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DANS UNE INTERVIEW ACCORDEE A RTVS1, Fweley Diangitukua : » Nous devons gagner la guerre par nos propres efforts «
» La meilleure chose à faire est de nous organiser pour gagner cette guerre. Et la meilleure façon de nous organiser, ce n’est pas de faire venir les pays étrangers, cela nous place dans une situation de faiblesse. Après avoir échoué avec l’EAC, nous sommes en train d’échouer avec la SADC « , estime Fweley Diangitukwa dans une interview accordée à la RTVS1.
Dans cet entretien, le professeur des relations internationales et directeur de Tink Thank » Congo libre démocratique (CLD) « , Diangitukwa Fweley a abordé plusieurs sujets, notamment la diplomatie, la guerre d’agression de la RDC par le Rwanda, les voyages du chef de l’Etat.
Abordant le volet de la guerre, Fweley Diangitukwa n’a pas deux solutions dans sa gibecière. » Ce que nous devons faire absolument, toutes affaires cessantes, c’est de résoudre le problème par nous-mêmes. Nous avons les moyens, l’argent que nous utilisons pour payer les armées étrangères, mettons-le pour former les nôtres, achetons des armes les plus sophistiquées. Nous devons gagner la guerre par nos propres efforts, pas avec l’aide de l’EAC ni de la SADC. La priorité doit être la guerre. Si nous devons réduire le train de vie des institutions politiques pour organiser l’armée et gagner la guerre, il faut le faire « .
» La meilleure chose à faire est de nous organiser pour gagner cette guerre. Et la meilleure façon de nous organiser, ce n’est pas de faire venir les pays étrangers, cela nous place dans une situation de faiblesse. Après avoir échoué avec l’EAC, nous sommes en train d’échouer avec la SADC « , propose-t-il.
Il a souligné l’importance du rôle du ministère des Affaires étrangères dans la résolution des conflits, dans les voyages du chef de l’Etat. Mais en amont, ceux qui doivent être recrutés comme diplomates doivent bénéficier d’une solide formation dispensée dans des grandes écoles européennes comme la Haute école de Genève.
ON N’AVANCE PAS QUAND ON A UNE DIPLOMATIE BASEE SUR DES RELATIONS FAMILIALES
Pour ce professeur des relations internationales, la diplomatie du pays doit bénéficier d’une grande attention en ce qui concerne la formation des diplomates. « Combien de diplomates formés avons-nous aux Affaires étrangères ? » s’interroge-t-il. Ne doivent travailler comme diplomates que ceux qui le méritent.
Il a fustigé le fait qu’on rencontre parfois comme diplomates le frère de tel, la fille de tel autre, la sœur de tel autre encore. Conséquence, conclut Diangitukwa Fweley, » quand on a une diplomatie basée sur des relations familiales, nous ne pouvons pas avancer pour la simple raison que ce n’est pas le pays qui compte, mais ce sont des relations qui guident les Affaires Etrangères. Et ce n’est pas bon pour l’avenir d’un pays « .
En outre, le pays manque des gens qui font leur carrière toute leur vie au sein des Affaires étrangères, comme on en rencontre sous d’autres cieux. Ces diplomates qui forment un corps sont régulièrement consultés, même s’ils quittent les Affaires étrangères, par ceux qui sont encore actifs. » Et quand il y a des débats publics, on fait venir les experts, ceux qui ont participé dans des règlements des conflits, dans des périodes difficiles de notre pays. Nous traversons des périodes difficiles dans notre pays puisque ce corps n’existe pas « , déplore le directeur de CLD, en ajoutant qu’ » il est urgent qu’on s’arrête et qu’on réfléchisse sur le fonctionnement de ce corps « .
BRADAGE DES MINERAIS
Concernant la guerre du Congo qui dure depuis 1994, Fweley Diangitukwa se demande s’il y a des solutions proposées par les diplomates congolais qui ont eu un impact pour que le pays sorte de ce conflit avec le Rwanda. C’est plus les experts des Nations unies qui proposent des solutions, qui font des études.
