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Au terme d’un atelier de deux jours à Kinshasa : La société civile congolaise définit le profil idéal de futurs gouverneurs de province
À l’approche des élections des gouverneurs et vice-gouverneurs de province, prévues en avril prochain, la société civile congolaise s’est réunie en atelier à Kinshasa pour débattre des enjeux liés à la gouvernance provinciale. Organisé par les organisations Iconia Institute et Initiatives pour la veille citoyenne, cet atelier, qui s’est tenu du 29 février au 1er mars, a rassemblé plusieurs organisations citoyennes. Il visait à échanger sur le profil idéal de futurs dirigeants provinciaux.
« Nous sommes actuellement dans une période où les gouverneurs et les vice-gouverneurs seront choisis au sein des assemblées provinciales« , a fait savoir, de prime abord, M.Carbone Beni, l’un des organisateurs de cet atelier.
La société civile congolaise, dit-il, a sonné l’alarme sur la gouvernance locale, jugée défaillante depuis plus de vingt ans dans le pays. Elle entend désormais participer activement à la définition du profil de futurs gouverneurs, avec l’élaboration d’un « cahier des charges » listant ses priorités.
Présenté aux décideurs politiques et élus provinciaux, ce cahier de charges détermine les modalités nécessaires pour la mise en place des dirigeants locaux « modèles« , capables d’impulser le développement articulé autour des besoins des populations.
Tracer le profil des gouverneurs
« La problématique de la gouvernance locale pose un problème depuis plus de 20 ans maintenant. Dans ce contexte, nous avons convenu que la société civile devrait participer activement à la définition du profil du prochain gouverneur. Notamment à Kinshasa et dans les autres provinces. Nous devons également élaborer un cahier des charges qui comprendra à la fois les recommandations et les idées de la société civile afin de favoriser un développement qui parte de la base vers le sommet« , note Carbone Beni.
« Nous présenterons nos recommandations aux décideurs politiques, notamment au chef de l’État, aux présidents des regroupements politiques, aux élus qui sont également des électeurs au niveau des assemblées provinciales, ainsi qu’aux candidats qui se sont déjà prononcés« , poursuit-t-il.
« Il n’est pas souhaitable pour nous que les Congolais aient constamment des gouverneurs incompétents, des vice-gouverneurs qui se disputent sans cesse et des dirigeants au sein des bureaux des assemblées provinciales qui ne jouent pas le jeu et ne font pas avancer le pays« , a martelé Carbone Beni, le directeur d’Iconia Institute.
À cet effet, ce défenseur des droits de l’homme appelle à changer de paradigme et de privilégier à la tête des provinces un management rigoureux, « centré sur la performance et l’intérêt général, plutôt que sur les seules querelles politiciennes« .
Infrastructures vétustes, transport en déliquescence, insécurité galopante… ces maux résultent, selon ces acteurs citoyens, d’une mauvaise gouvernance, largement tributaire des jeux politiciens au détriment de l’intérêt général. Lors de leur atelier, ils ont défini le profil idéal des futurs gouverneurs, fondé sur la compétence technique et l’expérience avérée.
« Il est devenu évident qu’à Kinshasa, malgré toutes les ressources et richesses dont nous disposons, il y a une très mauvaise gouvernance à tous les niveaux. Que ce soit au niveau des infrastructures, des transports, de l’insalubrité ou de l’absence d’une politique publique claire. Cela empêche le pays de se développer. Les candidats et les partis politiques se choisissent en fonction d’affinités politiques, plutôt que sur la base d’un profil qui permettrait de faire avancer les choses. Pour nous, il est essentiel que les gouverneurs soient des personnes modèles, compétentes et capables de fournir un travail qui fera progresser la ville de Kinshasa et les autres provinces du pays« , a souligné Carbone Beni.
LES RECOMMANDATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
À l’issue de l’atelier, la société civile a établi une liste de recommandations concernant les futurs gouverneurs. Il faut donc, selon ses animateurs, privilégier leur expérience en gestion de projets, dans les secteurs public et privé, ainsi que leur connaissance fine des réalités locales.
Ces propositions seront transmises aux élus provinciaux qui vont voter les gouverneurs, afin que soit mis en place « un management rigoureux aux commandes des provinces« . Un gage, selon eux, de meilleure gouvernance, à même de répondre aux attentes des populations.
Parmi les principales recommandations, les organisations citoyennes ont insisté sur l’expérience en gestion de projets et la compétence comme critères prioritaires pour la sélection des candidats, plutôt que leur appartenance politique ou régionale. « Les gouverneurs doivent être des managers avérés, capable de gérer de grands projets dans les secteurs public et privé« , a expliqué Carbone Beni.
redevabilite et proximite avec la population
Les participants à l’atelier ont également souligné l’importance, pour les futurs dirigeants provinciaux, de bien connaître les défis locaux. « Il faut justifier d’une expérience de vie dans la province à diriger« , a indiqué M. Beni. La société civile souhaite aussi que les gouverneurs fassent preuve de redevabilité et de proximité avec la population.
L’insécurité grandissante avec le phénomène des « Kuluna« , la dégradation des infrastructures, la gestion désastreuse des déchets à Kinshasa… ont notamment été relevées lors des débats.
Les organisations citoyennes entendent faire remonter leurs recommandations auprès des autorités politiques et des candidats à la gouvernance provinciale, pour une meilleure prise en compte des attentes de la population.
Reste à voir si ces propositions de la société civile seront concrètement appliquées dans le processus de désignation de futurs dirigeants provinciaux en RDC. Christian- Timothée MAMPUYA