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Démolition à Pakadjuma: les élus de Mont-Amba alertent sur l'urgence humanitaire
La question sensible des démolitions de constructions anarchiques à Pakadjuma, dans la commune de Limete, s'est invitée au cœur des discussions entre le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Tenda, et des députés nationaux élus de la circonscription de Mont-Amba.
Au centre des échanges : l'impact social du programme de déguerpissement mené par la ville de Kinshasa sur des populations jugées vulnérables.
Reçus le mercredi par le ministre, les élus ont exprimé leurs inquiétudes face aux conséquences humaines des opérations en cours sur des sites appartenant à l'Onatra.
Selon eux, plusieurs familles, dont des personnes âgées, des femmes enceintes et des enfants, risquent de se retrouver sans abri du jour au lendemain.
Samuel Mbemba a reconnu la complexité du dossier. Il a rappelé que les occupations concernées sont juridiquement illégales et que les occupants avaient été mis en demeure par l'Onatra depuis plus d'un an, puis par la ville de Kinshasa dans le cadre des travaux engagés depuis six mois.
Toutefois, le ministre Mbemba insiste sur la nécessité d'une approche respectueuse des droits humains dans l'exécution des opérations.
" Les effets collatéraux sont là ", a-t-il souligné, évoquant la vulnérabilité de certaines familles. Il a indiqué avoir déjà échangé avec le Vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur ainsi qu'avec la ministre d'État aux Affaires sociales afin que la question soit portée au Conseil des ministres pour orientation gouvernementale.
Le ministère des Droits humains entend, pour sa part, attirer l'attention des exécutants du programme sur la protection des biens des populations concernées et sur la nécessité d'un encadrement social adapté. Samuel Mbemba plaide notamment pour l'octroi d'un délai de deux mois aux occupants afin de leur permettre de quitter les lieux " dans la paix ", sans destruction de leurs effets personnels.
Alors que les opérations se poursuivent sur le terrain, la gestion humanitaire et sociale de ces déguerpissements s'impose désormais comme un enjeu majeur pour les autorités, appelées à concilier légalité des occupations et protection des droits fondamentaux des citoyens.
Aux dernières nouvelles, le Gouvernement provincial aurait ordonné à la police de répertorier les familles des sinistrés et s'appréterait à donner 500 dollars par ménage qui serviraient des fonds de commerce aux mères de famille
Jérémie ASOKO