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BOUE, TAS D’IMMONDICES, FLAQUES D’EAU DANS DES MARCHES DE KINSHASA : Les Kinois aiment commercer dans une insalubrité indicible!
Lorsqu’on fait un tour dans des marchés de Kinshasa en saison des pluies, l’on a l’impression que les Kinois ne s’offusquent pas d’exercer leurs activités commerciales dans une insalubrité totale. Marchands et acheteurs pataugent dans cette crotte comme s’ils étaient dans un supermarché ! Vivres et non vivres sont vendus indistinctement dans ces lieux de négoce.
C’est le cas du Marché central, des marchés Gambela, Pascal, Matete, Zigida, Liberté, Rond-point Ngaba, etc. A ces marchés, il faut adjoindre des centaines de marchés pirates qui pullulent à Kinshasa. Cette situation d’insalubrité va de mal en pire. Et le retour de la dame pluie vient rajouter sa touche à cette situation déjà exécrable et insupportable. Dans ces endroits, il n’y a pas que de la boue. Des décharges publiques côtoient allégrement et régulièrement flaques d’eau, sachets d’emballage de toutes sortes abandonnés par-ci par-là, bouteilles en plastique. Ce mélange hétéroclite de crasse dégage une puanteur à vous arracher tous les poils de nez, à vous faire vomir.
Et lorsqu’on sait que certaines bestioles comme les mouches, les cafards font de tels milieux insalubres leurs paradis de prédilection, on peut imaginer facilement qu’il n’y a pas que des marchandises qui y sont vendues : des maladies également.
Face à cette cochonnerie, certains vendeurs et acheteurs, qui en ont les moyens, se meuvent dans ce paradis insalubre en portant des bottes pour vaquer à leurs activités.
Alors que d’autres recourent au port de sachets dont ils enveloppent leurs pieds afin de leur faciliter de parcourir à pied l’espace de ces marchés. D’autres encore à l’instar de porteurs affrontent la boue puante sans beaucoup de peine, étant habitués dans cette merde.
Et c’est depuis des décennies que tous ceux qui tirent le gros de leurs revenus dans ces milieux vivent dans cette situation : vendeurs de produits de toutes sortes, »coopérants », et autres débrouillards, intermédiaires. C’est depuis des lustres que cette saleté est devenue l’environnement quotidien de ces personnes sans qu’une solution y soit trouvée. C’est depuis la nuit des temps que cette situation anormale est devenue normale. C’est depuis toujours que des taxes d’assainissement sont perçues chaque jour auprès des vendeurs sans que cet argent ne serve à assainir ces marchés.
D’où le questionnement des Kinois. Du moins, ceux dont la conscience est heurtée par cet état des choses. A qui revient la responsabilité d’assainir ces marchés? Que font les dirigeants qui président aux destinées des communes? Il est fort étonnant que dans cette capitale dirigeants et dirigés se résignent à vivre avec cette crasse comme s’il s’agit d’une situation normale.
Les Kinois les plus débrouillards et inventifs profitent de la tombée de la pluie pour se transformer en porteurs de personnes. La tâche qui consiste à porter au dos des personnes pour les faire traverser les flaques d’eau vaut 1.000 FC/personne. Et sur l’avenue Kasa-Vubu, deux avenues après celle d’Itaga, quelques hommes et femmes, munis de seaux d’eau et autres récipients, savons et étoffes, s’affairent à laver les pieds et les chaussures boueux de certaines personnes qui sortent du Marché central. Le service coûte 500 FC. AMANDA, Stagiaire