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Dépénalisation des délits de presse : enfin, un moratoire en vue !
* Le Président Félix-Antoine Tshisekedi l’a annoncé hier lors de l’ouverture des travaux des états-généraux de la communication et médias
* Ces assises se justifient par l’urgence d’arrimer le paysage médiatique congolais aux enjeux de la numérisation tous azimuts, a indiqué par ailleurs, le ministre Patrick Muyaya
Réclamés à cor et à cri, les états généraux de la Communication et Médias sont sur les rails. Et ce, après deux décennies d’intervalle. Ces assises tant attendues ont effectivement démarré hier mardi 25 janvier. A la manoeuvre, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a annoncé que le gouvernement envisage d’accorder un moratoire sur la dépénalisation de délit de presse… en attendant le vote d’une loi appropriée.
« La balle étant dans votre camp, il vous revient donc de renforcer les organes de régulation et d’autorégulation, de vous assurer que ceux qui exercent le métier le font de manière professionnelle. Car, l’exercice de la liberté de la presse vous confère des droits, autant qu’il vous donne des obligations« , a souligné, de prime abord, le chef de l’Etat.
« Cette liberté, a-t-il indiqué, n’est pas à confondre avec le libertinage. Elle a pour limites les prescrits de la Loi, le respect des bonnes mœurs, les impératifs liées à la sécurité du pays… C’est ainsi que je me sens dans le devoir de vous exhorter à faire preuve de plus de responsabilité dans la manière de l’exercer à travers vos différentes prestations« .
Conscient de la pauvreté ambiante qui entame l’objectivité et l’impartialité du journaliste, Félix Tshisekedi a indiqué qu’il entend avec Impatience les conclusions des travaux de la commission sur la viabilité des organes de presse, afin de voir comment le gouvernement peut les aider à la mesure de ses possibilités.
PREPARER LES MEDIAS A ETRE PUISSANTS

« Je suis, dit-il, conscient de vos difficultés qui sont inhérentes au contexte économique général du pays. Mais, la pauvreté des médias est l’une des formes les plus dangereuses de la pauvreté. Parce qu’elles empêchent les populations d’être pleinement informées de la marche de leur pays et du monde ».
« Je serai heureux de connaître les conclusions de vos échanges sur la viabilité économique des médias. Et nous verrons, dans la mesure du possible, comment nous pouvons nous impliquer pour relever ensemble ces défis et avoir des médias puissants, capables de mieux nous accompagner dans la marche pour le changement de narratif sur la République Démocratique du Congo« , a-t-il rassuré.
MOINS DE PRISONS POUR LE JOURNALISTE
Pour Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias, la responsabilité et le professionnalisme sont des préalables à toute dépénalisation. Il a insisté sur la nécessité, pour les professionnels de médias, de protéger la vie privée et les libertés individuelles.
Le patron de la Communication et Médias en RDC pense que la dépénalisation de délit de presse impliquerait l’instauration de dédommagement en lieu et place de l’emprisonnement pour des infractions telles que la diffamation et l’outrage envers les autorités publiques.
PAS DE QUARTIER POUR LES APPELS A LA HAINE
» Les incitations à la haine tribale et à la haine ethnique, l’apologie de certaines valeurs négatives ne devraient pas être concernés par cette dépénalisation. Il est hors de question de tolérer des discours de haine qui récusent la richesse de notre diversité culturelle et nient tant les valeurs démocratiques », a-t-il précisé.
Pour Patrick Muyaya, ces assises sont surtout l’occasion de réviser le cadre légal régissant le secteur de la presse et la profession du journalisme, afin de l’arrimer aux évolutions actuellement marquée par l’émergence des nouvelles technologies qui ont considérablement affecté ce secteur.
VERS LA CREATION D’UN ORDRE DES JOURNALISTES
Décriant les dérapages observés actuellement dans le chef de certains « journalistes » et la faiblesse des structures de régularisation et d’autorégulation, Patrick Muyaya a affirmé qu’il sera également question de réfléchir sur l’opportunité de créer un Ordre des journalistes, à l’instar de l’Ordre des avocats et de celui des médecins.
Président du comité préparatoire de ces assises, Eric Tshikuma a présenté le rapport des travaux menés dans trois commissions qui ont travaillé avant la tenue de ces assises . D’après lui, ces commissions ont travaillé sur la fiabilité et la viabilité des médias pour les consolider et en faire des entités fortes professionnellement et indépendantes ; sur l’actualisation et la mise en cohérence des textes légaux et réglementaires pour engager des réformes profondes en vue d’assainir l’espace médiatique et l’adapter aux impératifs des nouvelles technologies ; et sur la politique nationale de Communication pour s’inscrire dans la dynamique stratégique visant le développement des médias en RDC.
UN CADRE LEGAL POUR LES MEDIAS EN LIGNE
Selon Eric Tshikuma, les experts ont élaboré des avant-projets des textes légaux qui vont être adoptés et soumis à l’approbation du gouvernement à l’issue de ces assises.
Il s’agit principalement de la Loi sur l’exercice de la liberté de la presse. Cette loi est le résultat des états généraux de la presse, tenus en 1995. Aujourd’hui, une nouvelle modification s’impose pour donner un cadre légal à l’existence des médias en ligne, des radios communautaires…
Les autres avant-projets élaborés par les experts lors des travaux préparatoires de ces états généraux de la Communication concernent notamment la loi sur le statut du journaliste et la Loi sur l’accès à l’information publique.
Il s’en est suivi, après la cérémonie officielle, des travaux proprement dits dans les commissions. Ces travaux vont se poursuivre ce mercredi et demain jeudi. Ouverts hier mardi 25 janvier, les états généraux de la Communication et Médias vont se clôturer le vendredi 27 janvier. Orly-Darel NGIAMBUKULU