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Douglas Nkulu entame-t-il le « chemin de croix » de Jean-Marc Kabund?
* Dans une correspondance datée du lundi 18 juillet, le bourgmestre de Limete enjoint au nouvel opposant du Président Félix Tshisekedi de suspendre les travaux.
Les ingénieurs et autres ouvriers recrutés pour la construction d’un stadium au terrain Waya Waya, au quartier Kingabwa dans la commune de Limete, sont désormais mis au chômage, à la suite d’une décision de l’autorité municipale exigeant la suspension immédiate des travaux.
Dans une correspondance datée du lundi 18 juillet courant, avec ampliation aux différentes autorités urbaines, dont le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Douglas Nkulu motive sa décision par ce qu’il qualifie d’irrégularité, dans l’acquisition de ce terrain où le tout nouvel opposant au Président Félix Tshsekedi, Jean-Marc Kabund-A-Kabund, a englouti des centaines de milliers de dollars américains pour la construction d’un stadium plus ou moins moderne.
Sans se cacher derrière des euphémismes qui, peut-être, ne feraient pas passer clairement son message, le bourgmestre de Limete parle d’une acquisition frauduleuse des espaces verts appartenant à l’Etat congolais. A la fraude, Douglas Nkulu reproche à l’acquéreur, la violation des textes réglementaires en vigueur dans le secteur du cadastre.
« Je constate avec regret, la violation flagrante de l’article 20 du décret-loi du 20 Juin 1957 sur l’urbanisme au Congo. A cet effet, je vous enjoints dès réception de la présente, de procéder à la suspension de vos travaux de construction », dit-il dans sa correspondance sus-évoquée qui, de bonne heure, a atterri hier mardi sur les réseaux sociaux.
En plus de l’obligation de la suspension des travaux sans aucun préalable, l’autorité la municipalité de Limete, surnommée « commune présidentielle » par nombre de Kinois partisans du régime, invite sans le citer nommément, le responsable des travaux sur le terrain Waya Waya situé au quartier Mbamu, à se présenter au service de l’Urbanisme de son administration. En cas de refus d’exécution, Douglas Nkulu promet de passer à la vitesse supérieure. « Une réquisition des forces des forces de l’ordre est déjà signée, enjoignant à la Police nationale congolaise (PNC), de vous appliquer la rigueur de la loi« , conclut-il.
EST-CE LE DEBUT D’UNE SERIE ?
Que le bourgmestre de Limete tape du poing sur la table, pour remettre de l’ordre dans le secteur foncier de sa juridiction, personne ne le lui reprocherait. La protection des domaines de l’Etat faisant partie des obligations des responsables des communes, Douglas Nkulu aura donc ainsi été dans les limites de ses prérogatives. Là non plus, il n’y aurait aucun reproche à lui faire.
Cependant, sortir de son contexte, cette décision du bourgmestre de Limete, on tombe dans le prétexte. Nombreux ont été hier, des Kinois qui se sont interrogés sans répondre, sur les ressorts de cette mesure. « Ce n’est pas hier que le terrain Waya Waya a été spolié, si spoliation il y a. Les travaux y ont été engagés depuis plus d’une année. Pourquoi la décision de l’autorité urbaine tombe seulement maintenant, 12 heures après la conférence de presse de Jean-Marc Kabund tenue le lundi 18 juillet à son domicile » ? Ainsi s’interrogent de nombreux observateurs kinois qui n’ont pas hésité de rattacher la décision de Douglas Nkulu, à la sortie médiatique (très chahutée ?) de l’ancien président ad intérim du parti présidentiel et 1er vice-président de l’Assemblée nationale.
Etat de droit à géométrie variable
Au demeurant, doit-on tout de suite pensé que l’ancien statut social du responsable des travaux mis en cause, n’ont pas permis au bourgmestre de se rendre compte de la spoliation du site et de la violation des textes légaux dont il parle dans sa lettre ? Si c’est cela, ce cas rappelle plusieurs autres passé sous silence, à cause soit du statut social des personnes concernées, soit de leur influence ou connexion à ceux qui gèrent l’Etat au quotidien.
Dans ces conditions, la loi définie comme une disposition générale opposable à tous, devient un outil au service des gestionnaires contre l’écrasante majorité constituée des « sans-voix« . Ce qui phagocyte, à défaut de le frelater, l’Etat de droit tant présenté comme la doctrine du régime politique qui a succédé à celui de Joseph Kabila. Car, on ne peut pas comprendre qu’une même situation, qu’un même acte soit en même temps légal et illégal, selon que l’auteur est au pouvoir ou qu’il n’y est plus. En somme, une espèce d’Etat de droit à géométrie variable.
Tout bien considéré, nombre d’observateurs anticipent -peut être de manière hâtive- pour dire que la décision du bourgmestre de Limete n’est que le début d’une série d’actions contre Jean-Marc Kabund qui, lundi, a accusé le président Félix Tshisekedi de plusieurs maux. Notamment, « l’incompétence au sommet de l’Etat« , « le manque de vision politique claire et de leadership convaincant« , en plus « de l’institutionnalisation de la corruption, du détournement des deniers publics et de l’instauration d’un régime de jouisseurs« .
Vu de ce contexte, d’aucuns pensent que Douglas Nkulu aura ainsi entamé le chemin de croix, mieux le martyr Kabund qui, aux yeux de plus d’un, ne serait encore qu’à ses débuts. Grevisse KABREL et Rachidi MABANDU