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« C’est à Moïse Tshombe que l’on doit l’unification, les premières élections et le redressement économique du pays »
A l’accession du pays à la souveraineté nationale, les pères de l’indépendance rêvaient de bâtir un Congo nouveau, un Congo prospère. Alors, 63 ans après, « a-t-on respecté les vœux des pères de l’indépendance? » Cette question capitale taraude l’esprit de l’ambassadeur Isabel Tshombe et ouvre également le débat. Dans une interview accordée à la RTNC à l’occasion de la commémoration de la fête nationale, elle relève également le rôle déterminant joué par son père Moïse Tshombe, dans l’histoire de la Rdc. Pour les gens qui cantonnent Moïse Tshombe à la dimension de sécessioniste, Isabel Tshombe parle d’un «faux procès». On doit beaucoup à Moïse Tshombe notamment l’unification du pays, son essor économique les premières élections pluralistes, libres et transparentes ainsi que le nom du pays.
Le Premier ministre Moïse Tshombe, votre père, est un des pères de l’indépendance de la RDC. Quel rôle marquant a-t-il joué dans le processus de l’accession à l’indépendance?
Aujourd’hui nous célébrons le 63ème anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance. C’est un jour inscrit en lettre d’or dans notre histoire. Et c’est aussi l’occasion de nous souvenir de ces pères de l’indépendance qui étaient essentiellement des jeunes gens, qui avaient une haute idée de leur pays, qui avaient un formidable espoir de s’affranchir du joug colonial pour construire un pays. Et nous avons la chance, nous les enfants de Moïse Tshombe, d’avoir eu parmi ces pères de l’indépendance une icône. Il avait non seulement un rôle important dans cette table ronde qui avait été convoquée à Bruxelles en 1959. Il avait ce rôle important d’être le président du Front commun.
Qui composait ce Front commun?
Ce front commun a été composé d’hommes politiques, de représentants des différents partis politiques mais aussi de gens qui composaient la société civile, ça alllait même jusqu’à des artistes, des musiciens. Je dirai toute cette brochette de personnages qui représentaient la société congolaise qui se réunissaient à Bruxelles avaient choisi Moïse Tshombe pour être le président du Front commun. Donc c’est en tant que président du front commun qu’il a exigé l’arrivée de Patrice Lumumba aux assises de la table ronde. Ce sont ces hommes-là qui ont œuvré pour que notre pays puisse accéder à l’indépendance. C’était des jeunes gens pleins d’allant, qui avaient des convictions et qui allaient absolument s’affranchir et affranchir notre peuple du joug colonial pour construire comme nous dit notre hymne national : «un pays plus beau qu’avant». Cette journée est aussi l’occasion pour nous de réfléchir : «est-ce que nous avons pu effectivement construire ce pays selon les vœux des pères de notre indépendance?». La question reste posée.
Oeuvrer pour le bien commun
Il est vrai qu’ils avaient des différends, mais aujourd’hui personne ne peut nier à ces hommes-là, à ces jeunes gens la qualité d’hommes d’Etat, la qualité de ceux qui savent oeuvrer pour le bien commun, oeuvrer pour la prospérité d’un pays. Et Moïse Tshombe en tant que père de l’indépendance a donné sa plus belle part. Beaucoup voudraient le cantonner au Sécessioniste, le président du Katanga. Je pense que c’est manquer non seulement d’analyse mais d’objectivité parce que ceux qui connaissent l’histoire savent très bien que cette sécession katangaise n’a pas été faite pour œuvrer dans le sens d’une balkanisation de ce pays, mais simplement parce que le Katanga voulait que le pays puisse aller vers un fédéralisme. Parce qu’à l’époque, les dirigeants du Katanga pensaient que la meilleure voie pour l’administration de ce pays était le fédéralisme. Donc on lui a fait de mauvais procès après la reddition de l’Etat du Katanga, c’est quand même à cet homme là qu’on a fait appel pour venir justement reconstruire un pays qui était à feu et à sang, un pays qui s’était déconstruit, un pays où l’unité avait disparu. Et c’est lui qui est venu faire l’unification du pays. C’est lui qui est venu, en tant que Premier ministre, réunifier le pays et lui donner un essor économique. Et c’est lui aussi qui a œuvré pour que dans ce pays qu’il y ait les premières élections pluralistes, libres et transparentes. Donc, les premières élections générales qu’il ya eu, c’est à Moïse Tshombe qu’on les doit. Ce drapeau devant lequel aujourd’hui nous nous inclinons, c’est encore à Moïse Tshombe qu’on le doit. Le nom de la République Démocratique du Congo, c’est encore à Moïse Tshombe qu’on le doit puisque tout cela était inscrit dans la constitution de 1964 à Luluabourg. Donc jusqu’à aujourd’hui, nous sommes tributaires de sa contribution à l’indépendance du pays. Mais sa contribution aussi à redonner aux Congolaises et aux Congolais surtout la fierté d’appartenir à un grand pays et surtout le courage politique qu’il a eu. Donc, je crois que c’est important de s’en souvenir et de rendre à César comme on dit ‘’ A César ce qui est à César ‘’.
A la veille de ses 55 ans, quel voeu formulez-vous?
Mais je crois qu’il est aujourd’hui important, à la veille du 55ème anniversaire de sa mort, puisqu’il il est mort il y a 54 ans, le 29 juin 1969 en Algérie. Et que l’an prochain, ça fera 55 ans. Il est important que nous puissions songer enfin à lui permettre de venir reposer sur la terre de ses ancêtres et de lui rendre effectivement l’hommage qu’il mérite et le replacer dans l’exactitude de l’histoire. Pas dans l’histoire qu’ont écrit les vainqueurs de cette époque-là. Mais la vraie histoire, l’histoire qui nous interpelle puisque jusqu’à aujourd’hui, il est une de nos icônes historiques.
De mon père, il est vrai que ce jour du 30 juin, depuis hier, bien sûr que c’est son image qui est là bien vivant en nous. Mais je le remercie infiniment pour le travail qu’il a fait et surtout de nous avoir légué ce sens de la patrie, ce sens commun et surtout la rectitude et l’honnêteté. Grâce à ce qu’il nous a appris, aujourd’hui, nous pourrons rester la tête haute et continuer à travailler pour le pays sans rentrer dans les travers qui sont devenus courants à savoir : la corruption, la gabegie et surtout cet individualisme violent qui fait que les autres n’ont pas de prix. Or, nous ne pouvons pas construire ce pays sans tenir compte justement des autres, de ceux dont la voix n’est pas toujours entendue et de ceux qui, jour après jour, font des sacrifices de leur vie pour ce pays, ceux qui sont de laissés pour compte parce qu’ils ne sont pas du bon côté de la barrière. Donc notre père nous a légué justement cet intérêt pour ce peuple-là. je suis fière effectivement de ce qu’il a fait parce qu’il a toujours pensé aux plus petits et pas à son intérêt personnel. Propos retranscrits par Mbangu Mamiyound