Le politiste Diangitukwa a aussi évoqué le bradage que le pays fait de ses matières stratégiques, alors que des entreprises comme Google, qui est beaucoup plus riche que le Congo ; comme Yahoo, Tik-Tok qui s’enrichissent énormément grâce à ces minerais stratégiques. Et de tirer la sonnette d’alarme en ces termes : » Dans 10 ans, 20 ans, 30 ans, nous n’aurons plus les mêmes avantages. Quels auraient été les bénéfices de notre pays pendant cette période ? Que gagnons-nous par rapport aux autres alors que les autres alignent des armées qui viennent en association avec ceux qui sont dans la rébellion dans l’Est de notre pays pour piller davantage et s’enrichir « . » Ce qui se passe dans l’Est, ajoute-t-il, c’est une guerre volontaire, organisée et anticipée. Et nous-mêmes Congolais nous ne nous organisons pas et nous n’anticipons pas. Nous subissons et lorsque nous subissons, nous trouvons des solutions pour sortir du présent, alors que les gens qui nous mènent la guerre sont en avance par rapport aux solutions que nous proposons. Compte tenu de cette expérience, je nous invite à une réflexion sérieuse sur le fonctionnement de ce ministère des Affaires étrangères «
ECHEC TOTAL DES TROUPES DE L’EAC
Il est revenu également sur les troupes étrangères de l’EAC, de la SADC et du Kenya que la RDC avait fait venir pour combattre le M23 aux côtés des FARDC. Et pourtant, à l’époque M. Diangitukwa avait jugé inutile leur envoi en RDC, car il avait estimé que les Tutsi qui composaient les troupes de l’EAC ne pouvaient pas combattre leurs frères qui étaient engagés au Congo, il en était de même du Kenya à la tête de l’EAC, comme des troupes ougandaises. La réalité sur le terrain avait donné raison au professeur Fweley Diangitukwa car le résultat était » un échec total «
» Mais à la fin, a-t-on mené des discussions ouvertes pour rétablir les responsabilités sur les pertes financières que le Congo a subies à cause de cette mauvaise politique ? Non. Donc, des engagements individuels, personnels deviennent des engagements étatiques. C’est une réflexion sérieuse que nous devons mener. Je le dis parce que nous devons nous préoccuper de notre avenir. Les erreurs du passé servent à améliorer la politique de demain. Or, nous sommes dans les erreurs et nous continuons à commettre ces erreurs-là « , se plaint-il.
Le volet des voyages du chef de l’Etat Félix Tshisekedi n’a pas échappé à l’analyse de ce spécialiste des relations internationales. Ici, il a souligné l’importance du ministre des Affaires étrangères dans les voyages du président de la République ainsi que le rôle qu’il doit y jouer
ORGANISONS-NOUS POUR SORTIR MOINS
» Quand on veut connaître le sérieux qu’on accorde à un Etat, on observe les chefs d’Etat étrangers qui viennent en visite dans votre pays. C’est cela la base. Quand les chefs d’Etat étrangers se donnent la peine de venir vous rendre visite chez vous, c’est qu’ils accordent une importance capitale aux pays qui reçoit. Mais lorsque nous allons tout le temps, c’est que nous sommes dans le besoin. Essayons de nous organiser pour sortir moins et susciter les besoins de ceux qui ont besoin du Congo de venir au Congo. Ainsi le Congo va monter en prestige face au monde. J’espère que toutes ces visites sont sérieusement préparées en y associant à la fois le ministère des Affaires étrangères et les ministères concernés par les matières qui vont être traitées lors de la visite, y compris les experts au niveau académique « , a-t-il fait remarquer.
Il a conseillé qu’en raison du nombre élevé de voyages du premier Congolais et des dépenses que ces voyages occasionnent, il importe « évaluer l’importance de chaque voyage sur le bénéfice à en tirer « , tout se posant la question de savoir ce: » que gagne le Congo sur la base de tous ces voyages au cours du premier mandat et du second mandat« .
Il estime que » certains voyages du chef de l’Etat doivent être réalisés par le ministre des Affaires étrangères « . Et du fait que le chef de l’Etat voyage beaucoup, parfois sans le ministre des Affaires étrangères, il propose que ce ministère soit inséré » à la présidence de la République que d’avoir un ministre des Affaires étrangères qui observe les voyages du chef de l’Etat, parfois n’est pas associé « .
Aussi Fweley Diangitukwa » demande au chef de l’Etat d’accorder de l’importance à ce ministère » car il souhaite « que demain ce ministère compte beaucoup pour la résolution des conflits, parce que le suivi dans les résolutions des conflits, c’est ce ministre « .
Il a qualifié de diversion la dernière déclaration de l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki sur la guerre d’agression de la RDC par le Rwanda. Selon lui, le problème de l’Est est celui des Banyamulenge, alors que le vrai problème c’est l’exploitation des minerais congolaises. Il a préféré cacher l’aspect essentiel : le pillage des ressources naturelles dans l’Est du Congo dont l’Afrique du sud tire profit. Kléber KUNGU