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Affaire Bujakera : renvoi à ce mardi de la demande de remise en liberté provisoire de la défense
Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a reporté, au mardi 27 février 2024 sa décision concernant la demande de remise en liberté provisoire introduite par les avocats du journaliste Stanis Bujakera. Cette décision a été consécutive à la dernière audience qui s’est tenue dans l’enceinte du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa.
Initialement prévue hier lundi 26 février, la décision n’a donc pas pu être rendue. Selon maître Jean-Marie Kabengela Ilunga, un des avocats du journaliste, le président du Tribunal leur a signifié ne pas avoir terminé de rédiger le jugement. Cependant, il ignore si cette décision va dans le sens d’un refus ou d’une réponse positive à leur requête.
« Le tribunal a décidé de reporter sa décision à demain mardi, pour des raisons d’ordre rédactionnel. Jusque-là, nous ignorons s’il s’agit d’un refus ou d’une réponse positive à notre requête. Toutefois, nous restons sereins et espérons que cette fois sera la bonne« , a-t-il annoncé.
C’est la huitième demande de libération depuis le début de cette affaire, pour laquelle le journaliste Stanis Bujakera est détenu depuis 6 mois. Les sept précédentes ont toutes été rejetées par la justice. Le ministère public s’est toujours opposé fermement à cette libération, craignant un risque de fuite élevé pour le journaliste, également résident aux États-Unis d’Amérique.
PROCHAINE AUDIENCE LE 08 MARS
L’affaire du journaliste Stanis Bujakera, arrêté il y a 6 mois à Kinshasa pour des accusations de faux et usage de faux, ne semble toujours pas près d’être éclaircie. Le vendredi 23 février encore une fois de plus, l’audience devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe a été renvoyée pour le 08 mars prochain, faute pour la justice de pouvoir désigner un expert pour mener une contre-expertise sur des documents au cœur du dossier.
C’est la défense de Stanis Bujakera qui tire la sonnette d’alarme. Pour son avocat Maître Jean-Marie Kabengela, ces renvois à répétition traduisent les difficultés du tribunal à trouver un expert pour analyser les documents incriminés. Pire, ils nourrissent les doutes sur la solidité même des accusations portées contre le journaliste de Jeune Afrique et Actualité Cd.
« Le tribunal, lorsque le dossier a été ouvert, a constaté qu’il se trouvait en difficulté de désigner un expert pour faire le rapport de contre-expertise. Ce qui a motivé le tribunal à renvoyer l’audience à deux semaines.
Et nous avons profité pour que la chambre du conseil soit ouverte aux fins de demander la liberté provisoire. Nous pensons que tout compte démontrer que le dossier est vide et que le tribunal cherchait à savoir ce qu’il y a dedans« , a indiqué Me Jean-Marie Kabengela.
« Maintenant que le tribunal lui-même se rend compte qu’il ne peut pas accéder facilement à une contre-expertise avérée, je pense qu’avec toutes les garanties qu’offre notre client, notamment l’adresse connue, il se propose de ne pas entraver le cours normal de procédure, il se dispose également à payer le cautionnement à la hauteur que fixera le tribunal, je pense que cette fois-ci c’est la bonne, le tribunal pourra accéder à notre demande de liberté provisoire en faveur de notre client Stanis Bujakera« , avait-il poursuivi.
DYSFONCTIONNEMENT DE JUSTICE CONGOLAISE
Cette affaire prend également une tournure politique. Le jeudi 22 février, lors d’un briefing spécial avec la presse en présence du porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, le président de la République, Félix Tshisekedi avait exprimé sa préoccupation quant à l’incarcération prolongée du journaliste du Magazine Jeune Afrique, et il avait pointé du doigt les dysfonctionnements de la justice congolaise, qu’il a qualifiée de « malade » en ce qui concerne le traitement des dossiers.
« Notre justice me donne beaucoup de soucis. Elle est malade même dans le traitement des dossiers. Je crois qu’il est victime un peu de ça« , a-t-il déploré.
Ainsi, Il a exprimé sa préoccupation, estimant que Stanis serait injustement détenu en raison des tergiversations des juges. « J’ai décidé de me mêler, au moins une fois, de cette affaire judiciaire dès demain. Après avoir pris connaissance de tous les faits, je prendrai la décision qui s’impose« , a-t-il déclaré.
FATSHI DÉCIDE DE FOURRER SON NEZ
Félix Tshisekedi a annoncé son intention de s’impliquer personnellement dans cette affaire afin d’y voir plus clair. Le Président a déclaré : « J’ai décidé de fourrer mon nez au moins pour une fois dans cette justice pour en savoir plus dès demain. Et je prendrai la décision qu’il faudra prendre« .
En réaction à ces déclarations du chef de l’Etat, l’avocat du journaliste Stanis Bujakera, Maître Jean-Marie Kabengela a laissé entendre que » quand le premier citoyen de la république fustige le dysfonctionnement de la justice qui fait de notre client victime ; il n’y a pas plusieurs magistrats, il n’y a pas plusieurs voix que celle du président de la république à laquelle, le tribunal doit être attentif« . Il avait ainsi conclu à l’issue de l’audience du vendredi de la semaine dernière.
LA DÉFENSE OPTIMISTE
La défense de Stanis Bujakera se dit confiante pour l’obtention d’une liberté provisoire pour le journaliste, après les déclarations du président Félix Tshisekedi.
« Comme le numéro 1 des consommateurs de toutes les informations de la République, le Président est informé que le dossier est vide et que la justice n’a pas été rendue à notre client, raison pour laquelle, il a tapé du poing sur la table pour que la liberté provisoire soit accordée à notre client« , a déclaré Me Jean-Marie Kabengela à l’issue de l’audience.
Tout est parti de la publication sur le site de Jeune Afrique, le 31 août 2023, d’un article retraçant les derniers instants de la vie du député national de l’opposition, Cherubin Okende retrouvé mort dans sa voiture le 13 juillet dernier, aux encablures de la commune de la Gombe, le corps criblé des balles. Cet article se base sur un document du département de sécurité intérieure de l’Agence nationale des renseignements (ANR).
Bujakera qui n’est pas l’auteur de cet article, avait été arrêté le vendredi 8 septembre 2023 à l’aéroport de N’djili alors qu’il mettait le cap sur la ville de Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga dans le cadre de son travail, Il est accusé par la justice de de faux en écriture, falsification des sceaux de l’État et propagation de faux bruits. Christian-Timothée MAMPUYA