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Campagne électorale : quand les ‘‘kuluna’’ s’érigent en trouble-fêtes
*Hier à Salongo (Lemba), une caravane d’un candidat député a essuyé une pluie de pierres et ses militants dépouillés par des badauds armés de machettes.
Au crépuscule de la première semaine de la campagne électorale, la violence s’invite. Hier dimanche 26 novembre, des partisans d’un candidat député du Mont-Amba ont été la cible d’une attaque des ‘‘kuluna’’, ces badauds qui opèrent à l’arme blanche. La scène se passe au quartier Salongo, dans la commune de Lemba.
Ce dimanche 26 novembre, de nombreux candidats au scrutin du 20 décembre ont largué leurs militants dans la rue pour battre leur campagne. Arborant casquettes, tee-shirts… et calicots à l’effigie de leurs candidats, des milliers de jeunes ont dévalé les artères de Kinshasa à destination du lieu du ralliement final où devraient se passer un meeting.
Juchés sur les véhicules de campagne ou agrippés sur les portières, ces partisans ont fait la ronde de leurs circonscriptions, klaxonnant sur leurs passages et fredonnant des chansons en l’honneur de leur candidat de prédilection. Ceux qui ne pouvaient emprunter les véhicules mobilisés pour la caravane, ont recouru aux motos. Faute de mieux, d’autres sympathisants et curieux ont dû simplement trotter. Même ambiance sur le chemin de retour.
Une attaque surprise
Dans la soirée, au terme de leur campagne, les partisans de Joseph Mwina, candidat n°173 à la députation, étaient dans une telle liesse qu’ils ne s’attendaient pas du tout à une attaque surprise d’un quelconque assaillant. Sur leur chemin de retour, aux environs de 18h45’, ils ont vu surgir des ‘‘kuluna’’, armés de machettes. L’air menaçant, ces badauds, qui prenaient en tenaille le boulevard Salongo jusqu’au niveau du virage qui fait jonction avec l’avenue Biangala, n’hésitaient pas à aiguiser leurs machettes sur l’artère bitumée pour susciter la peur.
Et comme on pouvait s’y attendre, la panique s’est généralisée au point où les jeunes militants qui trottaient aux abords du camp Bumba, ont pris leurs jambes au cou, entrainant dans leur débandade passants et curieux. Certains manifestants se sont vite débarrassés de leurs tee-shirts de campagne avant de se sauver dans le camp. Quitte à poursuivre leur trajet par d’autres voies qui mènent à Mbanza-Lemba, Livulu, Tchad, Kisenso… fiefs de leur candidat.
Vol des sacs, téléphones…
C’est dans ce contexte que nous avons rencontré trois adolescentes en larmes tout le long du camp Bumba. Elles venaient de se faire chiper leurs sacs et téléphones par des inconnus qui les ont juste ciblées, parce qu’elles portaient des tee-shirts de campagne. Rien à avoir avec leurs positions politiques. «Ces kuluna ont surgi brusquement du néant et se sont mis à arracher les biens des manifestants qui trottaient le long du camp», s’est plainte l’une de nos interlocutrices, visiblement sous le choc.
«A vrai dire, cette attaque n’est pas anodine, nous explique un jeune velu, la vingtaine environ, habitant le camp Bumba. Ces militants, qui sont, pour la plupart, des jeunes filles et garçons habitant des quartiers limitrophes, sont pris pour cibles, parce qu’ils proviennent des zones où des bandes de gangs viennent régulièrement troubler la quiétude de nos populations à Lemba Salongo. Comme les Kuluna de leurs contrées sont généralement chauds, bouillants, violents, nous les surnommons des Arabes. Ceux qui ripostent du côté de Lemba, nous les surnommons les Américains, car ils sont généralement modérés, et ne réagissent que quand ils se sentent attaqués. Je suis d’avis que, parmi les manifestants, il y avait aussi des kuluna».
Carambolage, jet de pierres…
A peine venait-il de conclure ses propos qu’une nouvelle alerte a provoqué la débandade autour de nous. On a vu surgir, comme un essaim d’abeilles, une cinquantaine de jeunes en tee-shirts de campagne, courant et chantant sur leur trajectoire. Repliés dans des coins obscurs, des badauds brandissant des machettes ont à nouveau surgi et dispersé ce groupe. La panique était telle que quatre, voire cinq motos, transportant des passagers et voulant rebroussé chemin, se sont écroulés, entrainant un carambolage au niveau du virage de Salongo Bim Sum.
Face à la menace, d’autres véhicules privés et ceux qui assurent le transport en commun ont dû également rebrousser chemin, provoquant des embouteillages. Et soudain, quand apparurent des camionnettes de campagne, surmontés des passagers en liesse, une pluie de projectiles a soudain vidé la circulation. Des tas de pierres étaient catapultés dans le noir, provoquant des victimes que nous n’avons pu identifier.
Loin d’être isolés, ces genres de scènes de violences interpellent. Si l’on n’y prend garde, ils risquent de se généraliser à travers la capitale et faire de la ville un foyer de violences, qui pourrait s’envenimer encore davantage avec les joutes électorales. Il est temps d’apaiser les tensions, de neutraliser les meneurs et de les réinsérer dans une société qui prône ‘‘la violence zéro’’. Yves KALIKAT