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Dotation présidentielle en maïs : le Service national remet 21.000 sacs de semoule à l’UNIKIN
Après Lubumbashi, la solidarité présidentielle a fait escale à Kinshasa. Sur la colline inspirée de l’Université de Kinshasa, l’année 2026 s’est ouverte sous le signe du partage, de la reconnaissance et de l’espérance retrouvée. En ce premier samedi de l’an, 21.000 sacs de semoule de maïs de 12,5Kg chacun ont été remis aux étudiants de six grandes universités et instituts supérieurs publics de la capitale.
Un geste fort, à la fois symbolique et profondément concret, posé au cœur d’une jeunesse longtemps confrontée à la précarité, à la débrouille et au silence de l’oubli. Alignés par milliers sur l’esplanade du campus, les sacs de semoule du maïs produit localement racontent une autre histoire : celle d’un État qui tend la main à ses étudiants et choisit de nourrir l’avenir.
La remise officielle de cette dotation du Chef de l’État a été conduite par le Service national, sous l’autorité de son commandant, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik. À travers cette opération, le pouvoir central affirme une volonté claire : replacer l’étudiant congolais au centre des politiques publiques, notamment en cette période des fêtes où les inégalités sociales se font plus visibles.
Plus qu’une simple distribution de vivres, l’acte se veut un message politique et social fort. Il traduit l’engagement du président de la République à accompagner la jeunesse, non seulement par les discours, mais par des actions tangibles capables d’impacter le quotidien.
“Un ventre affamé n’a point d’oreille” dit-on
Pour le recteur de l’Université de Kinshasa, le professeur Jean-Marie Kayembe Ntumba, la portée du geste ne souffre d’aucune ambiguïté. Devant les autorités académiques, les responsables du Service national et une foule d’étudiants attentifs, il rappelle une vérité universelle :
« Un ventre affamé n’a point d’oreille. Est-ce qu’on pouvait mieux penser pour la jeunesse congolaise que de lui fournir à manger ? »
Selon lui, nourrir l’étudiant, c’est lui permettre d’écouter, d’apprendre, de réfléchir et de construire. C’est aussi une invitation à une jeunesse active, engagée dans la production des richesses nationales.
« Le Président parle de la revanche du sol sur le sous-sol. L’agriculture et l’exemple du Service national sont plus qu’un modèle à suivre », souligne le recteur, saluant une initiative qu’il qualifie d’« acte d’une importance capitale ».
Sur le campus, l’émotion est palpable. Pour beaucoup d’étudiants, cette dotation représente bien plus qu’un sac de farine. Elle est un symbole de considération, une reconnaissance longtemps attendue. Après la remise de bancs et pupitres, la réhabilitation de certaines infrastructures et aujourd’hui cette aide alimentaire, les étudiants sentent peu à peu renaître un lien avec l’État.
« Hier, nous étions contents avec les bancs. Aujourd’hui, nous sommes contents avec le sac de farine », confie un étudiant, la voix empreinte de gratitude.
Un autre ajoute : « Nous savons qu’aujourd’hui, tous les étudiants n’ont pas la facilité de se procurer des denrées. Avec ce don, certains vont manger à leur faim. »
Les mots sont simples, parfois maladroits, mais profondément sincères. Ils traduisent une réalité quotidienne souvent tue : étudier le ventre vide reste l’un des défis majeurs de la jeunesse universitaire congolaise.
Si les remerciements dominent, les attentes ne s’éteignent pas pour autant. Les étudiants espèrent davantage de la part de celui qu’ils qualifient de « grand chancelier » de l’enseignement supérieur et universitaire, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Pour eux, ce geste doit s’inscrire dans la durée et annoncer un véritable renouveau de la politique estudiantine.
« Quand on investit dans les étudiants, ce sont les cadres de demain que l’on prépare », affirme un représentant estudiantin. « Avec ce Président, nous croyons que ce pays peut aller de l’avant. »
“Nos étudiants et nos établissements d’enseignement supérieur ne doivent plus jamais être orphelins.”
Prenant la parole, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a replacé l’initiative dans son contexte historique.
« Il y a près de quarante ans, l’État congolais avait fermé les restaurants universitaires. Privé de bourse, l’étudiant devait se débrouiller seul pour se nourrir », a-t-il rappelé.
Pour le Chef de l’État, insiste-t-il, cette situation ne peut plus perdurer. « Nos étudiants et nos établissements d’enseignement supérieur ne doivent plus jamais être orphelins. »
Dans cette optique, le Service national annonce l’ouverture prochaine de cantines estudiantines et l’extension de cette opération de solidarité à d’autres universités et instituts supérieurs à travers le pays.
La cérémonie s’est achevée dans le recueillement. Une minute de silence a été observée en mémoire des étudiants vivant dans des zones affectées par l’insécurité, notamment dans l’Est du pays. Un instant solennel, chargé d’émotion, suivi d’une promesse ferme : aucune université ne sera oubliée.
À l’UNIKIN, en ce début d’année 2026, la semoule de maïs n’a pas seulement rempli des sacs. Elle a redonné de la voix à une jeunesse trop souvent contrainte au silence, ravivé l’espoir et rappelé que nourrir l’étudiant, c’est investir dans l’avenir de la République.
Jérémie ASOKO