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Victime de plusieurs cas de détournements, RDC: Le développement n’est pas pour demain
À l’approche de l’échéance de l’Agenda 2030 de l’ONU où seront évalués les Objectifs de développement durable (ODD), les indicateurs pour la RDC. Par conséquent, affichent toutes les couleurs, sauf le vert. Le pays est loin d’atteindre un des objectifs-clé à savoir, pauvreté zéro. Ce tableau sombre est dû à la mauvaise gouvernance caractérisée par de nombreux détournements dont souffre le pays. Des détournements toujours en termes de millions de dollars américains. Aucune institution, aucun service public n’est épargné par ce virus qui gangrène toute la société congolaise.
À analyser de plus près cette situation, l’on se rend vite compte que l’impunité favorise bien ce phénomène. Pour preuve, dans tous les prisons congolaises on ne trouve presque pas ces détourneurs des deniers publics alors qu’ils sont très nombreux.
Si aujourd’hui beaucoup de cadres et agents se livrent à ces pratiques répréhensibles c’est tout simplement parce que leurs hiérarchies leur servent de référence. Le poisson commence à pourrir par la tête, dit un adage. Il est tout à fait normal que les subalternes se comportent comme leurs chefs étant sûrs que ces derniers ne vont pas les sanctionner parce qu’eux-mêmes n’ont pas subi la rigueur de la loi. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui malheureusement. Le phénomène reste bien enraciné dans la société et son déracinement n’est pas pour demain.
Il est curieux et suspect de constater la santé qu’affichent certaines activités, notamment dans le secteur des bâtiments. Comment justifier la manière dont des immeubles sortent des terres à Kinshasa et dans certains chefs-lieux de provinces alors que l’économie nationale ne se porte pas à merveille. Aussi se pose-t-on des questions sur l’origine de ces investissements d’autant plus que les économistes affirment que quand les bâtiments marchent, c’est que les affaires tournent bien. Or ici la réalité est différente.
Que faut-il faire pour mettre fin à ce mal qui gangrène dangereusement notre société et freine le développement de la RDC ? Au départ, il faut que les uns et les autres comprennent que l’éducation populaire est un critère fondamental qui impacte la conduite d’ un peuple. Dans cette éducation, la culture du respect des biens publics doit constituer la matrice incontournable. Tant qu’un peuple n’est pas moulu dans cette culture, détourner les fonds publics ne peut pas heurter la conscience des auteurs. Il faut qu’en RDC nous arrivions à un point où si quelqu’un est reconnu coupable de détournement des deniers publics, il soit interdit définitivement d’accès aux services de l’Etat. Une telle sanction sévère, croyons-nous, pourra dissuader quiconque serait tenté de poser tout acte contraire aux intérêts de la nation.
Par ailleurs, il est regrettable d’apprendre que les structures créées dans le but de combattre la corruption sous toutes ses formes, s’enlisent elles-mêmes dans la vile pratique qu’elles sont censées réprimer. Si ces informations sont fondées, il y a de quoi pleurer pour la RDC parce que si tel est le cas , nous ne savons plus à quel saint nous vouer pour tirer le pays de sa déliquescence.
Contrairement à ce que la plupart des Congolais déclarent, nous ne pouvons pas les suivre en disant que Dieu agisse. Car en nous créant, il nous a doté de toutes les facultés susceptibles de nous aider à nous émanciper dans tous les domaines.
Muke MUKE