l’opposition à l’intérieur et aussi à l’extérieur du Rwanda« , Robert Ménendez cite également » les actions de déstabilisation régionale en Afrique centrale » dont » la réactivation du M23 en tant que milice par procuration« .
Le président de la Commission des Affaires Étrangères au Sénat des États-Unis, explique au Secrétaire d’Etat Antony Blinken que « l’armée rwandaise a été accusée de manière crédible de soutenir les rebelles du M23 en RDC et de déployer ses soldats au-delà de ses frontières en RDC. »
Robert Ménendez rappelle également qu’à la fin des années 1990, « le Rwanda et l’Ouganda avaient envahi la RDC, déclenchant une guerre régionale qui, selon le International Rescue Committee, avait causé pas moins de 5,4 millions de morts de 1998 à 2007 en raison du conflit, provoquant une crise humanitaire. »
Ce n’est pas tout. En 2012, écrit-il, « le Rwanda avait de nouveau cherché à violer la RDC en soutenant les rebelles du M23 qui avaient capturé la ville de Goma, en tuant des centaines de civils et en déplaçant plus de 100 000 personnes. Dix ans plus tard, en 2022, le Rwanda a de nouveau envoyé des troupes à travers la frontière de la RDC et a réactivé le M23 en tant que milice par procuration, désormais responsable du meurtre des civils congolais, des troupes congolaises et des casques bleus de l’ONU. «
C’en est trop. Robert Ménendez fait voir au Secrétaire d’Etat Blinken que cette politique à l’égard duRwanda est de plus en plus en décalage avec les intérêts et les valeurs américaines. Il confie que Les États-Unis ont alloué plus de 147 millions de dollars d’aide étrangère au Rwanda en 2021, et ont proposé 145 millions de dollars pour l’exercice 2023, faisant des États-Unis le plus grand donateur bilatéral du Rwanda. En plus, indique Ménendez, « l’armée rwandaise reçoit une aide et une formation américaines en matière de renforcement des capacités. Au cours des derniers mois, l’Administration américaine a pris des mesures contre d’autres gouvernements responsables du ciblage des dissidents à l’étranger. »
« Non seulement le Rwanda bafoue les lois américaines en ciblant les dissidents à l’intérieur des États-Unis, le Rwanda semble être le seul gouvernement étranger au monde qui est considéré par les États-Unis comme un partenaire et un allié, en dépit du fait qu’il détient injustement un résident américain. J’exige une explication sur ce que fait le Département d’État pour répondre aux actions du Rwanda ciblant les dissidents et les personnes résidant aux États-Unis et ailleurs », tonne Ménendez.
Il ne s’arrête pas. « En réponse au ciblage par le Rwanda des résidents américains aux États-Unis et à ses efforts pour déstabiliser davantage la RDC voisine, l’Administration américaine pourrait également envisager de renvoyer au Rwanda tout responsable militaire ou gouvernemental rwandais se trouvant actuellement aux États-Unis pour participer au Programme International d’Éducation et de Formation Militaires (IMET), et suspendre toute autre assistance militaire au Rwanda« , menace le président de la Commission des Affaires Étrangères au Sénat des États-Unis.
Ce dernier promet d’examiner attentivement toute aide sollicitée au Congrès en faveur du Rwanda, et de faire suspendre toute assistance d’ordre sécuritaire, en commençant par plusieurs millions de dollars en soutien aux casques bleus rwandais. Ménendez dit craindre que tout soutien américain à l’armée rwandaise alors qu’elle est déployée en RDC en soutien aux rebelles responsables d’attaques contre des civils congolais, des troupes congolaises et des soldats de la paix de l’ONU, « puisse envoyer un signal troublant que les États-Unis approuvent tacitement de telles actions. Les États-Unis ne peuvent pas soutenir les contributions rwandaises au maintien de la paix dans certaines parties de l’Afrique tout en fermant les yeux devant la réalité selon laquelle le Rwanda fomente la rébellion et la violence dans d’autres parties du continent. »
Le vent serait-il en train de tourner pour Paul Kagame, longtemps chouchouté par l’Occident ? Wait and see. Didier KEBONGO