Dernière minute
Société
La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
La Belgique, par son vice-Premier ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a condamné, hier mercredi 21 octobre sans détour, le choix de l’ancien président de la République Joseph Kabila…
Étranger
La RDC veut conquérir davantage de parts du marché chinois grâce à une meilleure organisation de ses filières agricoles. L’Anapex a mis en place une Task Force dédiée prioritairement au piment,…
Nation
Au total sept (7) véhicules, dont deux camions de marque Kamaz, trois jeeps Land Cruiser et deux ambulances, ont été remis le lundi 19 octobre aux Forces armées de la République démocratique du…
Cessez-le-feu c’est bien, bâtir une armée forte c’est mieux
Ce mardi 7 mars, cessez-le-feu dans l’Est de la RDC. Sinon, bonjour les sanctions ! Foi d’Emmanuel Macron. Encore un ultimatum. Un de plus. Prions, croisons les doigts ou touchons du bois pour qu’il ne soit de trop. Contraints à l’incrédulité façon Saint Thomas, ou convertis par la force des choses au doute méthodique et systématique prêché par René Descartes, les Congolais ne parieraient pas un kopeck face à l’annonce du Président français.
Dans cette interminable « guerre de l’Est« , l’une des victimes collatérales est la locution latine « pacta sunt servanda« . En d’autres termes, au lieu d’être respectés les accords sont régulièrement victimes de balles perdues. Quand ils ne meurent pas sur le champ, ils succombent à leurs blessures quelques instants après.
Même la feuille de route de Luanda, bien malin qui pourrait attester encore de sa viabilité et donc de sa fiabilité. Tout porte à croire qu’elle n’a pas échappé aux snippers embusqués dans les montagnes du Kivu. Si elle est encore en vie, c’est que celle-ci ne tient plus qu’à un fil. Va-t-elle être réanimée par son parrain principal l’Angolais Lourenco ? Là aussi, tels des chats échaudés, les Congolais sont abonnés avec raison au « dubitamus ergo summus« -nous doutons donc nous sommes ». Idem pour les sanctions dont la mise en œuvre est rarement automatique.
Sans compter que ces restrictions n’atteignent pas toujours la cible visée et retombent sur les populations innocentes. Double peine pour les pauvres qui verraient s’alourdir le tribut qu’ils payent bien malgré eux à la guerre.
Mais des « oracles » prononcés depuis le Palais de la nation par le numéro 1 français, les Congolais feraient peut-être œuvre utile en retenant celui sur l’Armée. « Bâtissez une armée solide. Soyez intraitable avec tous les voisins quand ils viennent vous piller et nous seront à vos côtés », a exhorté en substance Emmanuel Macron. Là réside sans doute la solution à la sempiternelle équation dans l’Est de la RDC.
Il est illusoire d’obtenir la paix à coup et à coût des négociations sentant les marchés de dupes à mille lieues. On ne saurait mettre un terme aux convoitises de certains de nos voisins et de leurs sponsors tapis dans l’ombre par la simple application de la vulgate pacifiste.
Seule une sanctuarisation du territoire avec une armée proprement proportionnelle à la taille de ce pays sous-continent mettra les Congolais à l’abri des velléités bellicistes, d’où qu’elles viennent. En somme, le Président Macron aurait voulu nous rappeler la locution latine Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare la guerre) qu’il ne s’y serait pas pris autrement.
Le cessez-le-feu, le retrait du M23, les négociations … ne sont que des palliatifs à court terme. José NAWEJ